Synagogue Massorti Paris XVe

Don

Adhésion

pyramides-pharaon-moïse-vaera-batmitsva-massorti

Vaera: let my people go!

Dracha prononcée par Rebecca à l'occasion de sa Bat Mitsva le 17 janvier 2026

Par Rebecca

« CHALAH AMI ! – Laisse partir mon peuple ! »
Dans la paracha Vaera, le peuple hébreu est esclave en Égypte. Pharaon rend leur vie de plus en plus dure, les traite de paresseux et leur enlève même les moyens de travailler.
Mais Dieu n’a pas oublié son peuple. Il rappelle l’alliance faite avec Abraham, Isaac et Jacob. Il entend les cris des esclaves. Et cette fois, il ne se contente pas d’exister : il révèle son nom, ce qui veut dire : celui qui était, qui est et qui sera. 

Dieu envoie alors Moïse dire au peuple : « Vous allez être libres. ». Mais le peuple est trop épuisé à lutter pour juste survivre ; il n’arrive plus à y croire.

Moïse aussi redoute Pharaon ; sa puissance, sa violence, son orgueil immense. Même si Dieu tente de le rassurer en disant : « Aaron et toi, n’ayez pas peur ! Vous êtes les porteurs de la parole divine ! ». « N’ayez pas peur » : cette phrase revient des centaines de fois dans la Bible. Et a été rappelée à différentes époques, pour dire que la peur doit être surmontée, si l’homme souhaite accéder à la liberté.

Cette sidra est aussi un rappel à l’ordre.  Dieu dit : regardez ce que je vais faire, par une main puissante et contre la volonté de Pharaon, je ferai sortir les Hébreux de l’esclavage ! ».

On assiste à un rapport de force, à un bras de fer, entre le pouvoir des puissants et du « Tout puissant ». Et il y a une gradation dans cette démonstration de force. Comme pour avertir et laisser sa chance à Pharaon de devenir plus juste.

A travers des événements magiques d’abord : le bâton d’Aaron se transforme en serpent. Ceux des magiciens de Pharaon aussi, mais celui d’Aaron finit par les engloutir. Cela ne suffit pas. LO DAYENOU.

Puis, dans le verset 16, Moïse retrouve Pharaon au bord du Nil et répète : « CHALAH AMI ! / Laisse partir mon peuple ! ».  Rien à faire… Alors, obéissant à Dieu, Aaron frappe les eaux du Nil avec son bâton : c’est la première plaie d’Egypte : toutes les eaux du pays se transforment immédiatement en sang (v17) ; l’eau et le sang, deux symboles de la vie dans le judaïsme, mais aussi d’impureté. Mais rien à faire, Pharaon est incapable d’entendre raison. La répétition des plaies qui s’enchaînent est un moyen pédagogique pour le faire changer d’avis… arrivent alors les grenouilles, puis la vermine, la mort du bétaill’épidémie d’ulcères, les tempêtes de grêle et de feu…

A travers ces épreuves terribles, Dieu veut montrer à Pharaon la vanité et les limites de son pouvoir : d’accord, il règne d’une main de fer sur les hommes, mais il ne contrôle ni les animaux, ni la nature, ni les virus et les épidémies, ni les éléments qui nous entourent…

Le prophète Ezechiel, qui vivait à Babylone, après la destruction du premier temple, aux côtés des exilés de Jérusalem, rappelle cette mise en garde. Dieu lui fait dire : « Je t’en veux, Pharaon, roi d’Egypte, crocodile monstrueux couché au milieu du Nil, qui dis: ‘Mon Nil est à moi, c’est moi qui l’ai fait!  ». Je mettrai un crochet à tes mâchoires (…) Je te donnerai comme nourriture aux bêtes de la terre et aux oiseaux du ciel. Tous les habitants de l’Egypte reconnaîtront alors que je suis l’Eternel.

Ce n’est certainement pas un hasard si Dieu a choisi Moïse pour libérer le peuple hébreu de l’esclavage. Car l’une des plus grandes qualités de Moïse était son humilité, comme le précise la Torah dans la paracha Behaalotekha : « Moïse était extrêmement humble, davantage que quiconque sur la face de la terre. » Et à nouveau, dans l’épisode du buisson ardent, il dit : « Qui suis-je pour aller trouver Pharaon, et pour faire sortir d’Égypte les fils d’Israël ? ». Ainsi, il n’y avait aucun risque que Moïse, ivre de son pouvoir, devienne un tyran de son propre peuple. D’ailleurs, malgré tout ce qu’il a fait, Dieu lui interdira plus tard l’entrée en terre d’Israël et, pour éviter le culte de la personnalité, nul ne sait exactement où il est enterré.

Cette histoire n’est pas seulement ancienne. À chaque époque, il y a des pharaons. Et à chaque époque, il faut des Moïses.

C’est toujours la même histoire qui se répète : au lieu de penser au bien commun, leur orgueil excessif va causer mort et désolation. Comme si l’homme ne retenait pas les leçons du passé et qu’à chaque nouvelle génération tout était à recommencer…

C’est Aman dans le livre d’Esther ; plus près de nous, au 20ème siècle, c’est Hitler, Staline ou Mao…

Aujourd’hui, je pense à Poutine en Russie, Khamenei en Iran, et il y en a tant d’autres ! Je vous laisse choisir le vôtre…


En résumé, le message de Vaera n’est-il pas que la vraie force n’est pas de dominer, mais de libérer ? Car comme a dit Churchill ou même le tonton de Spiderman : « un grand pouvoir implique de grandes responsabilités ».

Et pour nous donner à tous du courage face aux nouvelles formes d’oppression, de tyrannies, je vous propose de chanter tous ensemble le refrain de ce fameux gospel américain, extrait justement du livre de l’Exode : LET MY PEOPLE GO !

When Israel was in Egypt’s land

Let my people go

Oppressed so hard they could not stand

Let my people go

Go down, Moses, way down in Egypt’s land.

Tell old Pharaoh to let my people go.

Merci !

Retrouvez ici le commentaire de la paracha Vaera 5786 par le rabbin Josh Weiner

Partagez l'article