Synagogue Massorti Paris XVe

ticha beav jeune assis par terre

Comment ne pas jeûner

Toutes les réponses aux questions que vous vous posez le sur le jeûne de Ticha BeAv par le rabbin Josh Weiner

Pourquoi jeûner le jour de Ticha BeAv en premier lieu ?

Le jeûne est traditionnellement une des réponses juives à la tragédie. Il bouscule la routine, change les priorités, déplace le centre de nos pensées hors de nous-mêmes, aplanit les différentes couches de la société et donne du temps pour la prière et la réflexion. Ticha BeAv marque plusieurs tragédies dans l’histoire juive, notamment la fin d’un centre unique du monde juif.

Qui ne doit pas jeûner à Ticha BeAv ?

Toute personne qui sait qu’elle ne peut pas jeûner ne doit pas le faire. Cette connaissance vient de la personne elle-même, ou d’un professionnel de la santé, pas d’un rabbin. Parmi les raisons de ne pas jeûner, citons la fin de la grossesse ou la période post partum, ou d’autres raisons médicales, lorsque le jeûne mettrait la santé de la personne en danger. Il peut aussi s’agir de santé mentale, ou de troubles de l’alimentation.

Qui d’autre ne jeûne pas ?

Pour être tout à fait honnête, dans les sociétés juives laïques d’aujourd’hui, il faut admettre que la plupart des gens ne jeûnent pas. Mais beaucoup sont aujourd’hui intrigués par le jeûne, intéressés par l’utilisation des rites traditionnels pour se relier aux tragédies historiques et aux crises contemporaines, ou même aux expériences personnelles difficiles. 

Que devrait faire à la place une personne qui ne jeûne pas ?

Il existe d’autres manifestations traditionnelles du deuil : s’asseoir par terre, s’abstenir de se laver et d’être dans le confort, lire le livre d’Eikha (Lamentations). Ceux qui ont besoin de manger, mangent autant qu’ils en ont besoin, mais doivent néanmoins éviter les aliments de luxe ou les ajouts savoureux. Il est possible de manger des aliments traditionnellement liés au deuil, comme des œufs ou des lentilles. 

Demi-jeûne

Dans certains cas, il peut être judicieux de pratiquer un compromis. Ainsi, certains jeûnent jusqu’au “midi halakhique” (cherchez sur internet ; 13h55 cette année à Paris). D’autres boivent de l’eau mais ne mangent pas. Là encore, la décision doit être honnête : vous seul savez si vous avez besoin de manger. 

Et aussi : 

D’autres choses que vous pouvez faire ce jour-là : rencontrer des gens, que ce soit dans les communautés juives ou ailleurs, faire des promenades lentes et parler, faire un peu d’étude adaptée au thème de la journée. Une pratique efficace (également pour ceux qui jeûnent) consiste à faire un don à une organisation d’aide alimentaire. Une amie a dit, sagement : “Le jeûne devrait être un choix, pas une réalité socio-économique.”

Que devons-nous lire ou regarder le 9 Av ?

Ne scrollez pas sans but ! Faites des choix. Selon la tradition, la destruction du Temple de Jérusalem était une punition pour la “haine libre” (sinat hinam). Vous pouvez ainsi lire des livres ou regarder des films qui traitent de la brisure ou de la haine, ou l’inverse – qui traitent de réparer le monde et de combler les fossés.

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