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Lumière de l'esprit
Il nous est ordonné d'apporter de l'huile pour « faire monter une lumière toujours » sur la Menorah du Sanctuaire (Lévitique 24, 2). Comme si Dieu avait besoin de notre lumière – et de l'huile qui la soutient et la porte – pour éclairer son Sanctuaire.
Il nous est ordonné d'apporter de l'huile pour « faire monter une lumière toujours » sur la Menorah du Sanctuaire (Lévitique 24, 2). Comme si Dieu avait besoin de notre lumière – et de l'huile qui la soutient et la porte – pour éclairer son Sanctuaire. A-t-il besoin de nos lumières ?
Cette lumière – qui est le symbole de toute lumière – est particulière : ce n'est pas une lumière qui descendrait du ciel, du monde des idées, pour éclairer le monde de la génialité de notre intellect et de son universalité englobante et glorieuse. Non. C'est une lumière qu'il faut faire monter à partir de la matérialité d'une huile bien travaillée et qui doit s'alimenter de cette huile pour monter et élever avec elle ce qui la porte sans perdre contact avec lui. C'est à partir de la concrétude du réel que l'intelligence peut s'élever et prendre son envol, sans jamais oublier ce qui la rattache à cette concrétude et en soutient l'élan.
Mais cette lumière ne vit pas pour elle-même : elle fait face à la table des « pains à visage » (Exode 35, 13), pour l'éclairer. Ces pains étaient présentés devant la Transcendance pendant une semaine, puis ils étaient consommés par les prêtres. Comme si le travail de l'étude et de l'intelligence n'avait pas sa fin en lui-même, mais devait viser au souci de la faim des autres et à la prise en compte de leurs besoins matériels – qui sont mes besoins spirituels, comme disait Lévinas en citant le Talmud
Le Talmud représente l'ouvrage de base du judaïsme rabbinique."> . L'étude et le travail de l'intelligence qu'elle suppose, enracinés dans la concrétude de la corporéité qui les suscite, ne visent donc pas à faire échapper l'homme au réel et à ses responsabilités, mais au contraire, elles le poussent à éclairer le réel d'une autre manière, à l'élever à un autre niveau de perception où les besoins des autres deviennent mes préoccupations spirituelles incessantes, le lieu même du culte rendu à Dieu comme témoignage de sa présence dans l'histoire.
Mais il y a belle lurette que le Temple est détruit, et qui parvient encore aujourd'hui à s'élever à un tel degré d'humanité et de témoignage face à la Transcendance ?
Yedidiah Robberechts
Paradoxale engagement dans la sainteté
Nous sommes au cœur de la Torah, dans la parachah centrale du livre du Lévitique, qui est lui-même au centre des cinq livres de la Torah.
Et en ce cœur, nous trouvons l'enseignement suivant, qui introduit à tout le reste et en donne donc la tonalité principale : « Vous serez saints, car je suis saint moi le Nom votre Dieu » (Lévitique 19, 2).
A première vue, il nous est demandé par là rien moins que d'être semblables à Dieu – d'être saints comme lui ! Dieu serait le modèle, et nous devrions en être les imitateurs. Toute notre vie ne consisterait ainsi qu'à nous rapprocher de ce modèle, en perdant ce qui nous singularise pour nous fondre dans l'universalité du modèle.
Mais se fondre dans un modèle, n'est-ce pas renoncer à soi, perdre ce qui nous constitue en propre, et donc congédier notre statut de créature pour nous rendre semblables à notre Créateur ? Exiger de nous la sainteté reviendrait alors à mettre en œuvre un processus de dé-création, puisque nous n'aurions finalement été créé différents de Dieu que pour accomplir le chemin inverse – la dé-différenciation - et finir par nous confondre avec Dieu lui-même via un processus de sanctification, qui ne serait que renoncement et autosacrifice ?!
Renoncer à tout ce qui nous appartient en propre pour nous fondre dans le divin en nous y identifiant…
Mais est-ce vraiment là ce que veut dire le verset ? Car comment pourrions-nous ressembler à un Dieu qui est invisible, qui nous dépasse infiniment et qui nous a explicitement interdit de faire des images de lui – et donc de nous le représenter d'une manière quelconque – fût-ce dans un modèle ?
N'est-il pas paradoxal de nous demander de ressembler à celui qui ne peut se réduire à aucune semblance ou ressemblance ? Comment participer de ce qui nous excède infiniment ? Et comment faire comme lui, alors que comme lui, nul ne peut faire ?
Une histoire : un nouveau rabbinrabbins"> prend ses fonctions en remplacement d'un autre rabbinrabbins"> , son maître, parti pour une autre vie. Après quelques temps, les gens de sa communauté, pas vraiment contents, viennent l'interroger : « Dites-nous, Monsieur le Rabbinrabbins"> , pourquoi n'imitez-vous pas votre maître ? Pourquoi ne faites-vous pas comme lui ? ». Et le rabbinrabbins"> de répondre : « Mais au contraire, je fais comme lui : de la même manière que lui n'imitait personne, moi, je ne l'imite pas ! ».
Cette petite histoire nous indique le sens dans lequel notre verset doit être compris : parce que Dieu est inimitable, nous devons être inimitables ; parce qu'il ne peut être réduit à aucune image ou représentation, nous ne devons être réductibles à aucune image, ne rentrer dans aucune représentation.
Bref, il nous est interdit d'être des stéréotypes de nous-mêmes. Ce n'est déjà pas facile, alors qu'il ne s'agit là encore que d'une définition négative de la sainteté, bien rendue par la notion de séparation. De la même manière que Dieu est séparé de sa création, et ne peut être comparé à rien en elle, de la même manière nous devons être séparés d'elle et des autres, pour ne pouvoir être comparés à rien et à personne.
Mais cette séparation ne saurait être un but en elle-même. Notre rabbinrabbins"> n'aurait pas pu ne pas imiter son maître s'il n'en avait pas été l'élève… C'est pourquoi il faut ajouter à la sainteté un aspect positif bien rendu par le mot français de « distinction ».
La sainteté signifie en effet en même temps deux choses contradictoires : être séparé et être en relation.
En effet, c'est parce que je suis engagé et investi dans une relation que je puis m'y découvrir distingué, séparé. Sans relation, je ne serais distingué ou séparé de rien. Je ne serais que moi-même, réduit à moi-même et fondu en moi-même, dans un magma fusionnel peu fréquentable.
C'est au contraire au cœur de la relation que je puis m'affirmer distingué – saint – en ne me perdant pas dans la relation, en ne m'y fondant pas dans l'autre, mais en restant moi, unique, incomparable dans, par et grâce à cette relation. La relation ne vient pas alors nier la différence – et participer à un processus de dé-création -, mais au contraire la creuser et la renforcer.
C'est en restant unique – saint - face aux autres que je puis témoigner de l'Unique dans l'histoire. Il nous faut donc être uniques face aux autres comme Lui est unique face à nous. Car seul celui qui est unique peut être en relation avec tous, sans se perdre dans aucune relation mais en les appelant toutes. Seule la sainteté peut nous appeler à devenir saints.
En généralisant notre propos, nous pouvons dire que le judaïsme ne peut pas devenir saint, distingué, s'il ne fait pas l'épreuve de la relation au monde et aux autres, et s'il ne s'y investit pas.
Ce n'est pas en se retirant du monde comme un anachorète que le judaïsme a voulu témoigner de la sainteté divine : c'est au contraire en s'y engageant, pour y inscrire le témoignage de la sainteté divine par la distinction de ses actes et la noblesse de son comportement.
Yedidiah Robberechts
Iran. Juifs de l'ombre
Un reportage chez les dhimmis. Ils sont environ 20 000 Juifs dans la République islamique, un pays qui affiche des positions officiellement antisionistes et négationnistes.
(reportage paru dans le Point du 12/04/2012)
Amir Menashe est journaliste. Juif d'origine iranienne, il se souvient de son enfance à Téhéran, en Iran : "Je ne souffrais pas de violences physiques en tant que Juif. Nous pouvions pratiquer notre religion et étions autorisés à acheter du vin pour le shabbat, contrairement aux musulmans par exemple. En revanche, nous étions clairement discriminés en tant que minorité. À l'instar des musulmans sunnites et des chrétiens, nous ne pouvions pas exercer certains métiers, notamment au sein de l'armée ou dans la fonction publique. Nous gardions toujours un profil bas et nous taisions notre identité, par mesure de précaution." Une peur qui est toujours palpable aujourd'hui : contactés par Le Point, plusieurs membres de la diaspora juive d'origine iranienne ou de la communauté juive de Téhéran ont refusé de s'exprimer. Ils nous ont en outre déconseillé "de contacter en Iran des personnes de confession juive, à cause du risque de mise sur écoute et de suspicion d'espionnage".
Contacté par Le Point, Arash Abaie vit en Iran. Il a accepté de répondre, uniquement par e-mail, à quelques questions. "En Iran, explique-t-il, le judaïsme, le christianisme et le zoroastrisme sont les trois religions reconnues par la Constitution - avec l'islam bien sûr - et autorisées à avoir des députés au Parlement. Lorsque l'on appartient à l'une de ces trois religions, on a plus de droits que ceux qui ne sont pas reconnus : les bouddhistes, les baha'is et les athées par exemple." Il confirme que les Juifs peuvent pratiquer leur religion, mais ajoute "qu'il faut faire profil bas" et qu'il est interdit de faire du prosélytisme ou de pratiquer devant des audiences musulmanes. "Lorsque l'on est juif en Iran, le plus dur est de subir la mauvaise compréhension du problème israélo-palestinien, dit-il. Beaucoup de Juifs iraniens souffrent d'animosités à leur égard à cause de cet amalgame."
Amir Menashe, lui, a choisi de partir. Il vit en Israël depuis 52 ans : "Je voulais vivre dans un pays libre et démocratique." Il ajoute qu'aujourd'hui, "lorsque l'on vit en Iran, il est impossible de se rendre en Israël sous peine d'être emprisonné au retour." Une situation qui condamne la plupart des Juifs iraniens à ne plus revoir leurs proches, si ceux-ci vivent en Israël. Présentateur pour Kol Israël, la seule émission de radio diffusée tous les jours en Iran depuis Israël, Amir Menashe s'amuse d'avoir pour public "99 % de musulmans, et sans doute Khamenei !", même s'il n'exclut pas quelques tentatives du régime islamiste visant à brouiller la diffusion de l'émission. Si son ambition est de "créer des liens d'amitié entre les deux pays", il attribue le succès de son émission au fait qu'en Iran, il est "difficile d'obtenir des informations objectives".
Une cause à laquelle il n'est pas le seul à croire. Kamal Penhasi est né à Téhéran, dans une famille juive. En 1979, trois mois après la révolution islamique, il décide de partir et de s'installer en Israël - où il vit toujours - et où il est rédacteur en chef du magazine Shahyad, l'unique publication en langue persane du pays. À travers sa position de directeur de l'organisation Iran Israël, il vise à rapprocher les communautés. "Il y a une grande différence entre le régime et la population iranienne, explique-t-il. En tentant de rapprocher les communautés en Israël et en Iran, notre action vise à créer des liens qui font fi des problèmes politiques."
En cas de conflit ouvert entre Israël et l'Iran, il est difficile de prévoir la réaction de Téhéran envers la minorité juive. Mais Kamal Penhasi, qui a toujours des proches en Iran, ne cache pas son inquiétude : "La situation devient très difficile. Si la guerre est déclarée, je crains que les Juifs ne soient victimes de représailles et que certains soient contraints de partir", confie-t-il. Un désarroi que partage Amir Menashe : "Le gouvernement iranien est imprévisible. Les Juifs d'Iran pourraient faire office de boucs émissaires."
Difficile également de prévoir à quel pays la communauté juive iranienne apporterait son soutien, car "si en tant que Juifs, ils se sentent proches d'Israël, ils sont aussi iraniens", explique Kamal Penhasi. Selon lui, rien n'est sûr, cela dépendra de qui engagera les hostilités le premier. "Si Israël prend l'initiative d'attaquer, juifs et musulmans seront unis par un élan patriotique envers l'Iran", estime-t-il. Un point de vue qu'il n'est pas le seul à partager. Cité par le Time, Siamak Merehsedeq, seul député juif au Parlement de Téhéran, affirmait récemment : "Face à quiconque oserait attaquer notre pays, nous tiendrons ferme, comme le reste du peuple iranien."
Discours de façade ou cri du coeur ? La communauté juive étant régulièrement instrumentalisée par Téhéran, certains suggèrent qu'il pourrait ne s'agir que d'un discours visant à complaire au régime des mollahs. Comme l'explique Amir Menashe, l'Iran cultive une certaine schizophrénie. "D'un côté, l'Iran chiite veut s'imposer comme modèle d'islam dans un monde musulman majoritairement sunnite et il adopte pour cela un discours très antisioniste et antisémite afin de plaire aux islamistes radicaux. De l'autre, il ménage la minorité juive, car il a besoin du soutien forcé ou spontané de nombreux Juifs afin de légitimer ses actions sur tous les fronts." Les Notorei Karta, une secte de Juifs ultra-orthodoxesorthodoxe
orthodoxes"> aux positions négationnistes et antisionistes qui appellent à la destruction d'Israël sont ainsi les meilleurs avocats du régime iranien.
Évoquant la Marche mondiale sur Jérusalem du 31 mars 2012, qui rassemblait des activistes de la cause palestinienne, et pour laquelle Siamak Merehsedeq a déclaré son soutien, Amir Menashe dénonce un exemple de manipulation. "Téhéran a forcé les représentants de la communauté juive d'Iran à signer ce communiqué afin de montrer que même les Juifs s'opposent au régime sioniste."
Lèpre et parole
Pendant deux longs chapitres (Lévitique 13 et 14), la Bible nous parle d'une étrange maladie qui touche aussi bien la peau de l'homme, que ses vêtements et même les murs de sa maison : la tsaraat !
On a malencontreusement traduit ce mot par la « lèpre » en français, alors que cette maladie n'a rien à voir avec la lèpre, et reste pour les médecins une énigme.
Ce qu'il nous faut remarquer, c'est que cette maladie s'inscrit très précisément dans les points de contact de l'homme avec l'extérieur : sa peau, son vêtement, les murs de sa maison. Comme s'il s'agissait avant tout d'une maladie du contact, le symptôme d'un dysfonctionnement de la relation entre l'homme et son environnement physique (peau), social (vêtement) ou politique (mur).
C'est pourquoi, lorsque ces symptômes apparaissent, on ne fait pas appel au médecin, mais au prêtre (Cohencohanim"> De nos jours le Cohen n'a plus qu'un rôle honorifique dans le judaïsme."> ) qui était à cette époque le spécialiste par excellence de la médiation et de la relation, entre Dieu et l'homme bien sûr, mais donc aussi du même coup, entre l'homme et son prochain. Ce n'est donc pas une maladie au sens propre, mais plutôt un malaise ou un mal-à-dire.
C'est ce que nous enseignent les rabbinsrabbins"> en jouant sur les mots : metsoura (« lépreux ») viendrait en fait de motse-ra, « ce qui sort le mal ».
La tsaraat serait donc un mal qui sort et s'exprime au niveau physique, vestimentaire ou architectural, parce que quelque chose au niveau de la parole se serait mal dit, et aurait abouti à un mal-dire, à une médisance ou à un maudire par rapport à autrui. Car toute médisance (Lachon hara) est une perversion de la parole qui menace de détruire la possibilité même d'une parole : elle risque de perdre sa visée de sens en annulant ce qui la porte, sa fonction d'échange et de relation, d'ouverture face à autrui.
Un tel court-circuit fatal du sens ravale la parole à n'être plus que frontière, paroi rugueuse qui s'effrite sur elle-même et se dévore elle-même, sans plus ouvrir à un au-delà, à autrui. Là où je devais m'ouvrir à autrui par ma peau, mon vêtement ou ma maison, je suis enclos et envahi par les signes de ma propre déliquescence.
En clôturant autrui dans un discours qui vise à le réduire et à le disqualifier, je ne lui laisse plus le droit à la parole, je me ferme sur moi-même en l'enfermant dans un mutisme qui est la fin de toute parole et la négation de tout sens : quoiqu'il dise, je ne l'entendrai plus, car je l'ai déjà jugé.
Le retour d'Israël sur sa terre signifie peut-être entre autres la restauration de cette fonction du prêtre par rapport à la médisance. Une des tâches d'Israël n'est-elle pas d'attirer l'attention des nations sur ce mésusage si répandu de la parole qui gangrène les relations entre les peuples, et dont un des symptômes par excellence est la « lèpre » de l'antisémitisme ?
Israël en retrouvant un lieu souverain peut enfin recouvrer une parole souveraine, qui vienne contredire plus de deux mille ans de médisance à son égard. Le travail reste long, car on ne fait pas disparaître d'un coup de baguette la prégnance des clichés et d'un enseignement du mépris qui plombe encore les consciences et s'exprime sous des formes toujours neuves.
Mais ce que nous espérons, c'est qu'en combattant l'antisémitisme sous toutes ses formes, nous combattons en fait ce règne de la médisance qui rend les relations entre les peuples tout simplement impossibles et vaines. Seule la réélaboration d'une parole digne de ce Nom, pourra remettre en place les conditions de possibilité d'une paix véritable.
Yedidiah Robberechts
Psaumes 95 à 96
Entrée du shabbat
On dit ces psaumes pour l'entrée du shabbat avant Lekha Dodi. Ils ne sont pas toujours chantés, mais il existe aussi de beaux airs :
Psaume 95 suivit du 96 chanté façon Shira hadasha
Voici l'enchaînement des diverses parties chantées (syna massorti
C'est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l'idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n'a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées."> )
Psaume 95 Carlebach
Psaume 98
Les textes sont p. 14 à 18 du sidourSidour
Sidourim"> massorti
C'est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l'idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n'a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées.">
Le silence d'Aaron
Le silence d'un père, la nôtre, celui de Dieu...
Vaydom Aharon : Aharon s'est tu (Lévitique 10, 3).
Il y a des silences pesants, infinis, inconsolables. Des silences qui valent mieux que mille mots, que des discours qui tombent de toute façon à côté de ce qu'ils veulent dire, car ce qu'ils cherchent à exprimer est indicible, trop grand et trop pénible pour tenir dans l'enveloppe des mots.
C'est le jour de l'inauguration de la Tente de la Rencontre. C'était un jour de fête, l'aboutissement d'une longue et lente préparation où l'érection du sanctuaire du désert devait mettre un terme à l'opprobre tombée sur le peuple d'Israël lors de l'épisode du veau d'or.
Et voici que deux des fils d'Aharon font un geste maladroit – un geste d'apprentis trop pressés à bien faire et croyant que le mieux est l'aboutissement du bien : ils allument un feu en plus, et sont brûlés sur le champ par un feu divin (Lévitique 10, 1-2). Bien sûr, ils n'auraient pas dû allumer ce feu de trop, qui ne leur avait pas été demandé. Mais comment ne pas brûler d'impatience lorsque l'on se sent si proche du divin et du but ?
Quoi qu'il en soit, le couperet divin est sans appel. Et devant l'inimaginable et l'irréparable Aharon se tait.
Mais que pouvons-nous faire aujourd'hui, nous, alors que six millions de nos frères ont été brûlés ou pire lors de la Shoah ? Quel silence pourrait contenir nos cris, nos effrois et nos déchirements ?
Même le silence ne semble plus suffire, alors qu'il est sûrement plus adéquat qu'une inflation de mots et de discours.
Au moins Aharon pouvait-il avoir une consolation : la sanction était divine, elle avait un sens, répondait à une logique, même si cette logique était terrible. Mais quelle logique trouver dans la Shoah, et quel dieu autre qu'un dieu pervers et criminel aurait pu régner sur les camps d'extermination ?
Seul le silence nous permet de laisser résonner l'incommensurabilité des questions qui nous assaillent, et l'angoisse qui nous saisit face à cette absence du divin dans ces actes inhumains commis par les nazis.
Mais peut-être ce silence n'est-il plus celui d'Aharon seulement, ni le nôtre : peut-être ce silence n'est-il possible que sur fonds et comme écho du silence divin qui nous entoure et nous enveloppe de sa ténèbre ?
N'est-ce pas Dieu qui se tait lorsque l'homme devient fou et sombre dans l'inhumanité la plus horrible ? Il se tait, parce que lorsque l'homme assassine son frère, Dieu reste sans voix. Sa voix en effet ne peut s'entendre que lorsqu'elle nous dit : « tu n'assassineras pas » (Exode 20, 13).
Assassiner, c'est renvoyer Dieu dans son silence éternel et le laisser sans voix.
Quand l'homme apprendra-t-il donc que la voix de Dieu ne peut résonner que dans la qualité de ses actes ? En dehors de cette qualité, seul le silence respecte l'indicible.
Yedidiah Robberechts
Yom haShoa
Le jour officiel pour commémorer la Shoa dans le monde juif.
Le 27 Nissan dans le calendrier hébraïque (juste après Pessah), sauf si ce jour tombe un shabbat ou un dimanche, il est alors déplacé.
Yom Hashoa en IsraëlYom haShoah a été instauré par une loi en 1959, qui a été signé par David Ben Gourion et Yitzhak Ben-Zvi, respectivement Premier Ministre et Président d'Israël.
Le jour de Yom HaShoah à 10 heures du matin, les sirènes retentissent pendant deux minutes à travers tout Israël. Les voitures, les bus s'arrêtent et les passagers en sortent. Les piétons s'arrêtent également et respectent deux minutes de silence. Pendant ce jour les lieux de loisirs et la plupart des établissements publics sont fermés conformément à la loi. Les chaînes de télévision et de radio diffusent essentiellement des programmes documentaires à propos de l'Holocauste et des interviews et reportages sur les commémorations et de la musique triste. Aucune publicité n'est diffusée. Tous les drapeaux du pays sont en berne.
Les enfants vont à l'école habillés en bleu et blanc, les couleurs du drapeau national, où ils assistent à des cérémonies. Des commémorations ont également lieu dans les lycées, où les étudiants écoutent les témoignages des derniers survivants et discutent de cette période en classe. À Auschwitz, des milliers de lycéens israéliens commémorent ce jour par la Marche des Vivants par opposition aux Marches de la mort de l'Holocauste. Ces évènements font partie de l'enseignement scolaire sur la Seconde Guerre mondiale et sont subventionnés par le Ministère de l'éducation.
En FranceLa lecture "sans interruption" des noms des hommes, femmes et enfants juifs déportés de France, principalement vers Auschwitz, de mars 1942 à août 1944, se fait chaque année à l'initiative du rabbinrabbins"> Daniel Farhi qui lança cette idée adoptée par tous aujourd'hui. Elle se fait à Paris au Mémorial de la Shoa devant le "Mur des noms" sans interruption durant 24 heures.
Sur les 76 000 personnes de confession juive déportées, seules 2 500 ont survécu.
Cette lecture est l'affaire de tous et l'histoire de chacun, les organisateurs sont donc : le Mémorial de la Shoah , le Mouvement juif libéral de France (MJLF), l'association des Fils et filles de déportés juifs de France (FFDJF) et le Consistoire de Paris. Le mouvement Massorti
C'est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l'idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n'a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées."> se joint chaque année.
"Cette lecture n'est pas seulement un acte de mémoire. C'est une preuve d'amour", estime André Chomand, qui fut déporté avec huit membres de sa famille dans des camps de concentration.
Chacun peut venir participer durant ces 24 heures de lecture et de toute façon allumer un ner zikaron (bougie mémorielle) chez lui.
Une pensée pour le RwandaCommuniqué de notre ami Meïr Waintrater auquel se joignent les rabbinsrabbins"> Yechaya Dalsace et Rivon Krygier :
Une pensée pour nos amis rwandais alors que nous approchons du Yom ha-Choa :
Au Rwanda, un village de jeunes accueille des rescapés du génocide des Tutsi. Il s'agit d'une initiative juive américaine, sur le modèle des villages d'enfants qui, en Israël, accueillirent les rescapés de la Shoah. » (cf. http://www.asyv.org/tikkun.html).
A l'heure où les rescapés commémorent le génocide, il faut dire une fois encore notre honte, notre colère et notre douleur. Honte pour avoir laissé faire sans porter secours, colère parce que la négation du crime continue de se manifester, douleur face à une perte que le temps n'abolit pas. Dix-huit ans après, la marque du génocide reste présente dans la chair des rescapés. Elle doit rester aussi, ineffaçable, dans nos consciences.
En hébreu, le chiffre dix-huit représente la vie. Est-il plus belle expression de fidélité à la vie que celle des hommes et des femmes qui fondent des familles là où le génocide n'avait laissé que dévastation ? Il y a dix-huit ans régnait au Rwanda le sinistre « Tuez-les tous », signe de ralliement des massacreurs. Dix-huit ans après, le souvenir du génocide continue de susciter en nous honte, colère et douleur. Mais il nous appelle aussi à exprimer aux rescapés notre admiration et notre amour.
Meïr Waintrater mars 2012
Enfants du ghetto, par Israël Zangwill
Véritable Dickens du monde juif, Israël Zangwill, dans son ouvrage aussi drôle que passionnant, décrit avec grand talent le Ghetto juif de Londres dans les années 1880.
Tout un monde aujourd'hui disparu, une véritable comédie humaine avec ses personnages juifs hauts en couleur, le marieur et le mendiant, le pauvre type, le malchanceux et l'homme de l'air, le fameux luftmensch, le marchand d'habits, le parvenu, la jeune fille à marier et ses prétendants...
À cette époque, venus essentiellement d'Europe de l'Est, Autriche, Russie, Pologne, Allemagne, Hollande... pratiquant le « jargon », c'est-à-dire le yiddish, des milliers de Juifs pauvres, constituant véritablement un « peuple singulier »se sont installés dans l'East End, investissant totalement le quartier de Whitechapel. Ils sont désormais fondus et pleinement intégrés dans la nation qui les a accueillis et ont laissé de nos jours la place aux Pakistanais et aux Bangladeshis.
Zangwill décrit tout un monde juif très vivant que l'on ne soupçonne plus aujourd'hui. Plus qu'un roman, c'est une véritable oeuvre anthropologique que nous a laissé ce grand écrivain.
Grâce à la traduction audacieuse de Marie-Brunette Spire qui parvient à nous donner toute la truculence des expressions yiddishisantes des personnages hauts en couleur de Zangwill qui a particulièrement travaillé la langue de son livre afin de redonner vie à ce monde de l'entre-deux du petit monde des immigrés se mettant peu à peu à la culture anglaise.
Enfants du ghetto - étude d'un peuple singulier, par Israël Zangwill.
Éditions Les Belles Lettres. Décembre 2011. Traduction de l'anglais, notes, glossaire et postface par Marie-Brunette Spire. 656 pages. 29 euros.
Le Messie peut attendre
A propos d'une soirée interreligieuse mouvementée, des délires messianiques divers et variés et de Pessah...
A l'approche de Pessah, il est de bon ton de penser au Messie… Nous finirons le seder de Pessah comme chaque année en chantant « l'an prochain à Jérusalem » et nous loucherons sur la coupe de vin du prophète Elie pour voir si par miracle le niveau aurait baissé, signe d'un bref passage du prophète à notre table et donc annonciateur du Messie. Comme, nous aurons bu au moins 4 verres de vin (le rituel l'exige), toute illusion ou confusion reste possible… Bref, on a le droit de rêver à des lendemains qui chantent. D'ailleurs, d'après rabbi Yohanan le monde ne fut créé que pour ce rêve messianique (Talmud
Le Talmud représente l'ouvrage de base du judaïsme rabbinique."> Sanhedrin 98b).
Mais si on revient sur le plancher des vaches (maigres ou grasses), et qu'on réfléchit un peu sérieusement à tout cela, il serait bon de dessoûler sans trop tarder et de se tenir prêts pour le ShemaChema"> Israël du matin ! Le Messie, c'est formidable, c'est l'espoir d'un monde meilleur, c'est l'idée même de progrès… En cela, l'idée messianique fut un formidable moteur pour faire bouger le monde. La liberté s'invente, chaque jour, elle ne s'impose pas d'elle même. Pour bien des gens à la vie difficile, le Messie représente l'espoir que tout ira bien un jour et cela les aide à tenir dans une existence tourmentée (ce fut ô combien vrai pour nombre de nos ancêtres, Juifs héroïques face aux persécutions). Mais pour bien d'autres gens, le Messie c'est le délire, c'est la négation du présent, c'est le déni de réalité et la fuite en avant dans le fantasme… Là, stop ! Il est temps de descendre de l'âne et de lui dire gentiment : « continus ta route tout seul, moi je reste ici et je vais attendre encore un peu… ». Comme le disent nos rabbinsrabbins"> : « Si tu as une plante dans la main, et qu'on vient te dire : Le Messie est là ! Plante d'abord ta plante, et ensuite tu iras l'accueillir. » (ARNb31)
Le problème de notre monde actuel, c'est que d'un côté nous avons des gens qui ont perdu tout espoir, des blasés du réalisme pour qui l'idée même de spiritualité et d'étude des textes anciens laisse secs comme de la Matsa et de l'autre côté une curieuse montée des délires fondamentalistes et messianiques. On a l'impression que la voie équilibrée, chère au judaïsme, l'espoir sans la folie, reste bien mal partagée, y compris par certains groupes juifs. Le monde déborde de délires apocalyptiques qui font de temps en temps la une de l'actualité au gré des explosions de violence. L'attentat de Toulouse n'est en cela qu'un épisode horrible sur une longue route délirante et sanglante, rêve d'en finir avec ce monde désenchanté pour les uns, cauchemar pour les autres et malheur de toute façon pour les victimes.
Mais attention au « délit de sale gueule » comme au cliché social. Si l'islam nous fournit actuellement quelques beaux exemples de délires messianiques exprimés trop souvent dans la violence la plus extrême, il n'a pas l'exclusivité. Si le parcours socialement chaotique de certains djihadistes explique, sans justifier pour autant, leur dérive, on peut retrouver le délire également dans les beaux quartiers.
La violence commence avec le mental. Celui qui est convaincu de la venue éminente du Messie, ou que celui-ci est déjà venu mais qu'on ne veut pas l'écouter… va s'en prendre à tout ceux qui ne sont pas prêts à entrer dans son délire. Le hiatus entre la réalité du monde et le fol espoir intérieur devient insupportable, psychologiquement ingérable ; soit on abandonne le délire en plantant tranquillement son arbre, soit on se met à courir plus vite que le temps et on se met alors à désirer de faire exploser cette réalité qui est en retard.
Parfois la violence se contentera d'être verbale et mentale, elle ne fera pas alors la une de l'actualité, mais elle est là bien prégnante, emprisonnant les esprits et desséchant les âmes. Ce niveau-là de délire est omniprésent dans notre société, c'est le discours de groupuscules divers, ce sont les incroyables interventions sur les forums internet ce sont les sites délirants, ce sont également certains discours de responsables religieux en dérapage plus ou moins contrôlés face à un auditoire béat. On retrouve ce phénomène aussi bien dans l'islam, dans le christianisme, dans le judaïsme, dans l'hindouisme, mais aussi dans toute sorte d'idéologies politiques sans aucun lien avec la religion. Le passage à l'acte est plus rare, mais il peut être d'une violence extrême, les dernières 100 années en ont donné de larges exemples et le messianisme athée fut plus sanglant que nul autre.
C'est pourquoi, à notre petit niveau, nous devons lutter contre le premier stade du délire mental et verbal, que nous côtoyons forcément, afin de prévenir le stade du passage à l'acte physique. Au sein du judaïsme, le mouvement massorti
C'est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l'idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n'a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées."> s'y emploi avec ses petits moyens, ce qui lui vaut quelques ennemis, mais il n'est pas le seul. Il nous faut parler, raisonner (et résonner), expliquer. Mais le dialogue doit non seulement s'établir au sein du judaïsme (nous en sommes loin pour le moment au vue de certaines crispations orthodoxesorthodoxe
orthodoxes"> ), mais aussi au-delà et entre les religions. C'est l'un des intérêts majeurs du dialogue interreligieux : relativiser et mieux comprendre afin de ne pas laisser le champ libre au délire. Dans cette perspective, le dialogue n'est pas un luxe.
Il est symptomatique que les fondamentalistes refusent le dialogue et y voient même un danger, voire un blasphème. Les fondamentalistes ne dialoguent pas avec les modérés de leur propre religion (ils ne veulent pas « cautionner », argument régulièrement avancé) et encore moins avec les autres religions (bien que ce soit moins bousculant pour eux, les autres ayant forcément tort). Etre capable d'accepter l'existence légitime de l'autre, de reconnaître ses qualités, que l'on peut apprendre de lui, mais surtout que la vérité n'est pas une valeur réductible mais partageable, c'est-à-dire qu'elle a plusieurs faces… relève d'un exercice mental quasiment impossible pour le fondamentaliste. C'est pourtant bien ce qu'ont enseigné nos rabbinsrabbins"> en affirmant que des opinions contradictoires pouvaient relever de la même vérité divine ! (Talmud
Le Talmud représente l'ouvrage de base du judaïsme rabbinique."> Erouvin 13b)
Il est également symptomatique que les fondamentalistes manquent profondément d'humour en particulier sur eux-mêmes. En cela, l'humour juif qui consiste à se moquer de soi-même relève d'un véritable exercice de spiritualité et montre la maturité juive. Pourquoi Dieu n'aurait pas d'humour ? Il me semble qu'au contraire, un Dieu sans humour est une idole. Dans le Talmud
Le Talmud représente l'ouvrage de base du judaïsme rabbinique."> , Dieu ne se prive pas de rire !
J'ai récemment été invité à une table ronde interreligieuse sur la question messianique. Des fondamentalistes chrétiens (affiliés à l'église dissidente fondée par Lefebvre à la suite de Vatican II) considérant que la présence d'un rabbinrabbins"> était un blasphème (le lieu était chrétien) se mobilisèrent pour saboter la soirée. Ils étaient une quinzaine, enfants de la bourgeoisie enracinés dans une France étriquée, efficaces et actifs, ils se débrouillèrent pour interrompre régulièrement les propos des trois intervenants face à 150 participants mécontents. Je n'avais pas dit deux mots que je fus immédiatement interrompu par un bigot à la face spectrale. Pas question de laisser parler le Juif, surtout à propos du Messie ! Ma réaction fut d'en rigoler et de raconter des blagues juives (messianiques). Cela a décontenancé quelque peu ces imbéciles car l'idée même de rire leur semble totalement étrangère (on se serait cru face à un parterre de figurants tout droit sortis du tournage du Nom de la rose…). La bêtise de leur propos d'un manichéisme simplificateur à l'extrême était affligeante. Mais pour eux pari réussit : dorénavant, les organisateurs réfléchiront à deux fois et pour peu que ce genre d'actions de sabotage continue à se multiplier ils pourraient avoir gain de cause (ce n'est pas la première, rappelez-vous l'intervention huée du rabbinrabbins"> Rivon Krygier à Notre-Dame, et cela devient de plus en plus systématique). Il faut donc continuer à dialoguer plus que jamais.
Le plus ridicule, chez ces chrétiens fondamentalistes, c'est que non seulement leur conception religieuse est parfaitement païenne, mais que s'ils avaient vécu à l'époque de Jésus, ils auraient assurément fait partie du petit groupe d'extrémistes ayant appelé à sa crucifixion ! Paradoxe de la bêtise et de la crise de foi…
Si ces chrétiens fondamentalistes étaient spécialement gratinés, ils n'ont pas pour autant de monopole. On aurait pu trouver la même couche de stupidité dogmatique ailleurs conduisant aux mêmes réactions. La question n'est donc pas le christianisme, mais l'étroitesse du cerveau de certains humains et l'endoctrinement qu'ils subissent. Chez les uns, cela se traduira en venant saboter le dialogue, chez les autres, par des discours irrationnels pathologiques, chez d'autres encore, en venant tuer de sang froid un enfant considéré comme gravier dans la roue messianique… Dans tous les cas on se promène sur la même échelle des délires glaçant et haineux, échelle sur laquelle les anges n'ont plus leur place.
Si l'on associe le Messie au progrès et à l'intelligence débouchant sur une vision fraternelle universelle (ce qui est clairement le message biblique sur cette question, notamment chez Isaïe), assurément, dans certains milieux, le Messie marche à reculons… Face à certaines dérives de notre société, je serais le prophète Elie, j'avalerais une gorgée du verre versé à la fin du Seder, mais à la dérobé, juste pour la route et je ferais vite demi-tour en attendant des jours meilleurs…
N'oublions pas qu'avant le prophète Elie, le premier invité à la table du Seder, c'est, dès la deuxième coupe de vin, le questionnement menant à la sagesse… Etape obligatoire pour pouvoir continuer et finir par verser la coupe du prophète Elie.
Yeshaya Dalsace
avril 2012
Si vous voulez rire un peu et visionner une partie de la soirée :
Entretien :
http://magazineoriental.com/index.p...
L'humour contre les embrumés du Nom de la rose :
http://magazineoriental.com/index.p...
Réaction de la Soeur Geneviève Comeau (participante chrétienne à la soirée perturbée) :
Adoption et judaïsme
Un phénomène souvent douloureux et délicat, mais une grande mitsva et une chance pour bien des couples et bien des enfants.
A l'origine, l'adoption n'existe pas en tant que telle dans le judaïsme, mais le Talmud
Le Talmud représente l'ouvrage de base du judaïsme rabbinique."> Sanhédrin 19b, déclare : « celui qui élève un orphelin est comme s'il l'avait engendré ». De nos jour le phénomène est assez commun en Israël comme en Diaspora.
Une sociologue en a fait l'analyse dans un ouvrage tout à fait passionnant. Le matériel en dit long également sur l'ensemble de la question des conversions en France aujourd'hui.
Sophie Nizard : Adopter et transmettreÀ partir des processus d'adoption par des parents juifs, Sophie Nizard révèle comment se disent l'histoire, la mémoire, la transmission, le rapport entre l'identité religieuse et familiale d'une part et le biologique ou l'hérédité d'autre part. L'ouvrage est largement enrichi de témoignages très parlants.
En ce qui concerne le processus général de conversion des enfants adoptés et les différentes positions des trois courants du judaïsme, voici des extraits particulièrement intéressants :
C'est seulement à partir du IIe siècle que la loi rabbinique considère l'enfant de père non juif comme juif, tandis que l'enfant d'une-mère non juive et d'un père juif ne l'est pas. La matrilinéarité est affirmée dans le Talmud
Le Talmud représente l'ouvrage de base du judaïsme rabbinique."> (MishnaMichna"> Kiddoushin 3 : 12).
Trois grands courants religieux peuvent être distingués au niveau mondial : le judaïsme orthodoxeorthodoxe
orthodoxes"> , le courant massorti
C'est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l'idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n'a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées."> (conservative en anglais), et enfin le courant libéral (réformé). Le principe de base, qui sert de point de départ à tous, se trouve édicté par la loi, la halakha : l'enfant de mère (entendue de mère biologique) non juive est non juif. Un tel enfant sera donc, sauf preuve contraire, considéré comme non juif de naissance, et pourra être converti au judaïsme. C'est en tout cas la position des courants orthodoxesorthodoxe
orthodoxes"> et massorti
C'est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l'idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n'a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées."> . Dans ces conditions, il pourra renoncer au statut de juif au moment de sa majorité religieuse ou au contraire le confirmer devant témoins. Le rite de bat mitzva ou de bar mitzva est généralement considéré comme acceptation de ce statut.
La position orthodoxeorthodoxe
orthodoxes"> incline vers la stricte observance. En France, toute conversion orthodoxeorthodoxe
orthodoxes"> est aujourd'hui traitée par le Beth Din du Consistoire de Paris. La position orthodoxeorthodoxe
orthodoxes"> qui semble se dégager est la suivante : on facilite la conversion des enfants adoptés dans des familles orthodoxesorthodoxe
orthodoxes"> , ou traditionalistes et engagées dans un processus d'orthodoxisation. On décourage la conversion des enfants adoptés par des parents non orthodoxesorthodoxe
orthodoxes"> , ou non prêts à s'engager dans un processus dit de techouva (retour). En conséquence, c'est la famille entière qui de fait est « convertie », y compris les parents juifs eux-mêmes. Le Beth Din instrumentalise de facto la demande du couple pour imposer une norme de judéité à tous. Ce n'est donc pas un monopole du sens que détient le Beth Din consistorial, mais un « monopole des objets du sens ». (p.33)
Dans les faits, cette position va conduire les parents qui n'ont pas l'ensemble des critères de la stricte observance requis, soit à entrer dans un processus religieux les conduisant au plus près de la norme imposée, soit à occulter leur véritable engagement, soit enfin à abandonner toute démarche de conversion. À la logique d'enquête de l'institution, que suppose l'application de stricts critères de sélection, répond donc une logique d'adhésion, de dissimulation ou d'abandon. Tout entretien avec « l'équipe des conversions », toute rencontre dans les bureaux exigus du Consistoire , sont fortement appréhendés, y compris par les plus pratiquants. Ce constat interroge la responsabilité de la principale institution religieuse du judaïsme français, dans le traitement de ceux qui s'adressent à elle. (p.34)
La position des conservateurs (massorti
C'est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l'idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n'a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées."> ) en France repose sur l'intention d'éduquer et de transmettre. Pour le rabbinrabbins"> Krygier, l'adoption ne vient pas en remplacement du commandement de procréation. Cependant, après avoir envisagé les solutions, notamment médicales, d'aide à la procréation, l'adoption doit être encouragée : l'enfant pourra être converti, à partir du moment où les parents s'engagent à lui donner une éducation juive, et en particulier à le préparer à la bar mitzva ou à la bat mitzva. Cette décision est prise après discussion avec les parents, sur leur intention d'élever l'enfant comme un juif. Le critère éducatif est donc déterminant pour l'accès à la conversion. La pratique halakhique des parents adoptifs ne fait pas l'objet d'enquête et sa rigueur ne conditionne pas la conversion de l'enfant adopté. (p.35)
Dans les mouvements libéraux, c'est le rabbinrabbins"> du lieu qui détient l'autorité religieuse et établit les procédures propres à sa communauté, éventuellement en tenant compte de responsas, mais celles-ci ont simplement valeur de conseil. (p.37)
La reconnaissance du principe talmudique de transmission matrilinéaire du statut de juif unit dans une même vision les orthodoxesorthodoxe
orthodoxes"> et les conservateurs (massorti
C'est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l'idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n'a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées."> ). Pour les uns comme pour les autres, l'enfant de mère non juive, adopté par des parents juifs, pourra être converti si ses parents le souhaitent. Pour tous, ce passage est accompli par l'immersion rituelle validée par un Beth Din. En revanche, pour les orthodoxesorthodoxe
orthodoxes"> , la conversion d'un enfant ne peut être accordée qu'au regard de la capacité des parents à élever l'enfant dans la stricte observance des mitzvot (commandements), ce qui pousse logiquement les institutions à s'assurer du mode de vie des parents eux-mêmes. Alors que, pour les massorti
C'est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l'idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n'a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées."> , la seule volonté des parents d'éduquer l'enfant dans la connaissance de la tradition et de lui transmettre une spiritualité juive, notamment à travers la préparation de la bar mitzva ou de la bat mitzva, suffit pour que la conversion soit mise en œuvre. Les réformés ont évolué vers une reconnaissance plus formelle de la judéité de l'enfant adopté par des parents juifs. La réunion d'un Beth Din et l'immersion dans un bain rituel marquent désormais le changement de statut de l'enfant adopté qui sera entre autre « accueilli » au cours d'une cérémonie de présentation à la Torah dont le texte tient compte de la situation d'adoption.
L'expérience de l'adoption place donc toujours les parents adoptifs en position de demander la validation de la judéité de leur enfant par une institution religieuse, cependant que pour eux, leur enfant est juif comme l'aurait été un enfant biologique. Ils doivent donner les preuves qu'ils sont de bons parents et de bons juifs, de bons parents parce que de bons juifs, c'est-à-dire qu'ils sont capables de transmettre à leur enfant un judaïsme conforme à ce que les institutions attendent d'eux. (p.38)
La conversion en milieu libéral ou en milieu massorti
C'est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l'idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n'a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées."> n'est jamais vécue ni racontée comme une épreuve. (p.162)
Sébastien Tank analyse le dispositif bureaucratique consistorial. Il décrit le fonctionnement du bureau des conversions à partir des témoignages qu'il a recueillis auprès de personnes en cours de conversion, ou déjà converties : tentatives de découragement, échanges épistolaires avant toute rencontre avec les rabbinsrabbins"> du Beth Din, convocations successives, enquêtes, interrogatoires, décisions arbitraires … On ne trouve cependant pas, dans l'enquête de Tank sur les prosélytes, la violence des propos que j'ai moi-même recueillis auprès des parents adoptifs à l'encontre du Consistoire . Dans la majorité des récits, même ceux émanant des plus loyaux, l'image du Consistoire est réservée voire franchement négative. Il en ressort que la conversion consistoriale française est entre les mains d'un Beth Din, centralisé à Paris, constitué de trois rabbinsrabbins"> , qui appliquent des normes peu explicites apparaissant comme arbitraires, et qui font preuve d'un manque d'écoute et de communication. Consciemment ou non, du fait de leurs pratiques d'enquête et de questionnement, de leur suspicion systématique, de leurs nombreuses maladresses, ils placent parfois les parents adoptifs en position d'humiliation. Ils apparaissent comme incompétents, omnipotents, dénués de sensibilité, voire « pervers ». (p.165)
L'analyse des discours, présentés ici bout à bout, montre à quel point les rabbinsrabbins"> du Beth Din instrumentalisent le moment de la conversion des enfants adoptés pour « convertir » le foyer dans son ensemble, pour exercer une contrainte sur les couples et les familles, sur leurs pratiques religieuses, sur leurs corps – comment se raser, se vêtir, couvrir ses cheveux, manger. (p.181)
Car si la tradition juive, ses pratiques, sa pensée et ses textes font sens pour la plupart des parents adoptifs que j'ai rencontrés, l'institution Consistoire perd en légitimité, mais elle reste un passage obligé pour accéder à un certain nombre de « biens et services de salut » que je définis comme des objets du sens. (p.182)
Editions de l'EHESS
http://www.editions.ehess.fr/ouvrages/ouvrage/construire-la-parente-deconstruire-les-frontieres/
On lira également : http://www.massorti.com/Adoption-en...
La Halakha introduction
La Halakha c'est la loi juive religieuse. Elle a une histoire et obéit à des règles précises.
A Tree of Life, Diversity, Flexibility and Creativity in Jewish Law
Un arbre de vie, une histoire de la Halakha
Résumé en français du livre écrit par le rabbinrabbins"> anglais Louis Jacobs
La thèse principale de A Tree of Life est la suivante : il existe une histoire de la Halakha , celle-ci a donc évolué au fil du temps, et elle a subi l'influence de l'environnement social, économique, théologique et politique.
Par ailleurs, les décisionnaires qui se sont penchés sur le Talmud
Le Talmud représente l'ouvrage de base du judaïsme rabbinique."> pour y trouver des réponses aux problèmes de leur époque l'ont parfois fait en sachant par avance quelles réponses ils voulaient trouver, cherchant donc dans les textes une justification a posteriori de décisions qu'ils pensaient justes et nécessaires. En outre, la loi s'est aussi inspirée de la Aggada qui relève pourtant plus de la poésie que du droit, ainsi que de nombreux courants de pensée issus par exemple de la philosophie, de la théologie ou de la Kabbale.
A quelques occasions, les Halakhistes eux-mêmes ont admis rendre une décision, non parce qu'elle découlait des textes, mais parce qu'elle s'imposait à eux : rendre une décision contraire aurait eu des conséquences néfastes pour le peuple juif.
Par la suite, le fait qu'un Halakhiste reconnu ait rendu cette décision apporte suffisamment de crédit à celle-ci pour qu'elle ait force de loi. Par exemple, Levi Ibn Habib (XVè siècle) déclare qu'il est interdit d'enseigner la doctrine de la réincarnation décrite dans la Kabbale, non parce qu'une telle interdiction existe, mais parce que les gens n'y sont pas habitués et cela jetterait le discrédit sur le Judaïsme.
Mais le plus souvent, les motivations extra-halakhiques sont implicites et moins évidentes à mettre en avant. Ainsi, la Aggada explique que les commandements sont au nombre de 613. En réalité, il y a beaucoup de plus que 613 Mitsvot dans la Torah, et pour retrouver ce chiffre il faut débattre pour savoir quel commandement est primordial, lequel est secondaire, et lequel doit être exclu de la liste. Pourtant ce chiffre a donné lieu à une immense littérature halakhique, ayant elle-même des répercutions sur la pensée juive.
Il semble donc indéniable que la halakha a fait preuve au fil des âges de diversité, de flexibilité et de créativité.
ConférenceUne conférence de Michaël Wygoda, Docteur en droit hébraïque
Héritage talmudique dans le droit moderne israélien
Tsav - élévation par le rite
Réflexion sur le Olah
« Voici la Torah de l'élévation : c'est l'élévation à partir de son foyer sur l'autel, toute la nuit jusqu'au matin, et le feu de l'autel brûlera en lui » (Lévitique 6,2).
Le mot Olah en hébreu est généralement traduit par un mot d'origine grec, « holocauste », qui signifie : « brûlé en entier ». Cela est effectivement le cas, puisque la Olah était un sacrifice qui devait être entièrement brûlé sur l'autel.
Mais le terme hébreu nous renvoie à une autre signification : celle de l'élévation. La modalité de cette élévation pour l'animal immolé était bien le fait qu'il monte en fumée vers le ciel. Autrement dit, qu'il se transforme et change radicalement de forme et de mode d'existence pour s'élever vers une nouvelle forme de vie entièrement consacrée à la Transcendance. Comme une sublimation vers le divin.
Mais attention : cet acte réel accompli par le prêtre était un acte rituel, symbolique. Il ne s'agissait pas d'affirmer que l'animal ainsi consacré devenait divin ! Aharon le prêtre serait alors retombé dans les égarements du veau d'or, cet animal brillant comme un feu que le peuple avait pris pour un dieu, pour la médiation par excellence qui seule pouvait le mener à la Transcendance et remplacer Moïse et ses exigences.
La médiation rituelle ne peut donc être réelle que parce qu'elle est symbolique, et renvoie dans le plein qu'elle donne à voir à un vide et une absence qui nous interpelle et nous demande à … nous élever nous aussi par-delà l'évidence de ce qui est vers l'interpellation et l'appel de ce qui n'est pas mais exige à travers nous d'advenir.
Car cette élévation rituelle nous rappelle que nous aussi, nous devons par le rite et le symbole, élever quotidiennement le quotidien par-delà sa platitude vers les sommets de la rencontre avec la Transcendance.
Autrement dit, il n'y a pas de geste futile, d'acte vain : tout instant demande de nous élévation et attention, rigueur et amour, patience et passion. Mais cette élévation vers l'humain par et à travers nos actes, n'est jamais une divinisation : l'élévation se fait toujours à partir du foyer physique qui la porte et à partir duquel elle peut s'élancer. C'est pourquoi la fin du verset nous rappelle que le feu doit sans cesse brûler sur l'autel, à partir de l'autel, et ainsi nous aider à traverser la nuit de notre déréliction : lorsque la lumière se fait rare, et même exceptionnelle, parce que la nuit et ses rapines ont envahi le monde entier, alors il faut préserver cette flamme de l'autel où nous apprenons la dure discipline d'élever chaque acte vers un sens qui s'y cache et qu'il ignore, vers la fragile présence d'une Face qui nous attend et qui attend cette élévation pour donner sens et lumière au monde.
Yedidiah Robberechts
Chronique absurde du monde juif
Face à la cascade de faits pour le moins curieux, choquants, délirants, mais parfois réjouissants ou simplement amusants au sein du judaïsme et du monde juif qui arrivent à notre connaissance, voici une nouvelle rubrique. Chronique juive de l'absurde ou curiosités diverses.
Le but n'est pas de salir le judaïsme que nous défendons bien entendu, mais de relever certaines dérives que nous dénonçons, de relever des faits divers amusants et d'informer tout simplement. Nous sommes contre la langue de bois et l'apologie. Cette chronique n'exclue nullement tous les faits positifs qui se passent dans le monde juif et que nous signalons également dans d'autres articles.
Israël : les femmes vont parler au cimetière
Il y a quatre ans, lors des funérailles de son père, le savant Prix d'Israël Yeshayahu Liebman, l'avocate rabbinique (donc femme religieuse orthodoxeorthodoxe
orthodoxes"> érudite qui a le niveau d'un rabbinrabbins"> ) Rivkah Lubitch, s'était fait interdire de prononcer un discours devant la tombe de son père. En effet, les orthodoxesorthodoxe
orthodoxes"> ont peu à peu imposé des règles drastiques lors des enterrements en Israël : séparation des sexes, éloignement des femmes du coeur de la cérémonie et bien sûr silence de ces femmes. Heureusement, des femmes courageuses se sont révoltées contre le rabbinat orthodoxeorthodoxe
orthodoxes"> et ces mesures. Rivkah Lubitch a ainsi attaqué le rabbinat auprès de la Cour Suprême et a gagné. Certes, il est trop tard pour dire le discours pour l'enterrement de son père, mais elle a fait bouger les choses : le rabbinat a cédé et donné l'ordre de laisser parler les femmes lors des funérailles... La lutte est donc utile et doit continuer...
(avril 2012)
Le Juste pas kashercasher
cachere"> pour le cimetière
Wladyslaw Kowalski est un Juste héros de guerre polonais qui sauva une cinquantaine de Juifs durant la Shoa. Parmi les Juifs qu'il a sauvé, se trouvait sa future épouse, Leah Bucholtz. Ils émigrèrent après la guerre en Israël. Peu de temps avant de mourir, il demanda qu'on ne l'éloigne pas des Juifs, qu'on l'enterre "parmi eux".
C'était sans compter avec le rabbinat orthodoxeorthodoxe
orthodoxes"> intraitable sur cette question. Sauver des vies, c'est formidable, mais ce n'est pas une raison pour vouloir reposer auprès des morts et encore moins sa femme ! Heureusement, il existe en Israël des cimetières alternatifs et le rabbinat orthodoxeorthodoxe
orthodoxes"> n'a pas tous les pouvoirs, pour Wladyslaw Kowalski la solution fut au kibboutz (il gagne au change car le cimetière minuscule y est beaucoup plus joli que les immenses cimetières urbains anonymes). Le pire dans cette histoire, c'est que cette règle de séparation des tombes n'est pas une règle clairement établie, mais un minhag souvent contourné en diaspora...
Cet homme fut un héros, nos rabbinsrabbins"> lui en sont infiniment reconnaissant (n'en doutez pas)... Mais qu'on se rassure, les mêmes rabbinsrabbins"> ont exactement la même politique de rejet avec les soldats de Tsahal morts au combat demi-Juifs ou autre... Risquer sa vie et même mourir pour le peuple juif est une excellente idée, mais pour le reste, débrouillez-vous tout seul... On a honte parfois de son judaïsme ou plus exactement de certains rabbinsrabbins"> ...
(avril 2012)
Moïse le palestinien
Un universitaire palestinien (pauvres étudiants...) a doctement expliqué à la télévision palestinienne que Moïse était musulman et que la sortie d'Egypte était la première libération armée de la Palestine. Pourquoi se gêner ? Dayenou...
Du néo-nazisme au néo hassidisme
Pawel Bromson a grandi en Pologne, devenu skinhead, il vandalisait les lieux de mémoire juive et terrorisait les juifs, les arbes, les noirs qu'il croisait avec ses copains skins. "Je n'étais pas seulement antisémite", estime Pawel, "j'étais anti-tout". Sa vie a changé quand, avec sa jeune femme, il visite un institut de généalogie en Pologne.
Son épouse pensait avoir "des racines juives", mais quelle ne fut pas leur surprise lorsque dans les documents, ils découvrirent le nom des grands-parents maternels dans un registre des familles juives de Varsovie. Se confrontant à ses parents, ceux-ci finirent par reconnaître leur ascendance juive.
Pawel fut tout d'abord anéanti par sa découverte : " j'étais persuadé que ma vie était finie, c'était une catastrophe".
Comme beaucoup de familles juives qui ont survécu à la Shoah, sa famille avait tue ses origines pour mettre ses enfants à l'abri d'éventuelles persécutions futures.
Bromson a fini par accepter la réalité et commencé un voyage de découverte de sa nouvelle identité, se mettant à fréquenter la synagogue en ayant de longues discussions avec son rabbinrabbins"> . Aujourd'hui, il est devenu un HabadLoubavitch
Chabad"> (LoubavitchLoubavitch
Chabad"> ) militant... Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.
Refus de Sefer Tora
Un groupe de Juifs américains religieux égalitaristes, clients d'un hôtel (dans un Kibboutz), s'est réuni dans une salle de l'hôtel pour la prière de shabbat, mais s'est vu refuser l'usage d'un sefer Tora de l'hôtel par le rabbinrabbins"> surveillant qui considéra la lecture égalitaire (hommes et femmes montent à la Tora) comme une profanation… Si les Juifs américains arrêtaient de venir en Israël polluer la terre sainte de leurs pratiques déviantes, le rabbinrabbins"> de l'hôtel serait-il satisfait ? Rien d'étonnant en tout cas, face à ce genres d'incidents qui deviennent de plus en plus courants, que les jeunes juifs américains ont une image de plus en plus négative d'Israël (ce que montrent les dernières enquêtes d'opinion aux USA)… (mars 2012)
Les supporters du Betar Jérusalem
Mars 2012 : Ils étaient 300 jeunes supporters, après un match victorieux pour Jérusalem contre Tel-Aviv… Ils ont déboulé dans le centre commercial Malkha tout près du stade et ont insulté les arabes travaillant sur place… Mais ceux-ci ont répondu et mis en fuite les supporters...
Les supporters du Betar Jérusalem, c'est un peu l'équivalent de ceux du PSG, ils sont connus pour leur bêtise, leur racisme et les incidents réguliers…
En 2006 : Suan Abbas membre de l'équipe nationale israélienne, capitaine du Bnei Sakhnin (club arabe israélien), avait marqué le but israélien contre l'Irlande en éliminatoires du Mondial 2006. Quelques jours plus tard, les fans du Betar lui hurlaient ce message de la tribune : « Ce n'est pas parce que tu as marqué avec l'équipe d'Israël qu'il faut te croire Israélien. »
L'Emir du Qatar devrait acheter le Betar Jérusalem et fusionner avec le PSG…
Ce qui est douteux, c'est que cette info, certes choquante mais sans réelle portée internationale, a été largement annoncée sur tous les médias français en grand titre… On a l'impression que cela fait du bien au journaliste français moyen de montrer que des Juifs sont racistes, juste après l'affaire de Toulouse… Il n'y a pas d'affaires de supporters débiles ailleurs dans le monde ?
La semaine suivante, le mouvement Massorti
C'est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l'idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n'a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées."> israélien a manifesté avec une centaine de militants des droits de l'homme en soutien à ces employés arabes molestés :
"Si l'inverse était arrivé, —si des Arabes avaient attaqué des juifs— plusieurs centaines de personnes auraient été emprisonnées", ont déclaré des protestataires. Les manifestants sont ensuite entrés dans le centre commercial où ils ont offert des fleurs aux travailleurs arabes.
Minyane égalitaire à la Knesset
Une délégation de rabbinsrabbins"> massorti
C'est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l'idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n'a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées."> a été reçue à la Knesset. L'heure de Minha (prière de l'après-midi) arrivée, ils furent dirigés vers la synagogue de la Knesset qui abrita, une fois n'est pas coutume, un minyane égalitaire. Les députés orthodoxesorthodoxe
orthodoxes"> déplorèrent sans condamner. Même la synagogue de la Knesset reste un lieu démocratique, ouf !
(janvier 2012)
Homosexualité, où commence et finit l'orthodoxieorthodoxe
orthodoxes"> ?
Aryeh Ralbag, Grand rabbinrabbins"> d'Amsterdam (mais réside à New-York) figure parmi les 180 rabbinsrabbins"> et "thérapeutes de la santé mentale" à avoir signé la "Déclaration sur l'approche de la Torah vis-à-vis de l'homosexualité", déclaration qualifiant l'homosexualité de "style de vie inacceptable" et de "maladie curable".
Les administrateurs de la communauté juive viennent de suspendre le Grand rabbinrabbins"> d'Amsterdam de ses fonctions, "La signature du rabbinrabbins"> Ralbag peut donner l'impression que la communauté juive orthodoxeorthodoxe
orthodoxes"> d'Amsterdam partage son opinion", ont déclaré les représentants de la communauté dans un communiqué. "C'est absolument faux. Les homosexuels sont les bienvenus dans la communauté juive d'Amsterdam".
Le Rabbinrabbins"> Ralbag n'a, selon lui, fait qu'indiquer la position de la Torah sur la question de l'homosexualité. "C'est du jamais vu qu'un Grand rabbinrabbins"> exprime une opinion halachique ou un point de vue de la Torah et soit suspendu", a-t-il déclaré à un journal juif.
Le problème de la position du rabbinrabbins"> Ralbag, c'est que les études sur l'homosexualité ne vont pas en ce sens. Il est illusoire de vouloir changer des gens pour qui l'homosexualité est une identité profonde. Le mouvement massorti
C'est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l'idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n'a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées."> a mis du temps à le comprendre, mais a finit par admettre que la meilleure marche à suivre est d'accepter les homosexuels sans leur infliger des mesures humiliantes et des souffrances inutiles.
(janvier 2012)
Lynch (mais pas grave, ce n'est qu'une femme) :
Une jeune femme native et habitante de Beit Shemesh vient dans le quartier orthodoxeorthodoxe
orthodoxes"> en voiture durant la semaine afin d'accrocher des annonces pour une loterie locale (c'est son travail). Les annonces n'ont rien de provoquant, ne contiennent que du texte et le sujet est neutre. Elle est vêtue correctement, mais pas selon les normes orthodoxesorthodoxe
orthodoxes"> . Elle descend de sa voiture, près de la synagogue (lieu de passage propice à mettre ce genre d'annonces) et commence à accrocher ses papiers. Un homme harediHaredi"> d'un certain âge l'insulte « shiktsé » « trainée, dévergondée » en la menaçant… elle décide de battre en retraite et remonte dans sa voiture. Immédiatement, une bonne dizaine d'hommes en noir accoure de tout côté, ils entourent la voiture et jettent des pierres et du liquide (il s'avérera que c'était de l'eau de javel), la pauvre jeune femme est terrorisée et pense que c'est de l'essence. Des vitres de la voiture sont brisées à coup de pierres, les pneus crevés… La jeune femme supplie, pleure « je vais partir, je suis juive comme vous » (sous entendu choquant qui laisse supposer que dans sa tête être arabe justifierait un tel comportement). Elle appelle au téléphone son frère au secours, qui viendra la sauver…
(janvier 2012)
« La victoire en priant, nous ouvre la barrière, la Tora guide nos pas… »
Le ministre de l'Intérieur et vice premier ministre Eli Ishaï (Shass) (déjà ministre et membre du Cabinet au moment de la seconde guerre du Liban) déclare : « Si Tsahal a échoué durant la seconde guerre du Liban, alors qu'elle a si bien réussit durant la guerre des six jours, c'est qu'alors les soldats allaient se battre en levant les yeux vers leur Père qui est au ciel, tandis que pour la seconde guerre du Liban ils ne priaient pas assez ! Ce qui sauve le peuple juif et lui donne la victoire ce sont les étudiants de la Tora… » Ces déclarations sont une insulte à la mémoire des soldats tués au Liban et un scandale dans la bouche d'un ministre. Mais il oublie que beaucoup plus de religieux (kipot srougot) servent dans les unités combattantes aujourd'hui qu'en 1967 et que le nombre d'étudiants professionnels de la Tora (haredimHaredi"> ) a énormément augmenté depuis 1967. Non seulement son affirmation est indécente, mais elle est ridicule, se contredit elle-même et démontre combien le discours harediHaredi"> classique sur la Tora au service de la défense israélienne repose sur un fantasme et non une réalité établie. C'est d'autant plus affligeant qu'Eli Ishaï a été parmi ceux qui ont décidé cette seconde guerre du Liban dans la précipitation et sans préparation suffisante. Il ferait mieux de s'inquiéter d'être un ministre efficace que de raconter des salades. Précisons que le ministre s'est excusé, notamment face aux protestations des familles endeuillées. Comme l'a dit un humoriste : « voici la solution pour ne pas être tué à la guerre : prier, étudier la Tora et surtout ne pas servir dans Tsahal… » (janvier 2012)
Divorce religieux homosexuel :
Un couple d'homosexuels israéliens se sont mariés au Canada. Israël reconnait les mariages fait à l'étranger par accord international. Même si le mariage homosexuel n'existe pas en Israël, les voilà mariés. Problème, ils veulent divorcer. Leur dossier est donc parvenu au bureau des divorces entre Juifs, c'est-à-dire le rabbinat orthodoxeorthodoxe
orthodoxes"> … Affaire que ni le Talmud
Le Talmud représente l'ouvrage de base du judaïsme rabbinique."> , ni les Tossafot n'avaient imaginée ! Les rabbinsrabbins"> vont donc devoir se casser la tête pour décider comment divorcer ce couple. Peut-être vont-ils chercher à les réconcilier d'abord comme le veut l'usage en cas de divorce ?
(décembre 2011)
Nostalgie
Un rabbinrabbins"> harediHaredi"> de Jérusalem décide qu'un magasin ne doit pas vendre des supports mp4 (pourquoi exactement, sans doute parce que le mp4 est moins pudique que le mp3…). Le fait est que le magasin incriminé est pris d'assaut par une foule de haredimHaredi"> voulant tout casser. L'un des assaillants est arrêté par la police, jugé, condamné à 2 ans de prison… Le jour où il doit entrer subir sa peine, les haredimHaredi"> organisent une grande manifestation de protestation contre ce qu'ils considèrent comme une persécution contre eux. Plusieurs ont la géniale idée de défiler avec une étoile jaune sur des pyjamas rayés… Pourquoi se gêner ?
(décembre 2011)
Drame de Toulouse
Solidarité et réflexion.
Comme tous les Juifs du monde et bien entendu les Juifs de France, nous sommes très choqués par l'attentat contre l'école juive Otsar HaTora de Toulouse.
Nous exprimons notre solidarité avec les familles des victimes.
- Le rabbinrabbins"> Jonathan Sandler 30 ans.
- Arieh Sandler, 5 ans.
- Gabriel Sandler, 4 ans.
- Myriam Monsonego, 7 ans.
Un adolescent de 17 ans a été grièvement blessé en essayant de protéger les enfants et reste hospitalisé.
Par ailleurs nos pensées vont également aux familles des soldats français assassinés par le même tueur fanatique ainsi qu'au soldat blessé qui se retrouve tétraplégique.
La haine antijuive reste vivace ; le fanatisme religieux est le terreau malsain sur lequel poussent les mots assassins qui deviennent parfois des actes, comme chez ce fanatique musulman antisémite.
Le mouvement massorti
C'est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l'idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n'a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées."> est solidaire de ses frères juifs meurtris et prône le dialogue et la mesure pour éradiquer la haine de l'autre. Face à l'obscurité et l'obscurantisme, nous devons ajouter de la lumière et de l'intelligence.
Depuis des mois, nous avons dénoncé sur ce site le discours antijuif de certains responsables musulmans du proche orient. Ce discours est meurtrier et parvient partout grâce à internet. Ces proclamations de haine au nom de l'Islam ont porté leur fruit à Toulouse comme elles l'ont déjà fait ailleurs (Daniel Pearl égorgé parce que Juif, famille Fogel (Israël) massacrée y compris les enfants de 11 ans, 4 ans et 3 mois égorgés, affaire Ilan Halimi...) et devraient soulever un vent de rejet sans concessions de la part des musulmans modérés.
Nous espérons que, suite un drame aussi grave, on assistera à un véritable changement dans notre société avec des réactions lucides et courageuses pour développer la tolérance, le dialogue et l'estime mutuelle.
« Un homme religieux est quelqu'un qui embrasse Dieu et l'homme dans une seule pensée, une fois… toujours… qui ne supporte qu'aucun mal ne soit fait aux autres, sa plus grande passion est la compassion, sa plus grande force : son amour et son mépris du désespoir. » (rabbinrabbins"> Abraham Heschel biographie sur ce site."> )
A voir le poignant reportage sur la famille Sandler, leur dignité et leur humanité http://videos.tf1.fr/sept-a-huit/tu...
Nos rabbinsrabbins"> ont bien sûr été sollicités par les médias, voici entre autre les interventions de Yeshaya Dalsace au 19h00 de Public-Sénat
Le jour même du drame : http://www.publicsenat.fr/vod/le-19...
Après l'identification du tueur : http://www.publicsenat.fr/vod/le-19...
A lire sur ce même sujet :
La courageuse tribune du philosophe Abdennour Bidar
Antisémitisme au nom de l'Islam : http://www.massorti.com/Antisemitis...
Chroniques des actes antisémites : http://www.massorti.com/Chronique-d...
Prière dans les synagogues américainesUne prière a été spécialement composée à la mémoire des victimes de Toulouse
A Prayer for Toulouse
By Mark Greenspan - Conférence Rabbinique des Rabbinsrabbins"> Massorti
C'est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l'idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n'a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées.">
Today we begin preparation for Passover.
On Shabbat Ha-Hodesh,
We remember how our ancestors,
Enslaved and oppressed in Egypt,
Who set aside a lamb and prepared for the night when
God would pass through the land of Egypt,
Taking the first born of the Egyptians,
But sparing the firstborn of Israel.
We do not rejoice in the suffering of others
Nor do we gloat when violence
Touches those who hate us.
At the sea, we heard the Holy One rebuke the angels :
“My children drowned and you rejoice ?”
This day we mourn for Rabbi Jonathan Sandler,
A teacher and lover of our tradition,
Whose life was cut short by a despicable act of terror.
We remember his children and students
Who will never know the full joy of living a life a life of Torah ;
nor grow to adulthood and experience the fullness of life.
And we stand together,
Shaken by this act of callousness and cowardice,
We are aware that the borders of Israel
Do not end at the sea or the desert ;
They extend to our own back yards and our homes.
We must be vigilant in combating terror,
Neither cowering in fear nor drowning in hatred.
Remind us that
When one of our people is attacked,
We are all attacked,
And when one community is defamed
We are all defamed.
Teach others that hatred knows no boundaries ;
That silence is deadly ; and
But that no community should be judged
By the acts of an individual.
May the deaths of Rabbi Sandler and his students
Be a wakeup call :
What happened in Toulouse can happen anywhere
When we are complacent.
The only answer to hatred is justice and peace.
Antisémitisme au nom de l'Islam
Certains musulmans prônent ouvertement un antisémitisme virulent. C'est non seulement inquiétant car le discours a prise sur les personnes influençables, mais cela montre un terrible visage de l'Islam. Une autre triste chronique...
Face à la multiplication de déclarations musulmanes d'une rare violence, nous avons fait une petite recension. Nous avons cependant conscience que ces déclarations ne représentent pas l'ensemble de l'Islam, mais émanent d'extrémistes. Pas de généralité ni d'amalgame donc, mais une réelle inquiétude devant des prises de paroles récurrentes et d'une rare haine et violence.
Nous aurions pu également tenir compte des nombreuses attaques contre des chrétiens des pays musulmans pour qui la situation est de plus en plus précaire. Sans entrer dans ce recensement, nous ne les oublions pas cependant (En mars 2012, le Cheikh Abdul Aziz bin Abdullah, émetteur régulier de fatwas dans la région du golfe, déclarait : « il est nécessaire de détruire toutes les églises de la région. ») Nous ne parlons pas non plus des homosexuels régulièrement objets d'attaques virulentes.
Il faut enfin savoir que le monde musulman est loin d'être unanime sur toutes ces questions et que par exemple le pakistanais Shaykh-ul-Islam Muhammad Tahir-ul-Qadri condamna en 2010 sévèrement le terrorisme et le meurtre d'innocents, développant un argumentaire sur près de 600 pages.
Cette chronique a été commencée en 2011, en 2012 on abouti à un terrible passage à l'acte sur le sol français à Toulouse. D'autres faits violents pourraient être ajoutés (tuerie de la famille Vogel en Israël notamment). A relire ces lignes et ces prêches de fous de Dieu, on a froid dans le dos...
L'antisémitisme musulman est hélas une réalité dont nous devons tenir compte sans stigmatiser les musulmans modérés pris au piège de leurs extrémistes. (Nous saluons les musulmans contre l'antisémitisme dans un autre article http://www.massorti.com/Fraternite-... et ne faisons donc aucun amalgame).
Sarkozy un cochon, Mohamed Merah un lion
La scène se passe dans une mosquée en Algérie. Le prédicateur n'est pas n'importe qui puisqu'il s'agit d'Ali Belhadj, ancien Président et cofondateur du FIS – Front Islamique du Salut. A l'évocation de Mohamed Merah, un fidèle déchire publiquement son passeport français en faisant l'éloge du meurtrier, approuvé par le prédicateur et l'assemblée...
Le fidèle : Cheikh, voici ma façon de soutenir... J'aurais aimé le faire devant les ennemis d'Allah de la télévision France 24, et devant tous les infidèles. Je veux que Sarkozy, l'ennemi d'Allah, voie cela. J'ai la double nationalité. Sarkozy, qu'Allah te maudisse...
Il déchire son passeport français. Les fidèles : Allah Akbar... Allah Akbar...
Le fidèle affirmant détenir la double nationalité : Je fais cela en soutien à mon frère en islam, le moudjahid Mohamed Merah. Par Allah, c'était un lion, mes frères. Permettez-moi de vous dire, Cheikh, que ce n'est pas un kharijite. Par Allah, c'est un salafiste sunnite.
Par Allah, (Merah) n'était pas dans son tort, parce qu'il y a des fatwas de grands érudits qui le disent : s'ils tuent nos femmes, tuez leurs femmes, et s'ils tuent nos enfants, tuez leurs enfants.
Cheikh, il n'était pas dans son tort. Cheikh Ibn Al-Outhaymine a dit cela, et c'était un grand érudit, et Ibn Taymiyya, ainsi que beaucoup d'autres, l'ont dit avant lui. (Merah) était un homme craignant Dieu, et peu m'importe qu'on me dénonce.
Cheikh, permettez-moi de dire à ce Sarkozy : qu'Allah te maudisse, (espèce de) cochon ! Tu es (incompréhensible) juif. On te connaît très bien. J'ai vécu avec vous en France, vous les ennemis d'Allah. J'étais avocat, je défendais mes frères en islam. Permettez-moi de vous dire quelque chose. Je prie qu'Allah accorde le Paradis (à Merah). Sarkozy, cochon, qu'Allah glace ton sang dans tes veines.
Les fidèles : AmenAmen"> .
Ali Belhadj : Qu'Allah te bénisse...
Le net en folie
Des milliers de sites islamistes extrémistes, la plupart en arabe mais une vingtaine de sites est en français, ont gangrené la toile, mêlant antisémitisme virulent, théorie du complot et soutien au terrorisme. On y trouve des appels à la guerre sainte, à tuer les Juifs, des vidéo sordides notamment de décapitations...
« Lorsque les ennemis d'Allah placent leurs épées sur la gorge des musulmans et terrorisent leurs enfants et les personnes âgées... Alors il est obligatoire pour tous ceux qui en sont capables de les combattre, de répandre leur sang et de faire le djihad contre eux jusqu'à la libération complète de la Palestine et de tous les pays musulmans », peut-on lire sur Ansar al-Haqq, site islamiste français, citation du salafiste cheikh Sulayman al-'Ulwan.
Les opérations martyres sont encouragées : « Ô combien est notoire la différence entre celui qui se suicide parce qu'il est malheureux... et celui qui fait sacrifice de sa personne en se lançant dans l'opération -parce que sa foi et sa conviction sont fortes et qu'il désire donner victoire à l'islam en sacrifiant sa vie pour que la parole d'Allah soit la plus élevée ! »
La rhétorique présente les musulmans comme persécutés, foulés au pied par les Occidentaux, de la Palestine à la Tchétchénie. Un récit ponctué de photos dramatiques d'enfants blessés ou morts. La Palestine tient bien entendu une place de choix et la cause palestinienne est devenue l'étendard de l'islamisme (ce qui rejoint paradoxalement l'extrême gauche et les thèmes chers à la fête de l'Humanité).
La théorie du complot sert de combustible à la révolte et partout, ces fous de Dieu voient la main des Juifs.
En Tunisie "tuer les Juifs"
Environ dix mille manifestants se sont retrouvés pour demander l'instauration de la loi islamique, la Charia.
Estrades et amplificateurs ont été installés pour permettent aux leaders salafistes de scander leurs slogans, haranguer la foule.
Un cheikh salafiste appelle alors les fidèles à se "préparer pour tuer les juifs", la harangue se prolonge pendant de longues minutes. 26 mars 2012
Sur un mur de Tarbes... bien d'autres inscriptions dans ce style furent taguées...
Tuerie antisémite à Toulouse
19 mars 2012
Mohamed Merah, jeune français islamiste forcené, après avoir tué des soldats français (dont des musulmans) a voulu "venger les enfants palestiniens". Il arrive à l'entrée de l'Ecole juive de Toulouse (Otsar HaTora) et tire sur le maximum de personnes en en blessant plusieurs et tuant également.
Le rabbinrabbins"> Jonathan Sandler a été tué de sang froid avec ses deux fils Arieh, 5 ans, et Gabriel, 4 ans, et laisse une veuve enceinte et une petite fille. L'enseignant était natif de Bordeaux, où il a vécu avec ses parents.
Mohamed Merah a fait trois pas de plus pour aller chercher Myriam Monsonego, 7 ans, jusque dans la cour de l'école. Il l'a saisie par les cheveux, il a changé d'arme et lui a logé une balle dans la tête.
Le tueur est reparti, puis repéré, il fut abattu par la police quelques jours plus tard après un assaut très violent de l'appartement dans lequel il s'était retranché.
Lire à ce propos la courageuse tribune du philosophe Abdennour Bidar
Verser le sang pour l'amour d'Allah
Extraits d'une allocution publique du prédicateur saoudien Muhammad Al-Arifi, diffusée sur Al-Nas le 21 février 2012 :
Muhammad Al-Arifi : Il ne fait aucun doute que le fait de se consacrer au djihad pour Allah et la volonté de verser le sang, écraser des crânes et trancher des membres pour l'amour d'Allah et pour défendre sa religion constituent un honneur pour le croyant. Le fait de le savoir au fond de son cœur est une marque d'honneur, même si vous ne menez pas le djihad.
[...]
Si les musulmans appliquent les paroles d'Allah : "Combattez les infidèles près de chez vous, et qu'ils vous trouvent durs", et d'autres versets du Coran, comme le verset de l'épée, qui traitent de la lutte contre les infidèles et de la conquête de leur pays, indiquant qu'ils devraient adhérer à l'islam, payer la taxe de la jizya ou être combattus... Si les musulmans avaient mis cela en oeuvre, nous ne serions pas actuellement dans cet état d'humiliation.
Salafiste en France
Le Cheikh Yussuf Al-Qaradawi, salafiste convaincu, membre éminent des Frères Musulmans, justifie les attentats suicides et prône le meurtre des juifs :
"Tout au long de l'histoire, Allah a imposé aux [Juifs] des personnes qui les puniraient de leur corruption. Le dernier châtiment a été administré par Hitler. Avec tout ce qu'il leur a fait - et bien qu'ils [les Juifs] aient exagéré les faits -, il a réussi à les remettre à leur place. C'était un châtiment divin. Si Allah veut, la prochaine fois, ce sera par la main des musulmans."
Cet aimable monsieur vient de temps en temps prêcher sur le sol français... et collabore régulièrement à la télévision Al Jazira
Cancer
Allocution du prédicateur égyptien Hazem Shuman, diffusée sur Al-Rahma le 9 septembre 2011 :
Pourquoi, ô Messager d´Allah ? Parce que ces Juifs sont un cancer. Ces Juifs sont une catastrophe. Il n´y a pas une catastrophe au monde qui ne soit l´œuvre des Juifs. Ces Juifs sont un cancer dans le corps de la planète Terre, et si on les laisse faire, il se propagera et infectera le corps en entier. Se débarrasser de ces Juifs est une nécessité.
Le Mufti appelle au meurtre
Janvier 2012, la plus haute autorité religieuse palestinienne, le Mufti Muhammad Hussein, a présenté le meurtre des Juifs par les musulmans comme un but religieux de l'Islam. Ces déclarations ont eu lieu lors d'un événement célébrant le 47e anniversaire de la création du Fatah. Lors de son intervention, le Mufti a, entre autre, cité la Hadith :
« L'Heure [de la Résurrection] ne viendra pas jusqu'à ce que vous ne combattent les Juifs. Le Juif se cachera derrière les pierres ou les arbres, Puis les pierres ou les arbres appellent : « Oh Musulman, serviteur d'Allah, il ya un Juif derrière moi, viens le tuer. »
Le présentateur qui a introduit le mufti lors de la manifestation a lui-même réitéré une autre croyance qui dit que les juifs sont les descendants des singes et des porcs :
« Notre guerre avec les descendants des singes et des porcs (à savoir, les Juifs) est une guerre de religion et de foi. » http://palwatch.org/main.aspx?fi=15...
Discussion haineuse
Dans une émission diffusée sur la chaine télévisée « El Rahma » en Janvier 2009, deux cheikh musulmans discutent sur la légitimité de la judéophobie et que celle-ci est un devoir religieux !
Saïd Al-Afani : [Les Juifs] sont un peuple maudit, qui a suscité la colère d´Allah. Ils descendent des serpents et autres vipères, meurtriers de notre Prophète Mahomet, mort parce qu´empoisonné par une Juive. (…) Nous devons savoir que les Juifs sont les assassins des prophètes. Ils ont tué le prophète Yahya (Jean Baptiste) et le prophète Zakariya. Ils ont assassiné le vertueux prophète Yahya et ont présenté sa tête en cadeau à une prostituée israélite.
(…) Notre haine à leur encontre est basée sur des considérations purement religieuses, et n´est pas due à la terre pure et sacrée bénie par Allah, ou à Gaza…
Muhammad Abdel Salam : Pas seulement à Gaza… Saïd Al-Afani : …pas seulement à Al-Aqsa, etc. Nous les haïssons d´abord en raison de leur inimitié à l´encontre d´Allah, et parce qu´ils ont tué nos prophètes.
Muhammad Abdel Salam : Permettez-moi de préciser que c´est notre devoir de les haïr, dans le cadre de notre foi.
Saïd Al-Afani : Exact.
Muhammad Abdel Salam : Les gens ont tendance à tout confondre. Certains s´imaginent que le problème est territorial ou national, ou en rapport avec la mosquée Al-Aqsa bénie, mais le problème est beaucoup plus vaste : il relève de la foi. Nous sommes obligés de les haïr parce que c´est un peuple d´assassins, ennemi du bien et de l´islam.
Saïd Al-Afani : Les Juifs sont à l´origine de la Première et de la Seconde guerres mondiales. Quand le commandant américain a déclaré que le Japon avait accepté les conditions de la reddition, Rothschild l´Américain, ou plutôt Roosevelt l´Américain, a reçu l´ordre des requins juifs de lâcher la bombe sur Hiroshima et Nagasaki. Les Juifs étaient derrière la Révolution anglaise. Les Juifs étaient derrière la Révolution française. Les Juifs étaient derrière la Guerre de sécession de 1869-1866 [sic]. Les Juifs étaient derrière le Coup d´État de 1815 en France. Les Juifs étaient derrière la guerre entre la France et la Prusse. Les Juifs étaient derrière la montée du communisme. Karl Marx était juif. Les Juifs ont initié la guerre par le sexe. Mathilde la Juive a inspiré à Johnson la guerre de 1967, comme nous en informe Muhammad Hassanein Haykal. Les Juifs sont derrière toute la ruine et la destruction de ce monde.
Pièce de théâtre à GazaExtraits d´une pièce de théâtre présentée à l´université islamique de Gaza dans le cadre de festivités tenues en commémoration du fondateur du Hamas Ahmad Yassine. Le spectacle a été diffusé sur la télévision Al-Aqsa du Hamas, le 4 mars 2009 :
Un père juif : Nous, juifs, haïssons les musulmans. Nous aimons tuer les musulmans. Nous, juifs, aimons boire le sang des musulmans et le sang des Arabes. Etes-vous Arabes ? Etes-vous musulmans ? Je vous hais. Oui, je vous hais. Je vous hais afin de plaire à Dieu. Afin de plaire à Dieu… Afin de plaire à Dieu…
Shimon, son fils : Papa, je ne sais pas comment tu pourrais plaire à Dieu en sentant si mauvais. Tu n´as pas pris de douche depuis deux ans, et pourtant tu parles de plaire à Dieu…
Le père : Afin de plaire à Dieu… Shimon, mon fils, je voudrais t´apprendre quelque chose. Tu dois haïr les musulmans.
Shimon : Bien sûr que je les hais.
Le père : Tu dois boire le sang des musulmans.
Shimon : Mais mélange-le avec de l´eau gazeuse.
Le père : J´ai parlé au rabbi : tu dois haïr les musulmans, afin de plaire à Dieu.
Shimon : Ne t´inquiète pas, papa.
Le père : Très bien, mon fils. Je voudrais aussi te rappeler que tu dois haïr les musulmans.
Shimon : Mais je hais les musulmans !
Le père : Tu dois boire le sang des musulmans.
Shimon : D´accord, mais juste une tasse, parce que je suis plein.
Le père : Très bien, mon fils. Dieu sera content de toi. Viens, mon fils, je veux que tu pries. Tiens-toi près de moi et prions.
(…)
Je te dis de te tenir près de moi et de prier.
Shimon : Je reviens dans une minute.
Le père : Où vas-tu ?
Shimon : Faire mes ablutions.
Le père : Quoi ?!
Shimon : Je vais faire mes ablutions. Tu ne voulais pas prier ?
Le père : Les ablutions sont pour les musulmans. Nous n´en voulons pas.
Shimon : Ils font leurs ablutions à l´eau.
Le père : Nous devons nous laver les mains avec le sang des musulmans.
http://www.netmailermrk.info/ecrm/I...
Sermon du vendredi sur la télévision du Hamas le 3 avril 2009 : "Si Allah veut, les Juifs seront exterminés jusqu´au dernier".
Enquête sur l'antisémitisme musulmanSur ce sujet, un livre :
Titre : Enquête sur l'antisémitisme musulman. De ses origines à nos jours
Auteur : Philippe Simonnot
Editeur : Michalon
C'est par un florilège de propos violemment antisémites distillés par la presse arabe que s'ouvre le dernier livre de Philippe Simonnot. Longtemps chroniqueur au Monde, ce professeur d'économie du droit a publié une vingtaine d'ouvrages. Sa précédente enquête, Juifs et Allemands. Préhistoire d'un génocide, lui avait valu une question qu'il craint à nouveau d'entendre : "De quoi se mêle-t-il ?"
Saisi comme chacun par l'horreur, il n'était animé que par une seule question : "Comment cela a-t-il pu arriver ?" Aujourd'hui, l'auteur craint ce qu'il appelle "une possibilité d'horreur du XXIe siècle". Quand il explique qu'il avait voulu dans son précédent essai nous rappeler que "pour plusieurs générations de Juifs allemands au XIXe et au début du XXe siècle, l'Allemagne était perçue comme le nouvel Israël" et qu'il veut, dans celui-ci, nous "rappeler que pour plusieurs générations de Juifs en pays musulmans, l'Islam était devenu la patrie du judaïsme", le parallèle fait froid dans le dos.
Ce sont les fils d'une histoire de quatorze siècles qui sont ici dénoués, depuis la mise en place du statut de dhimmi qui assurait au Juif protection, mais également mépris, jusqu'à son renversement à la faveur de nouvelles alliances que le musulman ne lui pardonnera pas.
Un regret cependant. L'avant-dernier chapitre aurait dû faire un peu de place au débat suscité par les "nouveaux historiens" israéliens. Se référant au livre d'Ilan Pappe, Le nettoyage ethnique de la Palestine, l'auteur semble minimiser la façon dont s'est traduit, cinq mois avant la proclamation de la création de l'Etat d'Israël, le refus arabe du plan de partage de la Palestine voté par l'Assemblée générale des Nations unies.
Le neveu du mufti de Jérusalem (le chapitre précédent est consacré à la collaboration de son oncle avec Hitler) prit à ce moment la tête d'"opérations d'embuscades et d'attentats tandis qu'un ancien officier ottoman, ex-mercenaire pronazi, mit sur pied l'Armée de libération arabe, composée d'Arabes de Palestine, d'anciens SS bosniaques, de phalangistes espagnols et d'anciens soldats allemands" (cf. Géopolitique d'Israël de Frédéric Encel et François Thual). Les transferts de populations qui avaient été depuis longtemps envisagés, dès les années 1920 et même avant, prirent alors la forme, dans certains villages, d'exactions inacceptables et condamnables. C'est un fait. En aucun cas une idéologie.
(Cette critique du livre de Philippe Simonnot est de Jérôme Serri dans le Magasine Lire)
Mort aux Juifs et à l'AmériqueExtraits d'un sermon du vendredi délivré à Gaza et diffusé sur la télévision Al-Aqsa le 2 décembre 2011.
Prédicateur : Notre étendard est "Il n'y a pas d'autre Dieu qu'Allah" ; notre slogan : "Allah est le plus grand" (...) et notre mantra est : "Mort aux Juifs et à l'Amérique". (...) Le prophète a dit : Le Jour du Jugement n'arrivera pas tant que vous n'aurez pas combattu les Juifs - vous à l'est du fleuve et eux à l'ouest. Alors les pierres et les arbres diront : "Ô musulman, ô serviteur d'Allah, il y a un Juif derrière moi : viens l'abattre."
Elles ne diront pas : "Ô musulman occidentalisé…" Elles ne diront pas : "Ô musulman ignorant de sa religion…" Elles diront : "Ô musulman, ô serviteur d'Allah, il y a un Juif derrière moi : viens le tuer." Bientôt vous entendrez les pierres et les arbres crier : "Allah Akbar" et dire : "Ô musulman, ô serviteur d'Allah, il y a un Juif derrière moi, viens le tuer."
Source : MEMRI
Voir également l'article sur le Hamas antisémite http://www.massorti.com/21-Hamas-et...
Ou encore La chronique des affreux (longue liste d'agression antisémites) http://www.massorti.com/Chronique-d...
Le sacré de la vie humaine
La Torah nous ordonne des sacrifices animaux, mais elle nous interdit des sacrifices humains, quels qu'ils soient, et quelle que soit la cause pour laquelle on voudrait croire devoir les sacrifier.
Toute vie humaine a été donnée par Dieu, et donc voulue par lui, et ne saurait donc être reprise sans s'opposer au divin lui-même, et sans profaner son Nom.
Le droit se doit de traduire dans ses attendus cette inviolabilité de la vie humaine, et de la protéger contre toute dérive politique, idéologique ou religieuse.
Le problème, c'est que certains voudraient s'arroger le droit de parler au nom de Dieu, et de décider à sa place qui a le droit de vivre et qui doit mourir.
Plutôt que de laisser le droit flotter dans le ciel de l'idéal et de l'universel qui nous dépasse tous, et transcrire ainsi pour nous un appel de la Transcendance qui nous échappe et peut ainsi nous unir dans la recherche de la justice, ils pensent pouvoir s'accaparer l'appel divin, le réduire à un contenu politique précis qui définit exactement qui sont les bons et qui sont les méchants.
Sûrs de leur bon droit et de la non-humanité des méchants, ils arment ainsi leur bras sans trembler et en viennent à tuer sans pitié et sans remords. Ce fondamentalisme là nous guette tous lorsque nous arrêtons notre jugement sur une personne ou une nation, et la réduisons ainsi à ce que nous en pensons, à l'idée que nous nous en faisons.
C'est ce fondamentalisme qui doit être combattu, en nous et hors de nous, parce qu'il défigure le visage de l'humain, profane le Nom divin, et cherche à détruire ce monde que Dieu a créé. Il n'est qu'un autre visage de l'idolâtrie, où le divin est arraisonné dans une image et une représentation que je m'en fais, réduit à ce que je pense, dis ou fais.
C'est pourquoi tout texte divin doit nous échapper et nous transcender dans son appel. Et c'est ce que nous rappelle le premier verset du livre central de la Torah : Vayiqra. En effet, le premier verset de ce livre commence ainsi : « Il appela Moïse ».
Qui est ce « Il » ? Qui appelle Moïse ? Si le texte avait voulu nous le faire savoir, il aurait dit : « Le Nom appela Moïse », par exemple. Il ne l'a pas fait.
Nous ne saurons donc jamais qui a appelé Moïse, nous ne pourrons jamais maîtriser d'une quelconque façon la source de l'appel. Elle nous dépasse infiniment, et c'est pourquoi elle nous appelle infiniment.
Cela veut dire que quoi que nous fassions, nous ne saurons jamais si nous répondons précisément à cet appel. Il doit continuer à retentir infiniment en nous, à travers notre étude quotidiennement renouvelée de cette source de vie qu'est le Torah. Alors nous agirons, car nous sommes appelés à agir et à prendre nos responsabilités face à cet appel. Mais agissant, nous tremblerons, car nous ne serons jamais sûrs que la manière dont nous répondons à cet appel est à la hauteur de cet appel. C'est pourquoi nous devrons toujours rituellement et quotidiennement demander pardon de nos actes.
Et c'est parce que cette tâche est grande et impérieuse – celle de faire surgir au creux de nos actes l'humain qui cherche à naître et que Dieu appelle de ses voeux – que nous continuerons à envoyer nos enfants à l'école, pour qu'ils y apprennent la vie, et que nous continuerons à être parents et enseignants, pour chercher à transmettre cette vie si précieuse, avec ses valeurs qui la traversent et la portent vers un appel infini.
Yedidiah Robberechts
(mars 2012)
Place à l'intelligence
Cette double lecture semble répéter ce qui a été déjà dit dans Teroumah et Tetsaveh.
A quelques détails près, et ce sont ces détails qui sont signifiants. Par exemple, alors que Dieu avait ordonné à Moïse de d'abord construire l'arche, la table et la menorah, et ensuite le sanctuaire, Betsal'el a décidé de commencer par le sanctuaire, pour ensuite y introduire l'arche, la table et la menorah.
On peut apprendre de cela deux choses. D'abord que la Transcendance ne désire pas une obéissance aveugle, brute, mécanique, mais au contraire une écoute attentive qui face à l'exigence divine prend en compte les conditions de possibilités d'application sur le terrain de la volonté divine, et la monnaye en fonction de ces conditions et de leur évolution.
Autrement dit, la réception humaine du message divin se doit d'être active : l'exigence divine ne doit pas s'imposer telle quelle, mais doit rebondir sur le désir humain qu'elle appelle et suscite pour le faire émerger à sa propre responsabilité et à sa propre dynamique dans le temps et dans l'histoire, pour que puisse être mise en œuvre véritablement la notion d'alliance.
C'est le fondement de la Torah orale dans le Judaïsme.
Ensuite, que la réalisation n'égale pas le projet, même si elle s'en approche beaucoup : il y a toujours une distance entre l'un et l'autre, fût-ce comme dans un miroir, où l'un renvoie à l'autre, mais à l'envers et en creux.
Et cela permet peut-être de comprendre un des sens possibles du sacrifice, qui en hébreu se dit qorban, ce qui peut aussi se traduire par approche et approximation : toute approche de l'idéal divin ne reste finalement au niveau humain qu'approximation de cet idéal, qui demande dans son faire même à être relancée vers un mieux qui n'est pas encore.
C'est peut-être un des sens du fameux Naaseh venichma, nous ferons et nous écouterons (Exode 24, 7). C'est-à-dire que notre faire comme approximation de l'idéal devra relancer notre écoute et notre désir par-delà toute satisfaction et saturation de l'idéal dans un accomplissement, pour que ce projet puisse continuer à retentir en nous comme un appel vivant et actuel.
Yedidiah Robberechts
14/03/12
Conférences sur Vayakel Pekoudé
Voici des commentaires sur cette parashaParacha
Parashot"> par nos divers rabbinsrabbins"> .
Quel Temple pour aujourd'hui ? Par le rabbinrabbins"> Alain Michel
Conférence à retrouver sur Akadem http://www.akadem.org/sommaire/seri...
Les habits du Cohencohanim"> De nos jours le Cohen n'a plus qu'un rôle honorifique dans le judaïsme."> Gadol : unifier et bénir. Par le rabbinrabbins"> Rivon Krygier
Conférence à retrouver sur Akadem http://www.akadem.org/sommaire/seri...
Se rassembler et agir. Par le rabbinrabbins"> Floriane Chinsky
Conférence à retrouver sur Akadem http://www.akadem.org/sommaire/seri...
Cuisine juive
La cuisine juive joue un rôle central dans la transmission du judaïsme.
Il existe des règles de kashroutCachrout
כשרות"> qui régulent la cuisine juive. Pour mieux les comprendre, voir la rubrique kashrout
Nous donnons ici quelques recettes de cuisines. Vous voulez fournir les vôtres, nous les envoyer yeshaya@massorti.com
Oeufs hachés aux onionsGehackte zibbele
Un must de la cuisine ashkénaze... Recette très très facile, pratique, bon marché, (eh oui !!!) préparable à l'avance, faisable en petite quantité ou par saladiers entiers pour des centaines de convives.
Ingrédients
pour 6 à 8 personnes
9 gros œufs (c'est vrai, ce n'est pas pratique, alors si vous êtes au régime…6 œufs, (une boîte) si vous n'avez pas encore de cholestérol et pouvez manger des œufs hachés pendant plusieurs jours, ne lésinez pas et mettez deux boîtes…. va pour 12 œufs….)
un gros oignon
de la mayonnaise. (autrefois on mettait du schmaltz (de la graisse d'oie), mais en ces temps de souci diététique…contentons-nous de mayonnaise)
du sel et du poivre.
Préparation
Cuire les œufs pour qu'ils soient parfaitement durs, carrément dix minutes à l'eau bouillante s'ils sortent du frigidaire. Une fois cuits, les passer sous l'eau froide et enlever la coquille.
Les raper tous les 9 (ou douze ou cinquante) dans un saladier, en utilisant une rape à grands trous. On ne fait pas de minuscules filaments mais des longs copeaux un peu plus épais.
Eplucher le gros oignon, le couper en très petits carrés. Si vous aimez l'oignon cru, mettez la totalité de l'oignon, si vous appréciez peu l'oignon mettez plutôt une échalote elle aussi coupée en petits carrés ou contentez-vous d'un demi gros oignon. De toute façon vous allez pleurer en confectionnant vos œufs hachés, mais par la suite vous ne regretterez rien ! Ajouter un peu de sel, de poivre, les petits carrés d'oignon aux œufs râpés, bien mélanger. (ne pas hacher les œufs, ni surtout l'oignon avec un robot car ça les écraserait trop) on reste manuels, comme dans le temps jadis !!! Savlanout !!! (patience !!)
Pour lier l'ensemble, ajouter 5 ou 6 cuillerées à soupe de mayonnaise. N'exagérez pas en remplissant trop vos cuillères à soupe dans le sens de la hauteur….doucement sur la mayonnaise ! il sera temps d'en rajouter un peu si vous trouvez l'ensemble trop sec.
Prenez une fourchette, écrasez les œufs (déjà rapés), à la main, n'oubliez pas !!! écrasez donc, tout en les mélangeant avec les oignons et la mayonnaise afin d'avoir un tout bien jaune, mais pas trop lisse. C'est tout !!!
Présentation
Mettez quand même, un peu d'ordre pour que votre saladier soit présentable, que la surface soit plane…comme c'est délicieux mais pas très joli, je décore souvent la surface avec une fleur fabriquée avec une mini-tomate et une olive dénoyautée noire ou verte. On enfonce l'olive en plein centre du saladier, ce sera le cœur de la fleur, et on fait avec la tomate cerise des petits quartiers qui seront les pétales de la marguerite, si on est puriste, on peut ajouter une petite tige et feuille en aneth ou en persil…
On mange les œufs hachés tels quels ou bien sur de la hallah à Shabbat, ou sur du pain suédois croquant.
On peut aussi faire de petites assiettes individuelles ou des petites coupelles avec une grande feuille de salade au centre de laquelle on dépose une petit (ou un grand) monticule d'œufs hachés.Régalez-vous, ça fait des générations qu'on savoure les œufs hachés à Shabbat !!!
Elido
Tarte au fromage blancConseil (du chef) :
La faire à l'avance, la veille, sinon elle va s'écrouler quand on la coupe. Prendre un moule à bord très haut ( 6cm), elle monte énormément pendant la cuisson.
Ingrédients :
• pâte à tarte brisée
• 700g de fromage blanc à 20% (ne pas prendre du 0%, sinon c'est acide)
• 2 grosses cuillères à soupe de farine
• 3 cuillères à soupe de lait ou de crème légère
• 4 cuillères à soupe de sucre
• 3 gros oeufs (ou 4 petits)
• 1 sachet de sucre vanillé
Éventuellement : ajouter de la fleur d'oranger, cela nous éloigne des saveurs alsaciennes, mais ça se marie bien
RéalisationÉtaler la pâte à tarte et la placer dans le moule.
Préchauffer le four (à 170°c)
Mélanger le sucre et la farine.
Séparer les blancs des jaunes d'oeufs.
Ajouter les jaunes d'oeuf au sucre et à la farine : bien « faire blanchir ».
Ajouter le fromage blanc et le lait/crème légère, bien homogénéiser.
Ajouter le sucre vanillé.
Monter les blancs en neige
Mélanger (doucement) la préparation aux blancs en neige
Cuire à 50 minutes environ à 170 °c (pas trop chaud, sinon le dessus noircit mais la tarte n'est pas cuite).
Celine Katz-Cohencohanim"> De nos jours le Cohen n'a plus qu'un rôle honorifique dans le judaïsme.">
Gateau au citronParvé
Toutes les maman Juives de la terre sont à la recherche de gâteaux parvé pour accompagner le repas de Shabbat....
voici donc une recette facile et simple donnée par mon amie Sophia.
Pour 6 personnes au régime ou pour 3 ou 4 gourmands.
115 grammes de margarine (la sortir du frigidaire avant pour qu'elle soit molle ou lui donner un petit coup de micro-onde pour la ramollir)
150 gr de sucre
175 gr de farine à gâteaux
2 gros oeufs entiers
le zeste rapé d'1 citron (garder le citron ou ce qu'il en reste....pour la suite)
4 grosses cuillérées à soupe de jus d'orange
1 pincée de sel
mélanger le tout au batteur à oeufs pendant 3 minutes pour que la pâte soit bien lisse.
Margariner un moule ou introduire dans un moule du papier sulfurisé dans lequel on versera la pâte, l'objectif final étant de pouvoir sortir le gâteau....sans le massacrer....
Faire cuire au four à 180° pendant 40 à 45 minutes selon le four... vérifier au bout de 40mn que ça ne brûle pas..... Sortir, laisser refroidir
Attention, ce n'est pas fini.....
Une fois le gâteau refroidi, le piquer de partout avec une fourchette pour faire des trous, et verser dans les trous le jus du citron (dont vous avez rapé le zeste) aditionné de 100 gr desucre glace. Pour bien dissoudre le sucre glace dans le jus de citron, réchauffer un peu la mixture, puis verser le tout sur le gâteau dont les trous vont recueillir le jus et rendre votre gâteau qui ainsi imbibé deviendra délicieusement moelleux.
Eloigner les enfants de la cuisine afin que le gâteaux survive jusqu'à Shabbat... il accompagnera avantageusement une grosse salade de fruits.
Elido
Gâteau de PessahIngrédients:5 œufs. 250 g de poudre d'amandes. 225 g de sucre. 175g d'huile d'arachide. 1/2 flacon d''extrait d''amande amère
Préparation:battre au mixer les œufs et le sucre jusqu'à obtention du " ruban "( toutes les pâtissières connaissent...)
À vitesse moindre mélanger l'huile,la poudre d'amandes,l'extrait d''amande amère Verser dans un moule à biscuit rond ou autre mais où la préparation ne sera pas trop "plate" ,tapissé de papier cuisine ,au four à 170° pendant 40 minutes.
(Pour que ce gâteau soit kashercasher
cachere"> pour Pessah, on prendra soin de n'utiliser que des ustensiles kashercasher
cachere"> pour Pessah et un four kashérisé...)
Recette de Josiane Sultan
Absence de chef
Médiation et transcendance, quand le drapeau remplace la méditation.
Moïse tarde à descendre du Sinaï. Et le peuple ne supporte pas cette absence du Maître.
Il lui faut un dirigeant tout de suite, sous peine de se liquéfier, et de perdre toute consistance. Il n'y a rien de pire en effet pour une nation que la vacance du pouvoir. Elle est tout simplement terrifiante, car elle risque de voir le peuple se dissoudre dans une anarchie complète, sans plus d'orientation structurante, ordonnante et pacifiante.
Le peuple se tourne alors vers Aharon, le frère de Moïse, non pour lui demander une idole, mais pour lui demander des dirigeants qui remplaceraient Moïse. Le mot « dieux » utilisé par le peuple signifie en effet dans certains cas (Exode 22, 8) les juges, c'est-à-dire ceux qui ont la capacité de structurer et d'orienter la conduite du peuple (cf. la lecture d'Abraham ibn Ezra). C'est pourquoi la demande du peuple est ainsi formulée à Aharon : « Lève toi, fais-nous des « dirigeants » (Elohim) qui marchent devant nous, car cet homme – Moïse – qui nous a fait monter de la terre d'Egypte, nous ne savons pas ce qui lui est arrivé » (Exode 32,1).
Et Aharon s'exécute, car rien dans cette demande ne semble illégitime – et tout laisse à penser que, comme le suggère le peuple, Moïse est mort, après quarante jours passés sur la montagne sans manger ni boire ! Il faut donc un nouveau dirigeant, et ce sera un veau d'or…
Jusqu'ici, rien de répréhensible : car si l'acte d'Aharon avait abouti immédiatement à la création d'une idole, il aurait mérité la peine de mort, et sûrement pas de devenir le premier grand-prêtre de l'histoire d'Israël !
Le veau d'or n'est donc pas a priori une idole. Il est comme une constitution ou un drapeau : ce en quoi un peuple reconnaît son unité et qui lui permet d'envisager un avenir viable, parce qu'il lui rappelle ce qu'il vise : la Transcendance.
C'est ce qui permettra à Aharon de dire après la fabrication du veau d'or : « Fête pour la Transcendance demain ! » (Exode 32, 5). Ce veau n'empêche donc pas ipso facto le service de la Transcendance…
Où est donc la faute ? Car faute il y a, et elle va être durement réprimée dans la suite (Exode 32,28).
La faute n'est pas d'instaurer une médiation entre le peuple et la Transcendance pour qu'il puisse retrouver un principe organisateur et directeur.
Non. La faute tient dans l'ambiguïté de cette médiation, qui ouvre la possibilité d'une méprise, c'est-à-dire de l'idolâtrie. Et c'est là une des grandes leçons de ce texte : la médiation, aussi juste et justifiée qu'elle paraisse dans son intention, risque toujours d'être mal comprise et de virer à l'idolâtrie, c'est-à-dire de se voir divinisée. Voilà pourquoi nous ne sommes jamais sortis de cette tentation, et voilà pourquoi on a fait porter la responsabilité de la fabrication de ce qui deviendra une idole à Aharon le prêtre ! Tout le travail du prêtre – et de la religion – se construit au creux de cette tentation, et doit sans cesse lutter contre elle pour viser la sainteté.
Quelle est donc la faute ? Au moment où une partie du peuple (3000 personnes) se mettent à dire : « Voici tes dirigeants (dieux) Israël qui t'ont fait monter de la terre d'Egypte » (Exode 32,4). Le peuple pense apparemment que la force qui a fait agir Moïse lors de la sortie d'Egypte, est désormais présente dans le veau d'or, et remplace complètement la médiation de Moïse : un nouveau Moïse remplace l'ancien, avec une nouvelle loi !
Oui mais voilà : Moïse de son vivant – et même dans sa mort – n'a jamais accepté cette divinisation de la médiation dont il aurait pu faire l'objet. Il a toujours protesté et rendu à la Transcendance ce qui lui revenait : sa transcendance…
C'est pourquoi la médiation de Moïse suppose une grande part d'absence (40 jours !) pour pouvoir se réaliser. Ce n'est pas le cas du veau d'or qui se laisse diviniser sans broncher – en ruminant peut-être…
C'est pourquoi le principe de la médiation doit rester humain, et donc mortel, pour ne jamais être divinisé.
La médiation religieuse est là pour témoigner d'une Transcendance qui la dépasse et qu'elle ne contient pas, malgré le clinquant de son or et l'évidence de sa présence. Elle renvoie à un Autre qu'elle-même, à un appel éthique qui résonne en elle mais qui la dépasse de l'infini de son appel.
C'est parce que le peuple n'a pas été capable d'affronter l'ambiguïté de cette médiation par l'absence, que les prêtres vont se voir chargés à sa place du gardiennage de cette délicate médiation vers l'Infini et vers son appel.
Yedidiah Robberechts


