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Mis à jour : il y a 8 heures 35 min

Vente du Hamets, une pratique à bannir

mar, 04/04/2017 - 12:39

Une remise en question de la pratique très répandue dans le cadre familial de la vente du Hamets avant Pessah. A mon avis, il faut éliminer physiquement le Hamets et bannir cette pratique hypocrite et halakhiquement contestable de la pseudo-vente du Hamets. Voici pourquoi. Par Yeshaya Dalsace

Sommaire L'interdit du Hamets à Pessah.

En dehors de l'interdit strict de la consommation durant toute la semaine de Pessah, même en quantité infinitésimal (sur la base d'Exode 12.15), il existe un double interdit : voir chez soi ou trouver chez soi tout Hamets (sur la base d'Exode 12.19 et 13.7).

Le Hamets est une des cinq céréales (le blé, le seigle, l'avoine, l'orge et l'épeautre) ayant fermenté sous forme solide ou liquide. Dès que de la farine ou des grains sont au contact de l'eau ou d'un autre liquide plus de 18 minutes, on obtient du Hamets.
L'idée du ménage de Pessah est l'élimination systématique de tout Hamets et levain de la maison et dépendances. On ne doit ni en trouver chez nous, ni en voir… Il y a derrière ce rite l'idée d'un renouvellement total, d'un nouveau départ, car il faudra une fois la fête passée retrouver du levain et réamorcer la chaine de la fermentation.

Il y a là une formalisation très importante de l'idée de liberté, fondement de Pessah.

Curieusement, au cours de l'histoire juive, s'est installée l'habitude de ne pas éliminer le Hamets, mais de le vendre… Au lieu de terminer les aliments Hamets à temps, de programmer convenablement la fête, de se débarrasser de ce qu'il reste, c'est-à-dire de se "libérer" de l'emprise du Hamets, on met tout cela dans un placard que l'on "vend" et que l'on ouvrira à nouveau après la fête… Non seulement on ne fait pas l'effort de se "détacher" de son Hamets, en le donnant à un non-juif (qui sera ravi du cadeau surtout s'il est pauvre et ce n'est pas les pauvres ou les banques alimentaires qui manquent de nos jours) ou en le détruisant si nécessaire ; mais surtout on risque fort de transgresser l'interdit biblique de ne pas posséder de Hamets durant la fête et de transgresser après la fête l'interdit rabbinique de consommer du Hamets demeuré en possession d'un Juif (Hamets sur lequel est passé Pessah חמץ שעבר עליו הפסח) pour une raison simple : cette vente, instituée par nos sages Sages Ce terme dans les textes juifs désigne en général les rabbins du Talmud (six premiers siècles de l'ère courante). On dira "les sages" ou "nos sages". C'est la traduction d'une expression hébraïque : "H'azal" qui veut dire "nos sages de mémoire bénie". pour ceux qui n'avaient pas d'autre solution, reste douteuse.

Avant d'entrer dans les détails, il me semble évident que sauf cas exceptionnel où il est impossible de faire autrement, dans un cadre professionnel ou de stocks importants, on ne devrait pas vendre son Hamets, mais l'éliminer.

Historique de la vente du Hamets :

La source première qui signale le fait de vendre est dans la Tossefta Tossefta "rajout" : ensemble de matériel législatif (baraïtot*) de l'époque tannaïtique, comprenant des législations qui ne sont pas inclues dans la Michna*. La Tossefta suit l'ordre de la Michna et fut rédigée une génération plus tard. (3e siècle) Pessahim 2.12 :

"Un Israël qui a avec lui du Hamets et un non-juif voyagent en bateau, le Juif peut vendre ou donner en cadeau le Hamets au non-juif. Il pourra le reprendre (ou le racheter) après Pessah, à la condition que ce soit un véritable don (ובלבד שיתנו לו במתנה גמורה)."

La Tossefta Tossefta "rajout" : ensemble de matériel législatif (baraïtot*) de l'époque tannaïtique, comprenant des législations qui ne sont pas inclues dans la Michna*. La Tossefta suit l'ordre de la Michna et fut rédigée une génération plus tard. ajoute qu'on peut même conditionner un prix élevé en tenant compte que ce sera racheté après Pessah, mais la vente doit être effective. Maïmonide Maimonide
Rambam
Maïmonide Moshe ben Maimon, Rabbin, médecin, philosophe et halakhiste. 1138 Cordoue - 1204 Fostat. L'une des plus grandes figures de la pensée juive incarnant un rationalisme aristotélicien. Son apport essentiel consiste en une conciliation de la science et de la religion qu'il expose dans son "Guide des perplexes" et une systématisation de la Halakha qu'il expose dans son code "Mishné Tora". Très contesté de son vivant, son œuvre fut même vouée à l'anathème par certains rabbins. Précurseur de la modernité juive. Une référence incontournable.
(Hilkhot Hamets oumatsa 4.6) reprend exactement cette expression afin d'exiger une vente parfaite et non fictive.

On voit bien, qu'il s'agit d'une situation d'urgence, lors d'un voyage en bateau, et non d'une situation normale comme c'est le cas le plus souvent de nos jours.
Amram Gaon Gaon
Gueonim
Geonim "Génie". Maîtres du judaïsme du 9ème au 11ème siècle en Babylonie et Israël. Leur œuvre est très importante dans la mise en place d'une norme halakhique.

Ne pas confondre avec le Gaon de Vilna immense personnalité rabbinique qui vécut au 18ème siècle.
(décisionnaire du 9e siècle à Bagdad) autorisa effectivement une telle vente à la condition qu'elle fut exceptionnelle et réelle, c'est-à-dire que le non-juif prenne possession physique du Hamets et l'apporte chez lui. Alors le Juif peut récupérer le Hamets après la fête en le rachetant. (Otsar Hagueonim Pessahim)
Il est clair que cette vente, réelle et non fictive, c'est-à-dire que l'acheteur peut décider pendant Pessah de faire ce qu'il veut avec ce Hamets et que le Juif ne le possède nullement durant la fête, ne fut imaginée par les rabbins rabbin
rabbins Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
que dans des cas exceptionnels où un Juif ne pouvait se permettre de faire autrement et qu'il ne saurait s'agir d'une "ruse".

Par contre, le Hamets d'un non-juif qui serait en dépôt dans la propriété d'un Juif, il n'y aurait pas de problème et le Juif peut conserver ce Hamets chez lui à la condition de placer un obstacle devant. Mais il est clair qu'une vente fictive ne suffit pas à transférer la propriété.

Au moyen-âge, on sait qu'exceptionnellement la vente du Hamets se pratiquait, mais elle était réelle et non conditionnelle, même si le Juif assurait le non-juif qu'il viendrait racheter la marchandise une fois la fête passée. Là encore, le non-juif pouvait, durant la fête, en faire comme bon lui semblait. On a d'ailleurs des témoignages de Juifs bien embêtés, car le non-juif est parti avec la marchandise et impossible de la récupérer après la fête, mais ce n'est nullement un vol…

Le rabbin rabbin
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Israël Isserlin (15e siècle), autorise la vente même symbolique, c'est-à-dire qu'il est clair que le Juif récupérera son Hamets après la fête et que le non-juif aura un petit profit de l'affaire, mais sans rapport avec la valeur réelle du Hamets. Cependant, il y voit un cas exceptionnel pour aider celui qui s'occupe professionnellement de Hamets et à la condition que ce soit tout de même un don véritable et que le Hamets ne reste pas dans le domaine du Juif. (Troumat Hadeshen 120)

Le Shoulkhan Aroukh Shoulkhan Aroukh Un des grands codes de la loi juive, compilation faite par Yossef Karo (16ème siècle) qui y résume le Tour. Yossef Karo a voulu rendre accessible à tous la Loi. Ouvrage de référence mais discuté, notamment par le Rama dans des gloses ajoutées au texte même. Yossef Karo est également l'auteur du Beit Yossef, sa plus grande œuvre plus difficile d'accès. OH 448.3 (16e siècle) signale bien évidemment cette pratique, mais précise bien que le Hamets n'est plus dans la maison du Juif durant la fête, mais chez le non-juif et qu'il existe toujours la possibilité de ne pas le récupérer.

Par la suite, face à la difficulté de déménager de grandes quantités de Hamets (là encore dans un cadre professionnel) on autorisa à louer la pièce pleine de Hamets d'un Juif à un non-juif, mais là encore, cela restait exceptionnel, le non-juif avait libre accès à la dite pièce et on lui remettait la clé. Puis on commença aussi à prendre des libertés avec l'idée de laisser la clé…

Il est clair que l'apparition de l'aire industrielle, d'usines alimentaires, de conserves, la capacité de conserver de gros stocks de nourriture et les nombreux Juifs travaillant dans la production comme dans la distribution de denrées alimentaires a posé des problèmes considérables. Ce qui était jusque là qu'une exigence familiale, éliminer le peu de Hamets en notre possession, devenait un véritable casse tête pour tout Juif ayant des intérêts dans le secteur alimentaire. C'est pourquoi les rabbins rabbin
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se sont efforcés, avec raison, de trouver des solutions viables. Ce qui n'empêchait d'ailleurs nullement les mêmes Juifs qui vendaient leur Hamets industriel, d'éliminer strictement le Hamets de leur maison familiale.

Mais comme souvent, quand on ouvre la porte à une facilité nécessaire pour quelques uns, la foule s'engouffre dans la brèche… C'est ainsi que la vente du Hamets est devenu peu à peu une pratique familiale des plus courantes. Les rabbins rabbin
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ont peu à peu proposé à tout un chacun de vendre le Hamets, mais certains rabbins rabbin
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désaprouvaient. C'est ainsi, qu'entre autres, le Gaon Gaon
Gueonim
Geonim "Génie". Maîtres du judaïsme du 9ème au 11ème siècle en Babylonie et Israël. Leur œuvre est très importante dans la mise en place d'une norme halakhique.

Ne pas confondre avec le Gaon de Vilna immense personnalité rabbinique qui vécut au 18ème siècle.
de Vilna (18e siècle) s'éleva contre la vente du Hamets en train de se répandre à son époque. Il considérait que seule une vente véritable était valable et il interdisait même dans les semaines après Pessah d'acheter tout pain ou bière chez des Juifs par crainte de consommer du Hamets de vente fictive !

De nos jours, la pratique est devenue si courante que les synagogues proposent des actes de vente au grand public à remplir et renvoyer au rabbinat quelques jours avant Pessah et c'est même devenu faisable par internet… On a l'impression que c'est même devenu une norme incontournable et rares sont les protestations. Par exemple, le rabbin rabbin
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Eliezer Waldenberg (20e siècle) autorise certes la vente du Hamets, mais précise bien qu'il vaut mieux le détruire (Tsits Eliezer 20.51).

Or voilà à quoi on aboutit : les gens rassemblent dans un placard de la cuisine leur quelques rogatons de pâtes, biscuits et autre chapelure ou encore un vieux fond de whisky, ils y ajoutent tout ce qui leur pose problème même si pas Hamets comme la farine (que l'on peut garder sans vente), ils mettent un joli scotch sur le placard qu'ils s'empresseront de rouvrir une fois la fête passée. Beaucoup, pensant que le placard suffit, ne font même plus de vente ! Quand ils sont un peu scrupuleux, ils vendent cela en remplissant un document qui n'a aucune valeur marchande ou juridique et reste un subterfuge de la Halakha Halakha Loi juive religieuse basée sur le Talmud et les décisionnaires rabbiniques. Littéralement cela veut dire "marcher", la marche à suivre ou la loi en mouvement... Il existe de nombreux débats jurisprudentiels dans la Halakha qui n'est pas un système uniforme. créé pour les cas extrêmes. Le Hamets de tous ceux qui ont signé un vague papier que personne ne lira est ainsi vendu par le rabbinat, on ne sait pas à qui, certes une personne bienveillante qui ne sait nullement ce qu'elle "achète" et ne saurait d'ailleurs avoir accès à quoi que ce soit de son prétendu achat ! Je voudrais voir la tête de nos bons Juifs si "l'acheteur" débarquait chez eux prendre possession de son bien ! Tout le monde sait que c'est du bidon, vendeur, rabbin rabbin
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et acheteur... Le judaïsme se ridiculise et on continue quand même !

On a même des gens qui font le ménage très correctement et ne gardent aucun Hamets, mais vendent quand même "au cas où"… Un véritable délire, car aucune vente d'un objet inexistant ou en quantité infinitésimale et non consommable (comme des miettes dans les fentes du parquet) n'a de sens et de toute façon, la formule d'annulation prononcée à la veille de Pessah (on la trouve au début de toute bonne Agada de Pessah) suffit amplement comme le précise bien Maïmonide Maimonide
Rambam
Maïmonide Moshe ben Maimon, Rabbin, médecin, philosophe et halakhiste. 1138 Cordoue - 1204 Fostat. L'une des plus grandes figures de la pensée juive incarnant un rationalisme aristotélicien. Son apport essentiel consiste en une conciliation de la science et de la religion qu'il expose dans son "Guide des perplexes" et une systématisation de la Halakha qu'il expose dans son code "Mishné Tora". Très contesté de son vivant, son œuvre fut même vouée à l'anathème par certains rabbins. Précurseur de la modernité juive. Une référence incontournable.
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Bref, Pessah n'est plus la fête de la liberté, du rite qui libère, mais de la libération du rite, de l'aliénation à l'hypocrisie et à la petitesse humaine…

Personnellement, je trouve qu'en dehors des cas de professionnels de l'alimentaire, qui doivent alors s'adresser directement à un rabbin rabbin
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pour organiser les choses le plus sérieusement possible, le reste n'est qu'une comédie grotesque qui n'a aucun sens.

Comme rabbin rabbin
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, je refuse de divulguer ces actes de vente fictive et j'incite les gens à faire l'effort de vivre un judaïsme sérieux, cohérent et a minima exigeant, notamment pour Pessah en se débarrassant physiquement de leur Hamets.

La problématique du gâchis (Bal Tashrit) :

Il existe un interdit de gâcher de la nourriture dans le judaïsme et on ne devrait pas jeter en vain un aliment, mais se soucier de le terminer ou d'en faire profiter celui qui est dans le besoin. Dans cet état d'esprit, il va de soi qu'avant Pessah, le mieux est de donner son excédent de Hamets. Mais si, faute de mieux, on est amené à le détruire ou le jeter, on ne transgresse pas vraiment l'interdit de Bal Tashrit, car celui-ci ne s'applique pas dans le cadre d'une mitsva bien définie. C'est ainsi qu'on peut par exemple détruire un vêtement lors d'un deuil en le déchirant ou casser un verre lors d'un mariage… Il n'y a donc pas de problème à jeter ou brûler du Hamets, même si on préfèrera toujours le donner.

Comment détruire :

En principe, on brûle le Hamets, ce qui de nos jours dans les villes est quasiment impossible, sauf exception. Mais on peut aussi le jeter tout simplement (penser à ce que les poubelles soient sorties avant Pessah). Personnellement, je programme de terminer et la semaine avant Pessah, on mange les restes de pâtes, etc… Je donne le maximum à des voisins non-juifs qui sont toujours content de ce geste. S'il reste quelque chose, je le jette (très rare, car même des biscuits ouverts peuvent être posés dehors pour les oiseaux). Je garde 10 petits morceaux bien emballés afin de pratiquer la recherche la nuit de la veille de Pessah avec les enfants. Le lendemain matin, je vais avec les enfants devant une bouche d'égout et je jette "solennellement" les 10 petits morceaux en récitant la formule d'élimination… Rien de bien compliqué. Et si je peux, je les brûle, mais ce n'est pas indispensable.

En Israël :

D'aucuns pensent que le retour en Israël devrait changer quelque chose, mais la problématique est absolument la même. Il n'y a pas plus de raison de garder du Hamets chez soi en Israël qu'ailleurs. On pourrait même collecter du Hamets avant la fête afin d'en faire cadeau à une banque alimentaire arabe ou à des voisins arabes, cela aurait l'avantage de rapprocher les cœurs et de rajouter un petit caillou à la difficile construction de la paix…

Pour ce qui est des très nombreux commerces, usines alimentaires, services de restauration, etc… La vente bien menée reste évidemment la solution et elle a été envisagée pour cela par nos sages Sages Ce terme dans les textes juifs désigne en général les rabbins du Talmud (six premiers siècles de l'ère courante). On dira "les sages" ou "nos sages". C'est la traduction d'une expression hébraïque : "H'azal" qui veut dire "nos sages de mémoire bénie". et largement pratiquée, à juste titre dans ces cas précis.

Cas de force majeur

Que ce soit bien clair, nos sages Sages Ce terme dans les textes juifs désigne en général les rabbins du Talmud (six premiers siècles de l'ère courante). On dira "les sages" ou "nos sages". C'est la traduction d'une expression hébraïque : "H'azal" qui veut dire "nos sages de mémoire bénie". ont mis en place la vente du Hamets afin d'aider, faute de mieux, ceux qui ne peuvent le détruire. Cette vente, aussi critiquable soit-elle en théorie, reste en pratique, dans bien des cas, la seule solution. Elle a été créée pour cela. C'est une fiction juridique, mais une fiction utile.

Une personne qui a un commerce de nourriture, une personne malade et sans aide pour se débarrasser de son Hamets, une personne en voyage (encore qu'elle pourrait donner son Hamets resté chez elle à son retour), un collectionneur de plusieurs bouteilles de vieux whisky… peut évidemment avoir recourt, faute de mieux, à la vente. La plupart des poskim (décisionnaires) l'envisage et la valide.

Cet article ne remet pas cela en cause, mais l'usage quasi systématique et habituel de cette vente par des gens qui pourraient très facilement faire autrement.

Yeshaya Dalsace rabbin rabbin
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et webmaster de ce site.

Le Maror pour le Seder Pessah

mar, 03/28/2017 - 17:59

Question : La plupart des Juifs (achkénazes) de la Diaspora utilisent du raifort comme « maror » sur le plateau du seder, tandis que la plupart des juifs israéliens utilisent de la laitue romaine. Quelle coutume est-elle la plus correcte ?

Réponse : La Torah nous commande de manger des herbes amères (merorim) à Pessah avec des pains azymes (matsot) et l'agneau pascal (Exode 12,8 ; Nombres 9,11), mais ne donne pas plus de détails. La Mishna Mishna
Michna Corpus juridique rabbinique du 3ème siècle. Divisé en 6 ordres. Somme de textes de la Tora orale. La Mishna représente la base du droit hébraïque. Elle donne lieu à un développement : le Talmud.
(Pessahim 2,6) énumère cinq plantes qui peuvent être utilisées comme maror. Les traductions entre guillemets sont basées sur les recherches du Prof. Yehudah Feliks et d'autres savants :

משנה מסכת פסחים פרק ב משנה ו
[ו] ואלו ירקות שאדם יוצא בהן ידי חובתו בפסח בחזרת ובעולשין ובתמכא ובחרחבינה ובמרור יוצאין בהן בין לחין בין יבשין אבל לא כבושין ולא שלוקין ולא מבושלין ומצטרפין לכזית ויוצאין בקלח שלהן ובדמאי ובמעשר ראשון שנטלה תרומתו ובמעשר שני והקדש שנפדו :

« Voici les légumes par lesquels une personne s'acquitte de son obligation à Pessah : hazeret (laitue romaine), ‘olchine (chicorée), tamkha (voir ci-dessous), harhavina (eryngium ou panicaut, une variété de chardon) et maror (sonchus oleracheus communément appelé laiteron maraîcher ou laiteron lisse. En arabe : murar)… »

Comme souvent dans les textes anciens, l'auteur de cette michna Mishna
Michna Corpus juridique rabbinique du 3ème siècle. Divisé en 6 ordres. Somme de textes de la Tora orale. La Mishna représente la base du droit hébraïque. Elle donne lieu à un développement : le Talmud.
et son public savaient exactement de quoi ils parlaient, mais les rabbins rabbin
rabbins Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
au cours des siècles ont été intrigués par la plupart de ces termes, les juifs ayant tellement voyagés qu'il leur était difficile de trouver des légumes correspondant.

Aujourd'hui, la pratique courante des israéliens est de manger le soir de Pessah de la laitue romaine (hazeret), tandis que les juifs achkénazes de diaspora ont tendance à manger du raifort, conformément à la façon dont le terme tamkha fut identifié à partir du XIVe-XVe siècles.

1. Hazeret est effectivement la laitue romaine

Comme le Prof. Yehuda Feliks et beaucoup d'autres l'ont fait remarquer, il n'y a aucun doute que le terme hazeret désigne la laitue romaine (par opposition à la laitue iceberg). Rachi rashi
Rachi Rabbin médiéval, Chlomo ben Yitshak, vécu en France du nord (1040-1105). Premier commentateur systématique du Tanakh et du Talmud
dans son commentaire sur Pessahim 39a l'appelle lituga, ce qui correspond à leituge en français médiéval. Le Talmud Talmud "Enseignement", ensemble littéraire comprenant la Michna de l'époque tannaïtique (3e siècle) et la Guemara (4-5e siècle), discussions des amoraïm à propos de la Michna. Le Talmud babylonien est à la base de tout le développement ultérieur de la loi juive. Le Talmud de Jérusalem fut terminé en Israël quelques génération plus tôt que le Talmud Babylonien.

Le Talmud représente l'ouvrage de base du judaïsme rabbinique.
de Babylone (ibid.) dit que hazeret est hassa (laitue), tandis que le Talmud Talmud "Enseignement", ensemble littéraire comprenant la Michna de l'époque tannaïtique (3e siècle) et la Guemara (4-5e siècle), discussions des amoraïm à propos de la Michna. Le Talmud babylonien est à la base de tout le développement ultérieur de la loi juive. Le Talmud de Jérusalem fut terminé en Israël quelques génération plus tôt que le Talmud Babylonien.

Le Talmud représente l'ouvrage de base du judaïsme rabbinique.
de Jérusalem (TJ) l'identifie comme hassin (Pessahim 2:5, fol. 29 c). Dans le TJ, on demande comment hazeret pourrait être maror si hazeret est sucré ? Rabbi Hiyya répond au nom de Rabbi Hoshaya : « tout comme le hazeret est doux au début et amer à la fin, ainsi [fut l'asservissement] que les égyptiens firent subir à nos ancêtres en Égypte. ». C'est le cas pour la laitue Romaine : douce au début, si vous la laissez mûrir en terre elle deviendra de plus en plus amère jusqu'à ce ne plus être comestible.

Les mots hassa et hassin en araméen sont équivalents à hassu en Akkadien, hassta en Syriaque et hash en Arabe.

Dans le Talmud Talmud "Enseignement", ensemble littéraire comprenant la Michna de l'époque tannaïtique (3e siècle) et la Guemara (4-5e siècle), discussions des amoraïm à propos de la Michna. Le Talmud babylonien est à la base de tout le développement ultérieur de la loi juive. Le Talmud de Jérusalem fut terminé en Israël quelques génération plus tôt que le Talmud Babylonien.

Le Talmud représente l'ouvrage de base du judaïsme rabbinique.
de Babylone (ibid.), Rabbi Ochaya dit : « mitsva bahazeret » ce qui signifie que la meilleure façon d'accomplir la mitsva de maror est de manger hazeret, de la laitue romaine.

2. Tamkha :

Tamkha est la seule des cinq plantes de la michna Mishna
Michna Corpus juridique rabbinique du 3ème siècle. Divisé en 6 ordres. Somme de textes de la Tora orale. La Mishna représente la base du droit hébraïque. Elle donne lieu à un développement : le Talmud.
, qui n'a pas été clairement identifiée.

Voici différentes hypothèses :

  • a. Tamkha serait le gingidium, une variété aujourd'hui disparue.

Dans le Talmud Talmud "Enseignement", ensemble littéraire comprenant la Michna de l'époque tannaïtique (3e siècle) et la Guemara (4-5e siècle), discussions des amoraïm à propos de la Michna. Le Talmud babylonien est à la base de tout le développement ultérieur de la loi juive. Le Talmud de Jérusalem fut terminé en Israël quelques génération plus tôt que le Talmud Babylonien.

Le Talmud représente l'ouvrage de base du judaïsme rabbinique.
de Babylone (Pessahim 39a), Rabba bar bar Hanna dit que tamkha en hébreu correspond à tamkhita en araméen ce qui, bien sûr, ne nous aide pas plus ! Le TJ (Pessahim 2:5, fol. 29c) dit que tamkha est gingidin. Le gingidium est mentionné par un certain nombre de scientifiques grecs célèbres. Pline l'ancien (23-79 c.e.) affirme que « les Syriens ont beaucoup de légumes. Ils plantèrent un légume, que certains appelèrent « gingidion », qui est très proche de « stapilinus » (une carotte pourpre), mais en plus léger et plus amère » (Naturalis Historia 20, 33, cité par Feliks, 5755, p. 81).

Dioscorides (40-90 c.e.) écrit que « Le gingidion a poussé en quantité en Sicile et en Syrie, c'est une petite plante, semblable au « pastinak » sauvage (le panais), mais en plus mince, avec une courte racine épaisse, blanchâtre et amère, à manger crue, bouillie ou découpée et c'est très bon pour l'estomac » (De Materia Medica 1, 167, cité Ibid.....)

Le Prof. Yehudah Feliks (Feliks, 5755) introduit un dessin de cette plante du sixième siècle dans l'un de ses articles (sic !), mais malheureusement nous ne pouvons plus identifier cette plante aujourd'hui. Nous pouvons seulement dire qu'elle appartient à la famille des Apiaceae, semblable à du panais. Il semblerait qu'elle n'était plus cultivée après la période Byzantine. Il ne fait aucun doute que c'est la bonne définition du tamkha talmudique.

  • b. Tamkha serait le cardon (ou chardon)

Le Rabbin rabbin
rabbins Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
Natan ben Yehiel de Rome (1035-ca. 1110) écrit dans son dictionnaire talmudique Ha'arukh (éd. Kohut, Vol. 8, p. 245), que tamkha est « cardo », qui est en fait le cardon. Pour le Prof. Feliks il s'agit de carduus argentatus ou chardon argenté, tandis que le Dr Schaffer, affirme que c'est cynara cardunculus appelé artichaut sauvage.

  • c. Tamkha serait le marrube

Rabbi Natan ajoute « et certains disent « marubio » ». Apparemment il s'agirait de marrubium vulgare plus communément appelé marrube. Tamkha a été également défini comme « marubio » par de nombreux richonim Rishonim
Richonim "Les premiers" : Rabbins commentateurs du Moyen Age (du 11ème au 16ème siècle). Leur rôle dans la mise en place du Judaïsme rabbinique en diaspora occidentale est essentiel. Ils commentent le Talmud et la Halakha. Les plus célèbres sont Rashi, Tossafot (élèves de Rashi), Maimonide, Nahmanide, Meiri, Baal Hatourim, ... Le dernier est Yossef Caro. Après lui on emploi le terme de "Ah'aronim" "les derniers".
et décisionnaires anciens :
En France : Rachi rashi
Rachi Rabbin médiéval, Chlomo ben Yitshak, vécu en France du nord (1040-1105). Premier commentateur systématique du Tanakh et du Talmud
(1040-1105, dans son commentaire sur Pessahim 39a) ; l'école de Rachi rashi
Rachi Rabbin médiéval, Chlomo ben Yitshak, vécu en France du nord (1040-1105). Premier commentateur systématique du Tanakh et du Talmud
(Hapardess, Ha'oreh, siddour Siddour
Sidour
Sidourim Livre de prière. Vient du mot "ordre" סדר, car le rituel doit être récité dans un certain ordre. Celui employé pour les fêtes s'appelle également Mahzor. Il existe des quantités de variantes, mais le principe est toujours le même dans toutes les communautés juives.
de Rachi rashi
Rachi Rabbin médiéval, Chlomo ben Yitshak, vécu en France du nord (1040-1105). Premier commentateur systématique du Tanakh et du Talmud
, Mahzor Mahzor Livre de prière pour les grandes fêtes. La liturgie des fêtes juives, en particulier Rosh Hashana et Kippour étant très différente du reste de l'année, un ouvrage particulier est nécessaire. de Vitry - voir Schaffer, note 18) ; Le Rabbin rabbin
rabbins Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
Moïse de Coucy (XIIIe siècle, Semag, Asin 41, fol. 118).

En Provence : Rabbi Yitzhak ben Abba Mari (1119-1190, Sefer Ha'ittur, Lemberg, 1860, partie II, fol. 54) ; Rabbi Aharon de Lunel (XIVe siècle, Orhot Hayyim, Florence, 1750, Seder Leil Pessah, parag. 10, fol. 79 a).

En Espagne : Rabbi Moché Halava (ca. 1350, Peirush Maharam Halava al Massekhet Pessahim, Jérusalem, 1966, p. 114) ; Rabbin rabbin
rabbins Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
Yosef Haviva (ca. 1400, Nimukei Yosef sur Pessahim, New York, 1960, p. 130).

En Achkénaze (Allemagne) : Rabbi Elazar de Worms (1165-1236, Sefer Harokeah, parag. 283) pour lequel le tamkha est « agrorn », qui est une altération de « andorn » qui signifie marrube en allemand.

En Italie : Rabbi Yehiel Anav et Rabbi Zidkiyahu Anav (XIIIe siècle, Tanya, ed. Baron, Jérusalem, 2011, parag. 47, p. 170 et Shiboley Haleket, éd. Buber, parag. 218, p. 184).

  • d. Tamkha serait le seris

Maïmonide Maimonide
Rambam
Maïmonide Moshe ben Maimon, Rabbin, médecin, philosophe et halakhiste. 1138 Cordoue - 1204 Fostat. L'une des plus grandes figures de la pensée juive incarnant un rationalisme aristotélicien. Son apport essentiel consiste en une conciliation de la science et de la religion qu'il expose dans son "Guide des perplexes" et une systématisation de la Halakha qu'il expose dans son code "Mishné Tora". Très contesté de son vivant, son œuvre fut même vouée à l'anathème par certains rabbins. Précurseur de la modernité juive. Une référence incontournable.
(1135-1204), dans son commentaire à notre Mishna Mishna
Michna Corpus juridique rabbinique du 3ème siècle. Divisé en 6 ordres. Somme de textes de la Tora orale. La Mishna représente la base du droit hébraïque. Elle donne lieu à un développement : le Talmud.
dans Pessahim (éd. Kafih, Vol. 2, p. 168) définit tamkha comme étant du « seris », un mot grec qui évoque une sorte de chicorée ou d'endive.

  • e. Tamkha serait le Meeretich ou raifort

Le Dr Arthur Schaffer montre (note 26) que le mot meeretich est une combinaison de meer = mer et retich = radis, un radis qui pousse près d'un cours d'eau.
Tous les savants modernes conviennent que le raifort n'était pas cultivé en Israël pendant la période talmudique. Son origine est en Europe de l'est où il est abondant et facilement cultivé même dans des climats très froids. Il n'est également pas amère, mais plutôt fort et piquant (harif). Apparemment il serait devenu populaire dans le seder en Allemagne et en Europe de l'est parce que la laitue était coûteuse ou difficile à obtenir.

Rabbi Eliezer ben Natan, le Ra'avan (1090-1170) est le premier dans la littérature rabbinique à mentionner dans sa recette de harosset, le « meeretich » non pas comme une herbe amère pour le maror, mais plutôt comme un ingrédient ! (Sefer Ra'avan, éd. Prague, 1610, fol. 74 b). Une mention similaire se trouve dans Sefer Harokeah par Rabbi Elazar de Worms (1165-1236 parag 284)

Le premier à dire que le tamkha est du raifort semble être Rabbi Meir Hakohen (Allemagne, ca. 1300), élève du Rabbi Meïr de Rothenburg, dans son Hagahot Maïmoniot, un commentaire sur l'œuvre juridique de Maïmonide Maimonide
Rambam
Maïmonide Moshe ben Maimon, Rabbin, médecin, philosophe et halakhiste. 1138 Cordoue - 1204 Fostat. L'une des plus grandes figures de la pensée juive incarnant un rationalisme aristotélicien. Son apport essentiel consiste en une conciliation de la science et de la religion qu'il expose dans son "Guide des perplexes" et une systématisation de la Halakha qu'il expose dans son code "Mishné Tora". Très contesté de son vivant, son œuvre fut même vouée à l'anathème par certains rabbins. Précurseur de la modernité juive. Une référence incontournable.
(Hilkhot Hametz Umatzah 7:13, note kaf). Cependant, cela peut avoir été ajouté par les copistes parce que chaque manuscrit de Hagahot Maïmoniot a une interprétation différente (voir Schaffer, note 45) et le premier à citer cette explication est le Rabbin rabbin
rabbins Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
Yozl ben Moshe dans son Leket Yosher (Berlin, 1903, p. 92) qui a été écrit plus de 150 ans plus tard.

Ainsi, le premier à recommander clairement à utiliser « meeretich », du raifort pour le seder fut Rabbi Alexander Susslin Hakohen (mort en 1349) dans son Sefer Ha'agudah bien qu'il ne le relie pas au tamkha : « J'ai vu mes maitres tenter d'obtenir de la laitue et s'ils n'en trouvaient pas, ils prenaient du « meeretich » » (éd. Brizel, Deom, Vol. 2, Jérusalem, 1968, p. 152). Rabbi Ya'akov Mollin, le Maharil (1360-1427), explique : « le sefer Ha'agudah écrit « meeretich », c'est-à-dire tamkha dans notre Michna Mishna
Michna Corpus juridique rabbinique du 3ème siècle. Divisé en 6 ordres. Somme de textes de la Tora orale. La Mishna représente la base du droit hébraïque. Elle donne lieu à un développement : le Talmud.
» (Responsa Teshouva
Teshouvot
Responsum
Responsa Décision halakhique d'un rabbin, certaines ont été écrites et compilées et servent de jurisprudence.
Maharil, n° 58, éd. Satz, Jérusalem, 1980) mais il semble que la référence à tamkha provienne du Maharil, et non de l'auteur du sefer Ha'agudah.

Une fois que le tamkha a été identifié comme le raifort, un autre problème surgit, débattu pendant des siècles. Rabbenou Tam (d. 1171) a statué qu'on ne pouvait pas utiliser une racine de plante pour le maror puisque la Michna Mishna
Michna Corpus juridique rabbinique du 3ème siècle. Divisé en 6 ordres. Somme de textes de la Tora orale. La Mishna représente la base du droit hébraïque. Elle donne lieu à un développement : le Talmud.
(Pesahim 2:6) établit que « on remplit l'obligation avec la tige » (cité par le Semag, Asin 41, fol. 118). Pourtant, la plupart des Juifs qui utilisaient le raifort comme maror mangeaient sa racine. Certaines autorités halakhiques interdisaient l'utilisation de la racine, d'autres disaient qu'on ne pouvait utiliser que les feuilles du raifort, et certains disaient que l'on ne pouvait utiliser les racines qu'en cas d'impossibilité d'utiliser autre chose (« bich'at hadhak »). Dans la Pologne du XVIIe siècle, on utilisait les feuilles du raifort pour manger le maror au seder et la racine uniquement pour korekh, le sandwich de Hillel. C'est parce que les feuilles étaient relativement rares, tandis que la racine était facilement disponible (voir Schaffer, pp. 231-236).

Au XVIIIe siècle, la coutume de consommer de la racine de raifort pour le seder s'était largement répandue. En 1822, le rabbin rabbin
rabbins Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
Moshé Sofer, fondateur du judaïsme Haredi Haredim
Haredi "Craignant [Dieu]" Fondamentalisme juif apparu au 19ème siècle en réaction contre la modernité. Toute nouveauté est à rejeter, en tout cas suspecte, sinon sur des détails techniques. Les Haredim sont assionistes, parfois radicalement antisionistes. Le reste du monde juif, y compris orthodoxe, est considéré comme déviant, à convertir ou à combattre. Pour s'en protéger, on évite au maximum le contact avec le monde extérieur. Ce fondamentalisme est rarement violent physiquement. Il existe pas mal de nuances et ce n'est pas un monde homogène. Ce monde ne manque pas de personnalités intéressantes et maintient une belle flamme de l'étude juive traditionnelle.
, a renforcé le statut du raifort en écrivant qu'il serait encore préférable à la laitue en raison de la difficulté de nettoyage des feuilles de laitue salies par les insectes ! Il est assez ironique que le rabbin rabbin
rabbins Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
Sofer préfère le raifort, dont nous savons maintenant que ce n'est n'est pas le tamkha, à la laitue qui est hazeret, la mitzvah de préférence !

Enfin, en Israël moderne, le raifort est appelé à tort hazeret alors que tous les commentateurs conviennent que cela signifie laitue !

3. La preuve visuelle

La plupart des érudits modernes qui ont écrit à ce sujet sont botanistes, ce qui pourrait expliquer pourquoi ils n'ont présenté aucune preuve visuelle sur ce qu'utilisaient réellement les Juifs comme maror pour le seder. Il semble toutefois qu'au moyen-âge les juifs achkénazes utilisaient de la laitue ou d'autres gros légumes feuillus tandis que les juifs séfarades utilisaient l'artichaut. Aucune des haggadot illustrées connues ne portent trace de l'usage du raifort (cf. Tabory, p. 266, note 56) :

La Haggadah dite des « têtes d'oiseaux » (Allemagne), environ 1300 : un légume feuillu vert, probablement de la laitue.

Haggadah de Yoel ben Shimon, British Library, Allemagne ou Italie du Nord, vers 1450, fol. 22 b (= la Haggadah de Schechter Schechter Schechter - R. Solomon (Roumanie, Allemagne, Autriche, Angleterre, Etats-Unis, 1847 - 1915). Un des fondateurs du mouvement Conservative aux Etats-Unis. Il doit sa célébrité à ses travaux de recherche à l'université de Cambridge sur la Gueniza du Caire. A partir de 1902 et jusqu'à sa mort, il fut le président du Jewish Theological Seminary en Amérique. , figure 27) : un gros légume vert feuillu, probablement de la laitue.

Yoel ben Shimon, JNUL, env. 1450 : un gros légume vert feuillu, probablement de la laitue.

Yoel ben Shimon, Haggadah de Washington, env. 1450, fol. 16a : un gros légume vert feuillu, probablement de la laitue.

Haggadah de Rothschild, nord de l'Italie, env. 1470, fol. 160a (= la Haggadah de Schechter Schechter Schechter - R. Solomon (Roumanie, Allemagne, Autriche, Angleterre, Etats-Unis, 1847 - 1915). Un des fondateurs du mouvement Conservative aux Etats-Unis. Il doit sa célébrité à ses travaux de recherche à l'université de Cambridge sur la Gueniza du Caire. A partir de 1902 et jusqu'à sa mort, il fut le président du Jewish Theological Seminary en Amérique. , figure 28.2) : un légume vert ovale.

Haggadah de Florsheim, Allemagne, 1502, fol. 17 : un gros légume vert feuillu, probablement de la laitue.

La Haggadah de Prague, 1526, une gravure sur bois en noir et blanc : un légume long et feuillu.

La Haggadah de Mantoue, 1560, une gravure sur bois en noir et blanc : un légume long et feuillu.

La Haggadah de Copenhague, 1739, fol. 18bis : un légume vert long, avec une tige.

La Haggadah de Sarajevo, nord de l'Espagne, après 1350, fol. 27a : un artichaut.

Haggadah de John Rylands, Catalogne, XIVe siècle, fol. 31b : un artichaut.

Haggadah des frères, Catalogne, XIVe siècle, fol. 18a (= la Haggadah de Schechter Schechter Schechter - R. Solomon (Roumanie, Allemagne, Autriche, Angleterre, Etats-Unis, 1847 - 1915). Un des fondateurs du mouvement Conservative aux Etats-Unis. Il doit sa célébrité à ses travaux de recherche à l'université de Cambridge sur la Gueniza du Caire. A partir de 1902 et jusqu'à sa mort, il fut le président du Jewish Theological Seminary en Amérique. , figure 28.1) : un artichaut

Résumé et Conclusions

Une étude sur la question laitue ou raifort avait déjà été publiée par le rabbin rabbin
rabbins Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
Zvi Hirsch Ashkenazi, le Hakham Zevi (Amsterdam, 1660-1718) dans sa responsa Teshouva
Teshouvot
Responsum
Responsa Décision halakhique d'un rabbin, certaines ont été écrites et compilées et servent de jurisprudence.
n° 119 :

שו"ת חכם צבי סימן קיט

לזכות את הרבים בענין מצות אכילת מרור ראיתי כי טוב להודיע שהחזרת השנוי במשנתינו ובלשון חכמים חסא שמצוה לחזור עליו כי הוא הראש וראשון השנוי במשנתינו הוא הירק הנקרא בלשון אשכנז סאלא"ט ובלשון ספרד סאלאט"א ושם העצם שלו הוא לטוגא בכל הלשונות ששמעתי בתורגמא ואיטליא ואשכנז וספרד ופורטוגאל ובספרי הרפואות והטבע וקורין אותו לאטוגא סאלאט ואין בו שום ספק ופקפוק בעולם ויש לו הסימנים האמורים בגמ' שרף ופניו מכסיפין ותחלתו רך וסופו קשה ותחלתו מתוק וסופו מר כלענה ומפני שבארצות אשכנז ופולוניא שהן קרות אינו מצוי בזמן הפסח לא הורגלו לקחתו לחובת מצות מרור או מפני שלא היו בקיאין בטיב פתרון שמות הירקות כאנשי ארצות הקרובות לארץ ישראל ובבל לא ידעו מה הוא ולקחו הקרי"ן שהוא תמכא לפ"ד מקצת חכמים ונפק מיניה חורבא כי הן רבים עתה עם הארץ שאינם אוכלין אפי' כחצי זית מחמת חורפיה ושהוא מזיק באכילתו חי ומבטלים מצות מרור ואף החרדים אל דבר ה' ואוכלים כזית מהקרי"ן מסתכנים בו כי באמת במקום שחזרת שהוא האלטיגא סלאט שכיח כמו בערי אמשטרדם והמבורג ושאר ערי אשכנז אף שהוא עודנו קטן מאוד קורא אני על הקרי"ן סכנה ואין בו מצוה וכל אשר נגע אלקים בלבו יקיים מצוה כתיקנה ויקנה האלטוגא סאלאט לשם מצות מרור אף אם הוא ביוקר : והירק שקורין בהמבורג אינדבין ובאמשטרדם אנדייבי הוא עולשין השנוי במשנתינו וגם בו יוצאין ידי חובת מצות מרור אם אין לאטוגא סאלא"ט מצוי : צבי אשכנזי ס"ט

« Pour faire bénéficier la communauté de la mitsva du maror, je crois bon d'annoncer que le hazeret dont parle la Michna Mishna
Michna Corpus juridique rabbinique du 3ème siècle. Divisé en 6 ordres. Somme de textes de la Tora orale. La Mishna représente la base du droit hébraïque. Elle donne lieu à un développement : le Talmud.
, qui est appelé hassa par les sages Sages Ce terme dans les textes juifs désigne en général les rabbins du Talmud (six premiers siècles de l'ère courante). On dira "les sages" ou "nos sages". C'est la traduction d'une expression hébraïque : "H'azal" qui veut dire "nos sages de mémoire bénie". , est la plante qu'il faut se procurer en priorité pour accomplir la mitsva. Il s'agit du légume appelé « salat » en allemand et « salata » en espagnol, et son nom est « latuga » dans toutes les langues que j'ai entendu ; en Turquie, en Italie, en Allemagne, en Espagne, au Portugal et dans les livres de médecine et de sciences. Elle est appelée « salat latuga » et il n'y a aucun doute qu'elle a les caractéristiques [du maror] mentionnées dans la Guemara (Pessahim 39a) : son aspect extérieur est argenté, et son goût est d'abord doux avant d'être amer. A l'époque de Pessah on n'en trouve ni en Allemagne ni en Pologne, les terres étant trop froides. C'est pourquoi ils n'étaient pas habitués à s'en servir pour s'acquitter de la mitsva du maror. Ou encore parce qu'ils n'étaient pas experts et ne connaissaient pas les noms des légumes comme les habitants des terres près d'Israël et de Babylonie, ils ne savaient pas ce qu'était [la hazeret], et ont choisi le « chrein » [raifort] qui correspond au « tamkha » pour certains sages Sages Ce terme dans les textes juifs désigne en général les rabbins du Talmud (six premiers siècles de l'ère courante). On dira "les sages" ou "nos sages". C'est la traduction d'une expression hébraïque : "H'azal" qui veut dire "nos sages de mémoire bénie". , ce qui a conduit à la confusion et à l'erreur.

De nombreux juifs ignorants ne mangeant pas même la moitié d'un kazayit [valeur de poids d'une olive] en raison de son âpreté et parce que cela fait mal de le manger cru, en vinrent à ne pas accomplir la mitzvah du maror. Et même ceux qui craignent la parole de Dieu et se forcent à manger un kazayit de « chrein » se mettent en danger eux-mêmes [...] je dis donc à propos de la chrein « c'est un danger, mais pas une mitsva » [cf. Mishna Mishna
Michna Corpus juridique rabbinique du 3ème siècle. Divisé en 6 ordres. Somme de textes de la Tora orale. La Mishna représente la base du droit hébraïque. Elle donne lieu à un développement : le Talmud.
Meguila 4:8]. Et ceux qui ont à cœur d'accomplir la mitsva comme il se doit achèteront de la « latuga salat » pour la mitzvah de maror, même si elle est chère... »

À la lumière de la recherche des talmudistes botanistes modernes comme Loew, Feliks et Schaffer, il ne fait aucun doute que le Hakham Zevi avait raison. Hazeret, la laitue romaine, est la mitsva de préférence selon le Talmud Talmud "Enseignement", ensemble littéraire comprenant la Michna de l'époque tannaïtique (3e siècle) et la Guemara (4-5e siècle), discussions des amoraïm à propos de la Michna. Le Talmud babylonien est à la base de tout le développement ultérieur de la loi juive. Le Talmud de Jérusalem fut terminé en Israël quelques génération plus tôt que le Talmud Babylonien.

Le Talmud représente l'ouvrage de base du judaïsme rabbinique.
. Le « Tamkha » est une plante appelée gingidium, dont nous n'avons plus connaissance. Au cours des XIVe-XVe siècles, les juifs d'Allemagne et d'Europe ont identifié le tamkha au raifort parce qu'il était difficile ou coûteux de se procurer de la laitue. Mais le raifort n'était pas cultivé en Israël à l'époque de la Mishna Mishna
Michna Corpus juridique rabbinique du 3ème siècle. Divisé en 6 ordres. Somme de textes de la Tora orale. La Mishna représente la base du droit hébraïque. Elle donne lieu à un développement : le Talmud.
. De plus, la plupart des juifs en mangeaient la racine et non la feuille malgré la règle de Rabbenou Tam. Enfin on ne peut pas manger la quantité exacte de kazayit, la valeur d'une olive, sans mettre en danger sa santé.

Bien sûr, il n'est pas facile d'obtenir des juifs qu'ils changent leurs coutumes. Marla Fogelman décrit l'adorable manière dont son grand-père, né en Europe de l'Est, faisait pousser dans son jardin du raifort pour le seder. Le Professeur Feliks raconte que lorsqu'il a publié ses conclusions expliquant que le raifort n'était pas le tamkha en 1967, il a été attaqué physiquement par un hassid lors d'un mariage pour avoir eu l'audace de dire que le chrein n'est pas maror et que son Rebbe était mauvais ! (Feliks 5755, note 52)

De nos jours, nous avons eu le privilège d'être témoins de la Renaissance miraculeuse de l'Etat d'Israël. Cela nous a permis de retourner à la terre d'Israël et de réapprendre la Mishna Mishna
Michna Corpus juridique rabbinique du 3ème siècle. Divisé en 6 ordres. Somme de textes de la Tora orale. La Mishna représente la base du droit hébraïque. Elle donne lieu à un développement : le Talmud.
et le Talmud Talmud "Enseignement", ensemble littéraire comprenant la Michna de l'époque tannaïtique (3e siècle) et la Guemara (4-5e siècle), discussions des amoraïm à propos de la Michna. Le Talmud babylonien est à la base de tout le développement ultérieur de la loi juive. Le Talmud de Jérusalem fut terminé en Israël quelques génération plus tôt que le Talmud Babylonien.

Le Talmud représente l'ouvrage de base du judaïsme rabbinique.
avec une plus grande compréhension. Nous savons maintenant que la hazeret dont parle la Michna Mishna
Michna Corpus juridique rabbinique du 3ème siècle. Divisé en 6 ordres. Somme de textes de la Tora orale. La Mishna représente la base du droit hébraïque. Elle donne lieu à un développement : le Talmud.
est la laitue Romaine et que le raifort n'est pas le tamkha. J'espère qu'avec le temps de plus en plus de Juifs adopteront la pratique israélienne originale de l'utilisation de la laitue Romaine comme maror sur le plateau du seder.

David Golinkin

Jerusalem

10 Nissan Nissan Premier mois du calendrier juif. Au printemps. Le 15 Nissan : Pessah. Signe bélier. Le 1er Nissan est un des 4 nouvel ans du judaïsme. 5772

(Traduction Elsa Di Sario et rabbin rabbin
rabbins Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
David Touboul)

Un sac de billes

jeu, 02/09/2017 - 14:58

Une nouvelle et meilleure version pour un livre à succès et une histoire emblématique.

En 1973 sortait le livre autobiographique de Joseph Joffo : un sac de billes. Ce fut un succès de librairie immédiat. Une vingtaine de millions de livres vendus dans 23 pays…

C'est l'histoire d'un gamin juif de 10 ans habitant Paris qui fuit en 1942 vers la zone libre avec son grand frère. Le récit raconte les aventures de ces deux frères jusqu'à la libération. Contrôle d'identité dans le train, un curé anonyme les sauve en affirmant les accompagner. Passage de la ligne de démarcation. Réunion de toute la famille à Menton dans la zone italienne. Puis arrivée des allemand après la chute de Mussolini en septembre 1943 et arrestations, extraordinaire libération grâce au prêtre de l'église de la Buffa à Nice, refuge près du Vercors et enfin libération. De cette famille nombreuse, il y a aussi d'autres grands frères, seul le père a été pris, déporté et assassiné à Auschwitz-Birkenau… Une histoire comme tant de familles juives ont vécu dans la France de Vichy.

Le titre "un sac de bille" vient d'une petite anecdote assez cocasse : le jour où l'étoile jaune devient obligatoire, les gamins juifs sont évidemment objet de moquerie à l'école, mais curieusement, un camarade la trouve plutôt belle et l'échange contre un sac de billes, pour en posséder un exemplaire…

Ce livre a marqué une génération et fut pour moi une révélation, j'avais l'âge du héros quand je l'ai lu à sa sortie et son histoire était à peu près celle de mon père durant la même période. En lisant ce livre, je découvrais donc une histoire de famille dont on ne parlait jamais et je prenais conscience du poids de ma judéité absolument insouciante dans les années 1970. Je dois donc beaucoup à ce récit qui fut un des premiers à parler de la Shoa au grand public. C'est en effet à cette période qu'on commence à parler de tout cela à travers différents livres et films.
En 1975 sortait l'adaptation cinématographique par Jacques Doillon qui fut aussi un beau succès. Mais le film de Doillon, pas mauvais en soi, avait un défaut majeur, il présentait trop cette fuite comme des grandes vacances prolongées, une espèce d'aventure de gosses. On pourrait presque penser que dans le fond, on s'amusait bien sous l'occupation…

Quarante ans plus tard, une nouvelle adaptation du roman est réalisée par Christian Duguay et sort sur les écrans en France en janvier 2017. Cette nouvelle version a été faite en étroite collaboration avec l'auteur et cherche à être le plus fidèle possible au récit. Contrairement à celle de Doillon, elle met l'accent, non sur le jeu et l'aventure, met sur la terreur et le risque absolu.

Elle est meilleure à mon avis car elle montre efficacement ce que fut pour des gosses, le cauchemar de cette période où l'angoisse était omniprésente. Elle met l'accent sur cette famille, chaleureuse et unie, qui va être séparée, brisée par la déportation du père, traumatisée par ces années terribles. L'enfant de 10 ans à l'inverse du film de Doillon, n'a plus d'enfance, il vit dans un monde où la menace se fait de plus en plus forte, où tout est fragile, rien n'est sûr. La version de Doillon montrait aussi le danger, mais mettait surtout l'accent sur la préadolescence du petit Joseph Joffo, sur ses premiers émois amoureux, ses relations avec ses camarades de pension, son grand frère un peu écrasant… C'était plus un film sur l'enfance que sur la survie. La nouvelle version de Christian Duguay fait l'inverse, elle montre la difficulté d'être un enfant dans une telle période et dans de telles conditions. On notera notamment la scène d'interrogatoire où les enfants doivent résister pour ne pas avouer qu'ils sont Juifs, scène brutale où la perversion du chasseur de Juifs, loin d'être naïf, ne lâchant pas sa proie est montrée avec beaucoup d'efficacité. Le film montre très bien la perversité du bourreau et la nasse qui se refermait sur les Juifs et l'immense difficulté d'y échapper. J'ai par exemple apprécié un détail de mise-en-scène : le pleur insistant de bébé en bruit de fond dans la scène où les Juifs sont entassés dans une pièce de l'Excelsior à Nice, ce pleur énervant, anonyme, qu'on voudrait entendre cesser, mais qui ne cesse que parce que les allemands emmènent tout le monde, bébé compris…

Une des raisons de la réussite du film est la qualité des deux jeunes acteurs, notamment Dorian Le Clech qui joue Joseph Joffo. On peut saluer aussi le couple Bruel Zilberstein crédibles et émouvants ce qui n'était pas évident. La mise en scène est rythmée et sans fioritures, elle réussi le difficile pari de passer du rire aux larmes, de l'intime de l'enfance et de la vie familiale à la brutalité de la barbarie au pouvoir…

Certes c'est un film de plus sur cette période largement traitée au cinéma, mais c'est un film efficace, bien fait, bien joué. Un bon instrument pédagogique à voir en famille et à discuter. Une excellente occasion de faire découvrir cette triste période de notre histoire à la nouvelle génération.

Sur le plan du yiddish (langue que le vrai Joseph Joffo parle très bien), il y a dans le film une petite scène au café dans la zone italienne qui montre des Juifs âgés discutant en yiddish et parlant français avec un accent bien marqué. Petit clin d'œil donc à tous ces Juifs immigrés qui ne pouvaient pas se cacher car trop faciles à repérer dès qu'ils ouvraient la bouche et qui en effet seront largement raflés une fois les italiens partis.

On peut juger la qualité d'une œuvre ou à son style ou à son efficacité dans ce qu'elle produit en nous. Un sac de billes n'est pas un chef d'œuvre littéraire et le film de Christian Duguay n'est pas non plus le film de l'année, mais je sais ce que le livre a produit sur moi dans mon enfance, comme une sorte de révélation, un choc qui a peut-être déclenché un processus de militantisme juif à plein temps passant par l'Alya et le rabbinat. Le film m'a replongé dans cet état d'émotion de mon enfance, cette découverte d'une part de moi-même avec beaucoup d'efficacité et rien que pour cela j'invite à aller le voir et j'en remercie les auteurs.

Yeshaya Dalsace

Présentation de Massorti France

mer, 02/08/2017 - 18:14

Vous êtes nombreux à vous interroger sur ce qu'est Massorti Massorti "Traditionaliste". La même racine est employée pour Massora ou Massoret : la tradition. Cela désigne également la transmission.

C'est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l'idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n'a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées.
France et l'utilité d'une telle association ?

Nous appartenons, non pas à des communautés isolées, mais à des communautés sœurs toutes reliées à travers la France, l'Europe et le monde, fières de porter l'étendard du judaïsme Massorti Massorti "Traditionaliste". La même racine est employée pour Massora ou Massoret : la tradition. Cela désigne également la transmission.

C'est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l'idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n'a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées.
.
Massorti Massorti "Traditionaliste". La même racine est employée pour Massora ou Massoret : la tradition. Cela désigne également la transmission.

C'est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l'idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n'a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées.
ou Masorti ?

Si Massorti Massorti "Traditionaliste". La même racine est employée pour Massora ou Massoret : la tradition. Cela désigne également la transmission.

C'est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l'idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n'a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées.
prend deux « s » en français, il n'en prend qu'un en anglais, aussi m'attacherai-je à respecter ces deux orthographes, Massorti Massorti "Traditionaliste". La même racine est employée pour Massora ou Massoret : la tradition. Cela désigne également la transmission.

C'est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l'idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n'a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées.
quand j'évoquerai le mouvement français et Masorti pour le courant international.

Le mouvement Massorti Massorti "Traditionaliste". La même racine est employée pour Massora ou Massoret : la tradition. Cela désigne également la transmission.

C'est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l'idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n'a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées.
auquel sont affiliées nos communautés :
Adath Shalom Adath Shalom "Communauté de paix" Première synagogue Massorti en France, située à Paris dans le 15ème. Rabbin Rivon Krygier. , Dor Va Dor, Neve Shalom, Maayane Or, Judaïca, Or Chalom, Beith Tikva est un mouvement mondial faisant partie de Masorti Olami (Israel) qui intègre le mouvement « Conservative Conservative Nom américain du courant Massorti, deuxième grand courant du judaïsme américain. "Conservateur" car opposé au mouvement de la réforme. » américain.
Massorti Massorti "Traditionaliste". La même racine est employée pour Massora ou Massoret : la tradition. Cela désigne également la transmission.

C'est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l'idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n'a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées.
France a pour but de faire connaitre et de développer un judaïsme ouvert sur le monde moderne qui respecte la Halakha Halakha Loi juive religieuse basée sur le Talmud et les décisionnaires rabbiniques. Littéralement cela veut dire "marcher", la marche à suivre ou la loi en mouvement... Il existe de nombreux débats jurisprudentiels dans la Halakha qui n'est pas un système uniforme. .

J'ai l'honneur d'être la présidente de Massorti Massorti "Traditionaliste". La même racine est employée pour Massora ou Massoret : la tradition. Cela désigne également la transmission.

C'est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l'idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n'a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées.
France depuis Janvier 2012, fonction que j'ai accepté d'assumer en mémoire d'Evelyne Monserrat, disparue alors qu'elle devait succéder à notre ami Sergio Wax, Président d'honneur.

Massorti Massorti "Traditionaliste". La même racine est employée pour Massora ou Massoret : la tradition. Cela désigne également la transmission.

C'est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l'idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n'a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées.
France fonctionne comme toute association officiellement enregistrée :
Un Conseil d'Administration composé des présidents de chaque communauté, et de représentants au prorata du nombre de membres.
Un Bureau composé de la Présidente élue par le CA, un Trésorier, un Secrétaire et un adjoint, un Conseiller.

Nous nous réunissons tous physiquement une fois par an pour l'Assemblée Générale, par conférence téléphonique une fois toutes les six semaines, pour le conseil d'administration, et aussi souvent que nécessaire par conférence téléphonique pour le Bureau.

Notre association Massorti Massorti "Traditionaliste". La même racine est employée pour Massora ou Massoret : la tradition. Cela désigne également la transmission.

C'est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l'idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n'a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées.
France est rattachée à l'association Masorti Europe, présidée par Sandra Blankstein-Cohen Cohen
cohanim Prêtre de la tribu de Lévi qui servaient dans le Temple de Jérusalem. Privilège héréditaire transmis de père en fils depuis Aaron, frère de Moïse.
De nos jours le Cohen n'a plus qu'un rôle honorifique dans le judaïsme.
, elle-même rattachée à Masorti Olami, présidée pour la première fois par une européenne Gillian Caplin de Londres.

Nous recevons de Masorti Olami de petites subventions et des aides de toutes sortes pour permettre aux communautés de se développer. Je pense ici à Dor Va Dor, (besoin de locaux) ou à Judaïca (besoin d'un rabbin rabbin
rabbins Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
).
Souvent, nos communautés attirent des juifs déjudaïsés ou ne se sentant bien ni chez les consistoriaux ni chez les libéraux. Je pense notamment aux femmes.

Aline Schapira. Présidente de Massorti Massorti "Traditionaliste". La même racine est employée pour Massora ou Massoret : la tradition. Cela désigne également la transmission.

C'est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l'idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n'a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées.
France.

Judaïsme et don d'organes

lun, 02/06/2017 - 15:13

Quelle est la position du judaïsme sur le don d'organe et l'éventuel refus de faire un tel don ? Notre position est l'inverse de celle du rabbin rabbin
rabbins Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
Michel Guggenheim. Voici pourquoi :

Le contexte :

En médecine, les greffes d'organes apparues dans les années 1960 sont devenues quasi banales et la technique ne cesse de s'améliorer. Nul n'est besoin de démontrer l'utilité de ces greffes aujourd'hui, ni l'immense espoir que la médecine, de plus en plus performante, apporte aux patients. Le débat sur la pertinence des greffes n'existe donc pas au niveau médical. Il soulève par contre des questions éthiques, celle de la définition de la mort étant la principale.

En matière de greffes, il existe partout un déficit entre l'offre et la demande et jusqu'à l'émergence de techniques permettant la fabrication d'organes, comme le cœur mécanique encore expérimental, ou comme un éventuel organe biologique fabriqué à partir de cellules souches, la question des donneurs restera essentielle.
Il existe une possibilité de don d'organes entre vifs (rein, partie du foie, moelle ou même le simple don de sang…). Il n'en sera pas question ici, mais c'est assurément une belle Mitsva que de pouvoir faire un tel don, dans des conditions viables, même si une étude approfondie de la question s'impose.

Un organe prélevé sur un mort doit l'être dans les meilleures conditions, avant toute dégradation et donc le plus près possible de la mort du donneur et souvent par le maintien artificiel de l'irrigation sanguine des organes, donc de battements cardiaques. La grande question éthique est donc celle de la définition de la mort : arrêt cardiaque, arrêt de la respiration ou fin de l'activité cérébrale ? Par ailleurs, le donneur devant être en bonne santé, il s'agit le plus souvent d'accidentés jeunes dont le drame du décès imprévu prend de court leur famille, d'où la difficulté de la prise de décision.

En France, la législation considère le défunt comme a priori consentant (loi de 1976). Pour éviter toute tergiversation familiale rendant vite obsolète la possibilité d'un don, la loi française, depuis le 23.01.2017, établit comme légitime le prélèvement des organes sur un mort, sauf si la personne décédée s'était inscrite sur le registre national des refus (accessible en ligne), l'opposition familiale ne suffisant plus. Auparavant, la loi considérait comme légitime de prélever des organes sauf opposition des proches. En France, plus de 20.000 personnes sont en attente de greffe et le déficit ne cesse d'augmenter.

En Israël, la règle est inverse, on ne prélève pas sauf accord explicite de la famille et sauf si le défunt avait signé une carte d'accord de principe pour faire un don d'organe (mais même en cas de signature, l'opposition des proches est prise en compte). Du coup, Israël, pays médicalement en pointe et donc gros "consommateur" d'organes est en fort déficit d'offres et doit faire appel à des organes importés ou à des transplantations hors du pays. Israël a donc, à juste titre, été critiqué par les organismes internationaux traitant de ces questions et se trouve dans le peloton de queue dans le domaine de la greffe parmi les pays développés. Depuis 2010, on donne priorité aux signataires de la carte de donneur pour recevoir une greffe, afin d'inciter à signer cette carte, mais aujourd'hui seul près de 15% de la population a signé. Plus de 1000 patients sont en attente de greffe et près de 100 meurent chaque année faute de don.

Le déficit régulier d'organes dans les pays développés a ouvert la porte à un trafic macabre et particulièrement cruel. Même si la vente d'organes humains est interdite par l'OMS et la plupart des pays, on estime que près de 5% des greffes dans le monde sont faites à partir du trafic d'organes, ce qui représenterait un profit de près d'un milliard d'Euros ! Il existe un trafic d'organes, notamment de reins, prélevés contre argent sur des donneurs vivants pauvres. Il existe aussi dans certains endroits de véritables chasses à l'homme pour prélever des organes ! Ce fut notamment le cas dans le Sinaï sur la population vulnérable des migrants africains. Ne pas résoudre le déficit d'organes, c'est non seulement laisser des patients en demande de greffe mourir faute de soins, mais c'est aussi indirectement favoriser ces trafics horribles.

Dans ce contexte, en réaction à la nouvelle loi française, le Grand Rabbin rabbin
rabbins Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
de Paris, Michel Guggenheim, connu pour ses positions particulièrement conservatrices, a fait un appel public pour que les Juifs de France s'inscrivent sur le registre national des refus interdisant le prélèvement de tout organe sur leur personne. Personnellement signataire depuis des années de la carte israélienne "Adi", autorisant tout prélèvement sur ma personne le cas échéant, je me trouve donc en total porte-à-faux avec la proposition du rabbin rabbin
rabbins Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
Guggenheim. Il est clair que nos positions sont divergentes sur cette question et voici les données du débat.

Respect du mort :

Deux valeurs s'opposent : d'un côté le respect du mort et l'enterrement dans les règles ancestrales du judaïsme qui exigent beaucoup de précautions à l'égard du corps, avec notamment un enterrement rapide et, de l'autre, l'obligation de sauver les vies de patients en attente. Face à un tel choix, la tradition juive est très claire : la vie passe avant toute chose et sauver une vie compte bien plus que toute question rituelle par rapport au cadavre.

De ce point de vue, les Juifs qui s'opposent au don d'organe sous prétexte d'être enterrés entiers, de respecter le rituel funéraire, le défunt, etc… s'attachent au mauvais côté du problème et oublient le prix de la vie. Or, près de la moitié des israéliens sont opposés au don ! (Les mêmes ne sont pas opposés à recevoir, bien entendu). Il est clair que sur ces questions, on touche à l'irrationnel chez les gens et que le grand principe émis par la Tora : "tu choisiras la vie" (Deut 30.19) reste lettre morte… Le rôle des rabbins rabbin
rabbins Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
est de faire entendre raison et de lutter contre les préjugés et non de les encourager. Nous reviendrons sur le détail de la problématique.

Définir la mort :

Pourtant, il existe un dilemme bien plus épineux : celui de la définition de la mort. C'est un débat techniquement complexe, mais le principe est simple : tant qu'un signe de vie existe, on considère la personne comme vivante et on fait tout pour la sauver. L'origine de ce principe se trouve dans le Talmud Talmud "Enseignement", ensemble littéraire comprenant la Michna de l'époque tannaïtique (3e siècle) et la Guemara (4-5e siècle), discussions des amoraïm à propos de la Michna. Le Talmud babylonien est à la base de tout le développement ultérieur de la loi juive. Le Talmud de Jérusalem fut terminé en Israël quelques génération plus tôt que le Talmud Babylonien.

Le Talmud représente l'ouvrage de base du judaïsme rabbinique.
Yoma 85a qui prend la respiration comme signe. Avec les progrès médicaux, les rabbins rabbin
rabbins Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
ont bien évidemment discuté de cette question et on retient trois signes : la respiration, le battement cardiaque et enfin le fonctionnement cérébral. L'idée étant que pour sauver une vie, même d'un agonisant, on transgresse le reste des commandements sauf le meurtre du fait du principe fondamental selon lequel on ne choisit pas entre deux vies (TB Pessahim 25b). Il est donc strictement interdit de tuer une personne, même agonisante, au profit d'une autre. Il fut une époque où les greffes étaient si aventureuses que le rabbin rabbin
rabbins Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
Moshé Feinstein Feinstein Rav Moshé Feinstein, (1895-1986) très grand décisionnaire halakhique (possek) ultra orthodoxe américain. Un des plus grands décisionnaires du 20ème siècle. affirma en 1969 que "pratiquer une greffe de cœur équivalait à tuer deux personnes d'un coup !". Mais on en est loin aujourd'hui, du fait des progrès gigantesques de la médecine et d'une meilleure définition de la mort.

En ce qui concerne les questions de prélèvements d'organes, le choix devient cornélien puisqu'il est nécessaire de prélever l'organe dans les meilleures conditions et donc souvent de maintenir artificiellement la circulation sanguine et la vie biologique du corps… La question de la définition de la mort devient dès lors épineuse. C'est un point éminemment délicat et technique qui bien évidemment préoccupe au premier chef les comités éthiques et le personnel médical confronté au problème. Nous n'allons pas entrer ici dans ce débat pointu concernant les différents critères et notamment celui de la mort cérébrale (coma de type 4 dit dépassé). Du point de vue du judaïsme, il existe en gros deux écoles : l'une majoritaire qui suit les conclusions des comités d'éthique et de la définition contemporaine de la mort permettant dès lors la possibilité du don d'organe et l'autre, plus conservatrice, refusant de considérer comme morte une personne dont le système cardio-vasculaire est maintenu en fonctionnement, même artificiellement. Le rabbin rabbin
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Guggenheim se range clairement dans la deuxième catégorie et définit celui qui est en état de mort cérébrale mais dont le cœur bat encore du fait d'un système artificiel comme "en train de mourir" (Actualité Juive du 8.1.2017). Il suit en cela l'opinion des rabbins rabbin
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Eliashiv et Auerbach, deux sommités du monde ultra-orthodoxe Orthodoxie
orthodoxe
orthodoxes « Conforme à la doctrine » Ce terme est ambiguë car le judaïsme ne connaît pas véritablement de doctrine. L'orthodoxie juive apparaît au 19ème siècle en opposition au climat de changement. L'orthodoxie actuelle est très divisée, entre des modernes cherchant à lier savoir universitaire et pratique conservatrice et des tendances intégristes (haredim) refusant plus ou moins radicalement la modernité. Il faut donc se méfier dans l'emploi de ce terme et ne pas coller trop vite des étiquettes.
ashkénaze qui ont émis leur refus du critère cérébral en 1990 par "crainte" d'un "éventuel" (safek) meurtre du mourant. Là où le rabbin rabbin
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Guggenheim a tort, c'est qu'il affirme que c'est là l'opinion des "plus grands décisionnaires de la Tora", omettant de signaler que l'autre camp est représenté par des décisionnaires non moins éminents et autrement plus au fait de ces problèmes, du fait de leur formation médicale approfondie… Il semble même, d'après divers témoignages, que le rabbin rabbin
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Auerbach (décédé en 1995) était en train de changer d'opinion à la fin de sa vie en faveur du critère de la mort cérébrale.

En fait, le camp reconnaissant le critère de la mort cérébrale comprend bien évidemment les décisionnaires Massorti Massorti "Traditionaliste". La même racine est employée pour Massora ou Massoret : la tradition. Cela désigne également la transmission.

C'est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l'idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n'a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées.
(voir les importants et très détaillés travaux du Committee on Jewish Law and Standards accessibles sur le site de la Rabbinical Assembly), mais également une quantité de rabbins rabbin
rabbins Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
orthodoxes Orthodoxie
orthodoxe
orthodoxes « Conforme à la doctrine » Ce terme est ambiguë car le judaïsme ne connaît pas véritablement de doctrine. L'orthodoxie juive apparaît au 19ème siècle en opposition au climat de changement. L'orthodoxie actuelle est très divisée, entre des modernes cherchant à lier savoir universitaire et pratique conservatrice et des tendances intégristes (haredim) refusant plus ou moins radicalement la modernité. Il faut donc se méfier dans l'emploi de ce terme et ne pas coller trop vite des étiquettes.
prestigieux, soit pour leur spécialisation dans le domaine de l'étique médicale comme Mordechai Halperin (rabbin rabbin
rabbins Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
et médecin) ou Avraham Steinberg (principal auteur de la remarquable encyclopédie halakhique médicale et lui-même médecin), soit pour leur autorité halakhique en général comme Ovadia Yossef Ovadia Yossef
Ovadiah Yossef Ancien Grand Rabbin d'Israël, décisionnaire rabbinique de grande renommée et leader spirituel du parti politique israélien séfarade et religieux Shass. Le grand public le connait par ses déclarations pour le moins maladroites ou son action politique à la tête d'un parti politique fondamentaliste, mais son immense œuvre de Possek indépendant et courageux fait de lui un remarquable rabbin.
ou Moshé Feinstein Feinstein Rav Moshé Feinstein, (1895-1986) très grand décisionnaire halakhique (possek) ultra orthodoxe américain. Un des plus grands décisionnaires du 20ème siècle. (tous deux ultra-orthodoxes Orthodoxie
orthodoxe
orthodoxes « Conforme à la doctrine » Ce terme est ambiguë car le judaïsme ne connaît pas véritablement de doctrine. L'orthodoxie juive apparaît au 19ème siècle en opposition au climat de changement. L'orthodoxie actuelle est très divisée, entre des modernes cherchant à lier savoir universitaire et pratique conservatrice et des tendances intégristes (haredim) refusant plus ou moins radicalement la modernité. Il faut donc se méfier dans l'emploi de ce terme et ne pas coller trop vite des étiquettes.
)… Le rabbinat israélien s'est officiellement prononcé en 1990 en faveur de la reconnaissance de la mort cérébrale après le travail d'une longue commission, de même que les principales organisations orthodoxes Orthodoxie
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orthodoxes « Conforme à la doctrine » Ce terme est ambiguë car le judaïsme ne connaît pas véritablement de doctrine. L'orthodoxie juive apparaît au 19ème siècle en opposition au climat de changement. L'orthodoxie actuelle est très divisée, entre des modernes cherchant à lier savoir universitaire et pratique conservatrice et des tendances intégristes (haredim) refusant plus ou moins radicalement la modernité. Il faut donc se méfier dans l'emploi de ce terme et ne pas coller trop vite des étiquettes.
dans le monde. Il est donc étonnant que le Grand-rabbin rabbin
rabbins Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
de Paris et longtemps dirigeant du séminaire rabbinique du Consistoire Consistoire Association de loi 1901. Organisme créé par Napoléon pour "surveiller" les juifs qui devaient obligatoirement en faire partie à l'époque. A réussi à regrouper toutes les tendances du judaïsme français jusqu'à la seconde guerre mondiale. Représente aujourd'hui une partie du judaïsme orthodoxe du fait de l'éclatement communautaire. Demeure néanmoins un symbole important. français s'inscrive systématiquement en faveur des positions les plus conservatrices du judaïsme, le Consistoire Consistoire Association de loi 1901. Organisme créé par Napoléon pour "surveiller" les juifs qui devaient obligatoirement en faire partie à l'époque. A réussi à regrouper toutes les tendances du judaïsme français jusqu'à la seconde guerre mondiale. Représente aujourd'hui une partie du judaïsme orthodoxe du fait de l'éclatement communautaire. Demeure néanmoins un symbole important. n'étant pas censé, de par sa vocation, être une organisation à la droite de l'ultra-orthodoxie Orthodoxie
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orthodoxes « Conforme à la doctrine » Ce terme est ambiguë car le judaïsme ne connaît pas véritablement de doctrine. L'orthodoxie juive apparaît au 19ème siècle en opposition au climat de changement. L'orthodoxie actuelle est très divisée, entre des modernes cherchant à lier savoir universitaire et pratique conservatrice et des tendances intégristes (haredim) refusant plus ou moins radicalement la modernité. Il faut donc se méfier dans l'emploi de ce terme et ne pas coller trop vite des étiquettes.

Cela dit, ces débats sur les critères de la définition de la mort restent ouverts et on peut comprendre la perplexité suscitée et l'appel à la prudence. Il ne faut néanmoins pas perdre de vue pour autant les conséquences gravissimes que peut entraîner le refus de don d'organe. Affirmer que l'on doit repousser toute possibilité de don en s'inscrivant sur le registre du refus n'aurait à mon avis moralement de sens que si l'on refusait parallèlement de recevoir toute greffe, et ceci en application du principe d'Hillel : "ce qui est détestable à tes yeux, ne le fais pas aux autres"… Cela, le rabbin rabbin
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Guggenheim ne le dit pas.

Questions techniques :

En dehors de la principale question de la définition de la mort qui, comme nous l'avons vu, pour l'immense majorité des rabbins rabbin
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et pas des moindres permet les conditions du prélèvement d'organes tel qu'il se pratique dans les hôpitaux occidentaux, demeurent quelques points halakhiques techniques à traiter, que certaines personnes invoquent pour justifier leur opposition au don d'organe. Rappelons que toutes ces réticences n'ont aucune valeur du point de vue de la Halakha Halakha Loi juive religieuse basée sur le Talmud et les décisionnaires rabbiniques. Littéralement cela veut dire "marcher", la marche à suivre ou la loi en mouvement... Il existe de nombreux débats jurisprudentiels dans la Halakha qui n'est pas un système uniforme. face à l'impératif de sauver une vie.

- Le respect du corps (ניוול המת) :

Il n'y a aucun manque de respect à prélever un organe, bien au contraire ! Là-dessus, il n'y a pas de débat et depuis fort longtemps on autorise la dissection de cadavre en cas de nécessité médicale immédiate (voir notamment Noda Beyehouda YD210, qui trancha en ce sens dès le 18e siècle). Il va de soi que les équipes médicales effectuent le prélèvement d'organes dans des conditions d'immense respect à l'égard du défunt et avec les plus grandes précautions.

- Tirer profit d'un corps (הנאה מן המת) :

Le Talmud Talmud "Enseignement", ensemble littéraire comprenant la Michna de l'époque tannaïtique (3e siècle) et la Guemara (4-5e siècle), discussions des amoraïm à propos de la Michna. Le Talmud babylonien est à la base de tout le développement ultérieur de la loi juive. Le Talmud de Jérusalem fut terminé en Israël quelques génération plus tôt que le Talmud Babylonien.

Le Talmud représente l'ouvrage de base du judaïsme rabbinique.
Avoda Zara 29b émet le principe d'interdit de tirer profit d'un mort. Mais le Talmud Talmud "Enseignement", ensemble littéraire comprenant la Michna de l'époque tannaïtique (3e siècle) et la Guemara (4-5e siècle), discussions des amoraïm à propos de la Michna. Le Talmud babylonien est à la base de tout le développement ultérieur de la loi juive. Le Talmud de Jérusalem fut terminé en Israël quelques génération plus tôt que le Talmud Babylonien.

Le Talmud représente l'ouvrage de base du judaïsme rabbinique.
Pessahim 25a affirme que les soins repoussent ce genre d'interdits.

- Repousser les funérailles (הלנת המת) :

Dans le cas d'une nécessité impérative, cela est de toute façon envisageable : autopsie, transport du corps, etc… Ce principe ne tient évidemment pas face à l'enjeu de soigner quelqu'un. Quant à l'organe lui-même, il continue à vivre ailleurs et il n'y a donc plus aucune obligation funéraire à son égard.

- Ne pas ressusciter entier :

Dans la perspective de la résurrection des morts, certains pensent que le corps doit rester parfaitement complet. L'argument n'est pas vraiment halakhique, mais psychologique et cette préoccupation est fréquente. Cela relève d'une idée irrationnelle, voire même d'une superstition condamnable, car si effectivement le corps ressuscitait au sens littéral (rappelons que Maïmonide Maimonide
Rambam
Maïmonide Moshe ben Maimon, Rabbin, médecin, philosophe et halakhiste. 1138 Cordoue - 1204 Fostat. L'une des plus grandes figures de la pensée juive incarnant un rationalisme aristotélicien. Son apport essentiel consiste en une conciliation de la science et de la religion qu'il expose dans son "Guide des perplexes" et une systématisation de la Halakha qu'il expose dans son code "Mishné Tora". Très contesté de son vivant, son œuvre fut même vouée à l'anathème par certains rabbins. Précurseur de la modernité juive. Une référence incontournable.
et ses disciples penchent plutôt pour une résurrection de l'esprit), ce qui serait un miracle extraordinaire après la décomposition d'un corps "retourné à la poussière", on ne voit pas trop la difficulté pour Dieu de ressusciter les gens entiers et même de préférence en bonne santé, jeunes et beaux et même tout habillés, comme le précise d'ailleurs le Talmud Talmud "Enseignement", ensemble littéraire comprenant la Michna de l'époque tannaïtique (3e siècle) et la Guemara (4-5e siècle), discussions des amoraïm à propos de la Michna. Le Talmud babylonien est à la base de tout le développement ultérieur de la loi juive. Le Talmud de Jérusalem fut terminé en Israël quelques génération plus tôt que le Talmud Babylonien.

Le Talmud représente l'ouvrage de base du judaïsme rabbinique.
(Sanhédrin 91b).

- Le malade n'est pas devant nous :

Le rabbin rabbin
rabbins Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
Guggenheim précise que de toute façon, le prélèvement d'organes ne serait autorisé (après arrêt cardiaque) que si "le receveur a déjà été identifié et que l'organe prélevé ne soit donc pas conservé dans une banque pour une utilisation ultérieure". Autant dire que ce n'est jamais possible en pratique ou presque. En effet, les demandeurs en attente sont inscrits sur une liste, les donneurs par définition ne le sont pas et la décision du prélèvement se fait forcément dans la précipitation qui suit le décès accidentel et, dès que le prélèvement est effectif, on consulte alors la liste des demandeurs. Tout cela doit aller très vite car la plupart des organes ne sont viables que quelques heures. Exiger que le greffé soit dûment identifié pour prendre la décision du prélèvement est impraticable et éthiquement absurde, on donne en sachant que cela sauvera quelqu'un, mais l'identité de ce quelqu'un importe peu. C'est l'idée même du serment médical d'Hippocrate ou de la prière du médecin écrite par Maïmonide Maimonide
Rambam
Maïmonide Moshe ben Maimon, Rabbin, médecin, philosophe et halakhiste. 1138 Cordoue - 1204 Fostat. L'une des plus grandes figures de la pensée juive incarnant un rationalisme aristotélicien. Son apport essentiel consiste en une conciliation de la science et de la religion qu'il expose dans son "Guide des perplexes" et une systématisation de la Halakha qu'il expose dans son code "Mishné Tora". Très contesté de son vivant, son œuvre fut même vouée à l'anathème par certains rabbins. Précurseur de la modernité juive. Une référence incontournable.
: que le médecin soigne tout malade sans se soucier de son identité. Tergiverser sur cette question, c'est clairement pencher du côté de la barbarie.

Le concept affirmant que le malade doit se trouver "devant nous" est exprimé par Noda beYehouda (Tanina 110), célèbre rabbin rabbin
rabbins Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
pragois du 18e siècle, qui n'autorise l'autopsie d'un mort à fin d'étude de la maladie que si "le malade est devant nous" dans l'objectif d'une comparaison concrète et non juste pour étudier vaguement le cas. C'est-à-dire que le principe affirmant que "sauver une vie annule tout interdit" ne fonctionne, d'après lui, que s'il y a un besoin précis et présent et non juste pour un apprentissage incertain. Autant dire que si les médecins suivaient cette opinion, la médecine ne ferait pas grand progrès… Rappelons que cette opinion date du 18e siècle et qu'elle ne tient nullement compte de la situation médicale actuelle et des immenses progrès obtenus grâce à de telles autopsies. Il y a fort à parier que de nos jours, sa conclusion serait différente. Dans son texte, il précise d'ailleurs qu'il interdit cette pratique pour un progrès hypothétique, pas pour un progrès assuré. Depuis, le rav Ouziel, grand rabbin rabbin
rabbins Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
d'Israël au moment de la création de l'Etat (YD 28) a affirmé le contraire et autorisé des autopsies à fin d'apprentissage.

Le cas du prélèvement d'organes est bien plus simple, car il ne s'agit même pas de faire un éventuel progrès, mais de soigner assurément une personne en danger et même plusieurs ! Que ces personnes soient géographiquement éloignées ne change strictement rien à la question, car les moyens de communication rapides font que le malade recevra sa greffe à temps et surtout, de nos jours, que tout malade peut entrer dans la catégorie "devant nous". En effet, le monde médical communique et publie en permanence, de sorte qu'un progrès fait à un endroit du globe se propage très vite partout ailleurs. Cela modifie radicalement la notion de distance. De nos jours, on pratique même des opérations à distance par l'intermédiaire de systèmes vidéo ! L'argument n'est donc plus pertinent.

- Non assistance à personne en danger :

Le concept existe dans la Halakha Halakha Loi juive religieuse basée sur le Talmud et les décisionnaires rabbiniques. Littéralement cela veut dire "marcher", la marche à suivre ou la loi en mouvement... Il existe de nombreux débats jurisprudentiels dans la Halakha qui n'est pas un système uniforme. . Il nous est interdit de "nous tenir debout devant le sang de notre prochain", affirme le Lévitique (19.16). Le Talmud Talmud "Enseignement", ensemble littéraire comprenant la Michna de l'époque tannaïtique (3e siècle) et la Guemara (4-5e siècle), discussions des amoraïm à propos de la Michna. Le Talmud babylonien est à la base de tout le développement ultérieur de la loi juive. Le Talmud de Jérusalem fut terminé en Israël quelques génération plus tôt que le Talmud Babylonien.

Le Talmud représente l'ouvrage de base du judaïsme rabbinique.
(Sanhédrin 73a), quant à lui, oblige clairement sur la base de ce verset à intervenir pour sauver une vie. Maïmonide Maimonide
Rambam
Maïmonide Moshe ben Maimon, Rabbin, médecin, philosophe et halakhiste. 1138 Cordoue - 1204 Fostat. L'une des plus grandes figures de la pensée juive incarnant un rationalisme aristotélicien. Son apport essentiel consiste en une conciliation de la science et de la religion qu'il expose dans son "Guide des perplexes" et une systématisation de la Halakha qu'il expose dans son code "Mishné Tora". Très contesté de son vivant, son œuvre fut même vouée à l'anathème par certains rabbins. Précurseur de la modernité juive. Une référence incontournable.
(Lois sur le meurtrier 1.13 et suivant) est catégorique sur ce point. Il affirme que : "celui qui pourrait sauver une vie et ne le fait pas doit être considéré comme un meurtrier, même s'il n'est pas passible de punition par un tribunal faute d'une action positive de sa part". Il reprend la célèbre phrase de la Mishna Mishna
Michna Corpus juridique rabbinique du 3ème siècle. Divisé en 6 ordres. Somme de textes de la Tora orale. La Mishna représente la base du droit hébraïque. Elle donne lieu à un développement : le Talmud.
(Sanhédrin 4.5) : "celui qui sauve une vie sauve un monde entier et à l'inverse, celui qui provoque un décès détruit un monde entier". L'impératif du don d'organe semble donc très clair.

Conclusion :

De notre point de vue, qui est conforme à celui de l'immense majorité des rabbins rabbin
rabbins Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
dans le monde, il faut absolument favoriser le don d'organes et tout faire pour briser les barrières psychologiques absurdes que les gens entretiennent. Les réticences que l'on peut entendre sur la question du don d'organes n'ont pas de fondements sérieux face à l'enjeu colossal qui consiste à sauver des vies.

Personnellement, je trouve extrêmement grave qu'un rabbin rabbin
rabbins Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
important et connu, censé représenter la principale communauté juive de France, celle de la capitale, fasse un appel public à ne pas donner ses organes. Je pense même que dans les conditions actuelles de la médecine, celui qui s'inscrit sur la liste du refus de don fait preuve a priori et de façon préméditée, non seulement d'une belle dose d'égoïsme, mais se range même dans la catégorie des méchants (réshaïm) parmi ceux qui restent indifférents à la souffrance d'autrui et profane le nom divin en donnant une image exécrable du judaïsme (ce qui est la pire des transgressions). Il me semble donc que c'est un interdit très grave que de s'inscrire sur une telle liste et que cela va à l'encontre de tout l'esprit de la Tora.

A l'inverse, les familles qui ont le malheur de perdre un proche dans la fleur de l'âge, peuvent voir comme une petite part de consolation le fait que leur terrible perte permet de sauver quelques vies.

En hébreu, le défunt se dit : "Niftar", celui qui ne peut plus faire de Mitsva… Or, le don d'organes est peut-être le seul exemple de Mitsva post-mortem !

Il ne faut donc surtout pas s'opposer au prélèvement d'organes et tout faire pour faire cesser les préjugés stupides ancrés dans une vision fermée et égoïste du judaïsme.

Yeshaya Dalsace

Shevat 5777 / fév 2017

Liens internet :

Actualité juive : entretien avec le rabbin Guggenheim

Agence de la biomédecine, agence de l'État placée sous la tutelle du ministère chargé de la santé.
https://www.dondorganes.fr/

Association gouvernementale israélienne Adi en faveur du don d'organe sous le parrainage de nombreux rabbins rabbin
rabbins Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
dont le grand rabbin rabbin
rabbins Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
d'Israël David Lau, les ex grands rabbins rabbin
rabbins Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
d'Israël Israël Lau et Shlomo Amar, le rabbin rabbin
rabbins Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
Aviner et le Possek Massorti Massorti "Traditionaliste". La même racine est employée pour Massora ou Massoret : la tradition. Cela désigne également la transmission.

C'est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l'idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n'a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées.
David Golinkin.
https://www.adi.gov.il