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Ki Tavo: transmettre et construire

Dracha prononcée par Ella Chouraki à l'occasion de sa Bat Mitsva le 17 septembre 2022

La paracha Ki Tavo 5782 par Ella Chouraki à l’occasion de sa Bat Mistva

Boker Tov,

Ki-Tavo débute par la Mitsva de Bikourim: Moché transmet au peuple l’ordre d’apporter les premières récoltes au Temple, en signe de gratitude envers Dieu. Il y a beaucoup à dire la sur cette Paracha, mais j’ai choisi de me concentrer sur la transmission, sujet  que nous avons étudié cette année au Talmud Torah et qui me tient à cœur.

La transmission joue un rôle  fondamental dans le judaïsme. Elle commence dans la famille, 1ère base de toute éducation, comme l’indique le verset du Chéma, que l’on cite plusieurs fois par jour  Véchinanbtam lévanéha -Et tu l’enseigneras à tes enfants.

Le mot Banim – enfants,  peut se lire aussi Bonim,  constructeurs, ce qui signifie que la  transmission passe par l’éducation des enfants. En leur apprenant nos valeurs, on les construit.

Que signifie transmettre,  que doit-on transmettre, à qui et comment ?

Transmettre, c’est d’abord donner de l’amour et de l’espace à l’autre. C’est l’aider à développer son intelligence et son esprit critique par lui-même. C’est lui dire ce qu’on  pense,  ce qu’on croit tout en lui permettant de tout remettre en question.  Tout cela lui permet de construire son propre avis, réfléchir, discerner et juger par lui-même si les valeurs qu’on lui transmet lui conviennent, si elles sont justes ou non, pour lui. 

L’humain est un être de transmission. Que l’on soit  religieux ou pas, on transmet tous, et à chaque instant, nos savoirs, nos pensées, nos croyances etc.  La transmission est une action à double sens; on transmet à l’autre mais l’autre aussi nous transmet. Et par notre attitude, on transmet aussi ce que l’on est.

On doit être pleinement en accord avec  les valeurs que l’on veut transmettre. Sinon, elles n’ont pas de crédibilité. Exemple : on ne peut pas sensibiliser les enfants au recyclage sans trier les déchets à la maison.  Et il ne sert à rien de les punir car ils ne font que ce qu’ils voient.  Celui qui transmet doit servir de modèle

Au collège, pour certains examens, on nous interdit formellement de faire du bruit ; sinon, on nous enlève des points. C’est normal, me direz-vous ! Mais quand plusieurs profs se réunissent dans la classe et bavardent entre eux, nous empêchant de nous concentrer sur notre examen, ça voyez-vous, ce n’est pas normal. Quel exemple nous donnent-ils, que nous transmettent-ils ?

Dans le  judaïsme, on a les Mitsvot qui sont très importantes pour la transmission, car elles englobent tous les domaines de la vie. Ce qui nous permet de réfléchir aux choix existentiels et moraux qu’on prendra ou pas.

Comment transmettre? Il n’y a pas de recette magique. Chaque génération donne ce qu’elle a reçu à la suivante en ajoutant  sa propre expérience et vision du monde. Chaque lignée génère  son Hiddouch- nouvel éclairage en apportant des nouvelles lumières.  

Pour Haïm Korzia, Transmettre c’est livrer les clés de rites  de paroles dont les références symboliques sont ancrées dans la Torah.

En effet, l’étude des textes, les offices,  toutes les célébrations des fêtes religieuses et autres comme notre Bar/bat Mistva, le prouvent.

La Paracha explique qu’avant d’apporter les Bikourim au Temple, on devait citer toute l’histoire du peuple juif. N’est-ce pas là, un bel exemple de transmission ?!

Mon arrière-grand-père de 4 générations, a dissimulé son nom pour cacher son identité juive. Cette  histoire qui circule dans ma famille, m’a d’abord dérangé.  Je ne comprenais pas comment on peut renoncer à ce que l’on est.  Mais les lignées d’après ont récupéré leur nom d’origine. 

J’ai compris alors que mon aïeul n’a jamais renoncé à sa judéïté, au contraire, il continuait à la vivre pleinement, et a réussi à la  transmettre aux générations après lui. Et je suis fière d’en faire partie !

Aujourd’hui, je joins la chaîne des générations de mon peuple, qui commença bien avant moi et qui poursuivra encore après. Je ferai tout mon possible pour transmettre à mon tour, toutes les valeurs qu’on m’a enseigné, et d’autres que je choisirai d’appliquer. J’essayerai d’être responsable, d’assumer mes actes et servir de modèle. Et je n’oublierai surtout pas cet enseignement :

Ne pas transmettre une expérience, c’est la trahir !

Merci à tous d’être là pour ma Bat Mitsva; à ceux qui ont traversé Paris et la Seine, ce qui est un périple, et les autres qui viennent de 4 coins de le France et de New-York.

A ceux qui me supportent au quotidien : Mon papi Pierrot, surtout pour toutes les vacances qu’il organise.

Ma grand-mère Ouin qui me couve de son amour… et de pâtes….

Mon grand-père Lucien pour son amour et ses efforts pour m’apprendre à jouer au bridge, bien que j’oublie les règles au bout de 2 minutes.

Mamie Edith qui m’aide à faire mes devoirs, m’instruit et fait des repas dignes de « grande chef » 4 étoiles !!

Mes parents pour leur amour, éducation, et toutes les valeurs qu’ils m’enseignent au quotidien.

Ma sœur pour les fou-rires et les livres qu’elle me conseille de lire, malgré ma résistance, et que je finis toujours par trouver super. 

Goty qui m’a énormément aidé et supporté, toute cette année et tout l’été et qui ne m’a pas lâchée… pour préparer ma BM.

J’ai une énorme pensée pour Mamie Rachel et Mamie Régine, qui sont maintenant décédées, pour tous les bons moments et souvenirs que j’ai avec elles.

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