Devenir membre

Pourquoi devenir membre d'Adath Shalom ?

N’est-il pas vrai que l’ensemble des services de notre communauté s’offre à toute personne désireuse de cultiver son judaïsme, qu’elle soit membre ou non ?
Au fond, l’accès aux offices du Chabbat et des fêtes est libre et même gratuit ! Et s’il est vrai que bien d’autres activités dans les domaines cultuel et culturel (cours, Talmud Tora, mouvement de jeunesse Noam, conférences, dîners, offices des grandes fêtes, etc.) requièrent une participation financière, celle-ci vaut autant pour les membres que les non-membres, à peu de différence près. Il est même probable que les réductions offertes aux membres ne couvriront pas la différence des frais occasionnés par la cotisation, c’est dire… En somme, il apparaît très clairement qu’il n’y a pas d’avantage substantiel « à se faire membre » de notre association !

"- A quoi ca sert d’être religieux ?
  - A rien !"
Yeshayahou Leibowitz

Ce constat fait penser à une des fameuses répliques que le professeur Yeshayahou Leibowitz, célèbre polémiste israélien et penseur du judaïsme, se plaisait à formuler lorsqu’on lui posait la question : « À quoi ça sert d’être religieux ? » Il répondait allègrement : « À rien ! » Bien évidemment, il ne s’agissait pas de renier la pratique religieuse, mais tout le contraire. Il voulait signifier que sur un plan strictement utilitaire, l’homme n’a pas besoin de la religion pour bien vivre ni pour se faire plaisir. On ne pratique pas le judaïsme par besoin, par efficacité, pour répondre à une nécessité existentielle, mais par conviction, par choix de valeurs. La religion est un langage par lequel l’homme exprime des idéaux, donne une finalité spirituelle à sa vie, tente de se surpasser moralement et de se consacrer à ce qu’il estime être le sens ultime de sa vie. La religion n’est pas là pour nous servir mais pour nous aider à servir la cause la plus noble de notre vie ou si l’on préfère, celle qui recouvre toutes les autres. C’est pourquoi bien souvent, elle nous demande une certaine discipline, et donc, des efforts, voire des sacrifices. On ne parle plus alors de simple jouissance mais de satisfaction joyeuse dans l’accomplissement de soi : le progrès dans l’application des préceptes divins et dans la quête de sens.

…retisser le tissu social du peuple juif…

On ne s’étonnera donc pas si les réductions qui sont octroyées aux membres pour la participation aux activités sont plutôt symboliques. Elles sont là pour exprimer l’appartenance, la fidélité et non pour rentabiliser la cotisation, pour « l’amortir », comme on le ferait en adhérant à un club de sport ou de loisirs. Adhérer à Adath Shalom sera donc toujours un acte de militantisme ! C’est-à-dire un acte à la fois gratuit et payant ! Gratuit, parce que non bassement intéressé et résolument généreux. Payant, parce que l’on ne veut pas se payer de mots, parce que nos efforts finiront par payer sur les plans culturel, moral et éducatif. Et aussi, bien entendu, ne nous le cachons pas, parce que donner de sa poche est, qu’on le veuille ou non, le nerf de la guerre. Sans argent, la communauté est morte. D’autant que notre communauté ne reçoit pratiquement aucune subvention régulière émanant d’une instance officielle. C’est à nous de veiller au grain. Mais que personne ne l’oublie, on ne saurait confondre avec une vocation lucrative. Ce qui est donné est entièrement investi dans l’édification communautaire, au sens le plus large. Tous les membres de la communauté ont le droit d'accéder aux comptes et à leurs attributions, et le tout est approuvé ou non par tous, d’année en année, lors de l’assemblée générale.

Devenir membre, enfin, et ce n’est pas la moindre raison, c’est exprimer à tous ceux qui le sont déjà qu’ils ne sont pas des Don Quichotte seuls ou isolés à lutter contre des moulins à vent, ou dirons-nous chez nous, des Isaïe à prêcher dans le désert… C’est leur témoigner que le projet auquel ils sont attelés recueille la sympathie, l’assentiment, l’approbation, et plus encore, le désir de le voir grandir et s’épanouir de plus belle, et surtout, surtout, d’en être partie prenante.

Rivon Krygier